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Un sélection d'artistes

These New Puritans

These New Puritans
Originaire de Southend-on-Sea, ville balnéaire de la côte est de l'Angleterre, le quatuor These New Puritans se forme en 2006 autour des frères Jack et George Barnett (respectivement chant/guitare et batterie), soutenus par Sophie Sleigh-Johnson (claviers) et Thomas Hein (basse).

Autant influencé par le rock industriel de Throbbing Gristle ou Psychic TV, le post punk de The Fall ou PiL, le minimalisme répétitif d'un Steve Reich, l'electro et le rap, le quatuor délivre une poignée de singles : « Now Pluvial » (Angular Records, octobre 2006) et « Navigate, Navigate » (mai 2007) ne manquent pas d'attirer la presse. Le couturier Hedi Slimane leur ayant commandé une musique pour le défilé de la collection Dior Homme Automne 2007.

En janvier 2008, le premier album Beat Pyramid produit par Gareth Jones offre un éventail plus détaillé du style These New Puritans, appuyé par la répétition d'un même thème sur plusieurs titres. Qualifié de groupe art rock, These New Puritans se produit lors d'une performance au Palais de Tokyo à Paris.

Le 18 janvier 2010 sort Hidden, deuxieme oeuvre plus expérimentale et curieuse produite par Jack Barnett et l'ex-Bark Psychosis Graham Sutton. Groupe à multiples facettes, These New Puritans brouille davantage les pistes avec un troisième album entre expérimentation et pop de chambre. Sorti en juin 2013, Field of Reeds accueille une nouvelle gamme d'instruments (piano, hautbois, section de cordes, cuivres, choeurs d'enfants) ainsi que la chanteuse de fado Elisa Rodrigues.

Copyright 2014 Music Story Loïc Picaud

St. Vincent

St. Vincent
Née à Tulsa (Oklahoma) le 28 septembre 1982, Annie Erin Clark empoigne sa première guitare à l'âge de douze ans. Elle grandit à Dallas (Texas) et découvre les coulisses de la scène en travaillant comme roadie pour le groupe de son oncle, manager de Tuck & Patti.

Après trois années passées à la Berklee School of Music de Boston (Massachusetts), qu'elle quitte avant le terme en 2003, la jeune guitariste retourne au Texas et se joint au groupe The Polyphonic Spree pour l'album The Fragile Army, enregistré en 2006. Elle termine l'année 2006 sur la route en compagnie de Sufjan Stevens puis adopte le nom de St. Vincent en référence à l'hôpital new-yorkais où est décédé le poète Dylan Thomas en 1953.

Le premier album solo de St. Vincent, Marry Me, sorti en juillet 2007 sur Beggars Banquet, propose un étonnant mélange de folk naïf et d'audacieux arrangements pop rock. Il dévoile notamment les singles « Paris Is Burning » et « Jesus Saves, I Spend ». La chanteuse s'entoure pour l'occasion des ex-Polyphonic Spree Brian Teasley (batterie) et Louis Schwadron (trompette) et de Mike Garson, pianiste de David Bowie. Le 6 mars 2008, St. Vincent décroche le PLUG Award de l'artiste féminine de l'année.

La frêle musicienne passionnée par les contes pour enfants et les films Walt Disney (Blanche-Neige, Le Magicien d'Oz) s'attelle à son deuxième effort Actor, paru sur l'étiquette 4AD en mai 2009. Le résultat, largement salué par la critique pour ses arrangements complexes, grimpe à la 9ème place du classement des albums indépendants du Billboard. Il recèle deux nouveaux singles « Marrow » et « Actor Out of Work ». Auteur-compositeur douée et guitariste inventive, St. Vincent utilise de multiples pédales à effets qui caractérisent l'atmosphère de ses chansons.

Début octobre 2011, St. Vincent revient avec Strange Mercy, un album oscillant entre pop, folk et rock, avec une pointe d'electro, à travers lequel elle assume parfaitement sa féminité et ses influences comme The Velvet Underground. En 2010, St. Vincent participe au projet collaboratif Here Lies Love mené par Fatboy Slim et David Byrne. Ce dernier la rejoint ensuite sur scène lors de l'un de ses concerts. Cette complicité débouche en septembre 2012 sur l'album commun Love This Giant, dont les chansons sont bâties autour des cuivres prodigués par Antibalas et The Dap-Kings.

Cet album est un nouveau succès aux Etats-Unis où il figure dans les trente premiers du Billboard à sa sortie. St. Vincent est de retour en solo en 2014 pour l'homonyme St. Vincent produit par John Congleton avec la participation des batteurs de Midlake et Sharon Jones & the Dap-Kings.

Copyright 2014 Music Story Loïc Picaud

The Walkmen

The Walkmen
Le groupe se forme en 1999 à New York. Il se compose de trois anciens membres de Jonathan Fire*Eater (Walter Martin, orgue, Matt Barrick, batterie et Paul Maroon, guitares) et de Hamilton Leithauser (chant) et Peter Bauer (basse), issus du groupe The Recoys.

Le quintet ainsi constitué se connait en fait depuis le lycée, fréquenté ensemble à Washington. Ils ont en commun une autre passion pour le son et le matériel vintage (amplis, guitares...) et ont tous peu à peu collecté quelques spécimens qu'ils entassent dans un endroit qui devient leur studio personnel, le Marcata, dans le quartier de Harlem.

A leurs premières amours pour le rock garage et dépouillé, les cinq musiciens ajoutent quelques références plus mélodiques comme U2, Brian Eno, The Smiths, The Velvet Undergroud et Bob Dylan, à qui les intonations de la voix de Leithauser font bien penser. Leurs concerts dans l'East Village (ou jouèrent quelques-unes de leurs idoles cités ci-dessus) se multiplient et Everyone Who Pretended To Like Me Is Gone, leur premier album, sort en 2002 sur le label Talitres.

Le single « The Rat » leur ouvre la voie royale en Angleterre lorsque parait l'album Bows + Arrows,en 2004. Puis A Hundred Miles Off (2006) est le dernier album enregistré dans leur studio Marcata, racheté par Columbia. Mais avant de mettre la clé sous la porte du lieu qui les a vu naitre, the Walkmen y enregistrent Pussy Cats Starring the Walkmen, un album de reprises du projet homonyme que produisit John Lennon en 1974.

En 2008, l'album You & Me les consacre. Il assoit la réputation des New Yorkais en Europe, jusqu'ici restée plus hermétique. Il faut dire que le son du quintet y est plus ciselé que jamais. The Walkmen publient Lisbon , leur sixième album, en octobre 2010.

Copyright 2013 Music Story Yven Anne

Un sélection d'albums

None

S.C.U.M.

Again Into Eyes

Again Into Eyes
Débutant avec les envolées shoegaze de « Faith Unfolds » et se terminant avec le plus long (et le meilleur ?) de ses morceaux, « White Chapel » , Again Into Eyes ne se préoccupe pas des influences qui l'accaparent pourtant ostensiblement - Jesus & the Mary Chain, Nick Cave, The Cure... Car S.C.U.M. est bien déterminé à imposer son propre langage, aussi renseigné que référentiel, à son public.

Qu'importe ceux qui jugeront le chanteur, Thomas Cohen, beaucoup trop maniéré : porter les stigmates de siècles de poésie anglaise torturée pèsent forcément sur les frêles carcasses des jeunes membres du groupe britannique. Long poème rock, pesant et doux à la fois, harmonisé par le producteur Ken Thomas (David Bowie, Cocteau Twins, Sigur Ros), Again Into Eyes détient des morceaux d'une qualité incontestable.

S'écoulent la pensive « Days Untrue », l'aérienne « Cast Into the Seasons », l'oppressante « Requiem », la lancinante « Sentinel Bloom »: des chansons ténébreuses, viscéralement synthétiques, flirtant avec l'esthétique post-punk. Remarquablement construites, elles témoignent cependant de la jeunesse des post adolescents qui constituent S.C.U.M. L'atmosphère d'« Amber Hands » saisit à bras le corps l'auditeur, « Summon the Sound » est hautement qualifiable de tube indie par excellence. En bons chauvins, il serait difficile d'ignorer la poésie et la profondeur de « Paris » , ballade d'une extrême et séduisante mélancolie.

Enfin, il est aisé de comprendre que la basse démoniaque, les rythmes syncopés et les échos fervents de « White Chapel » aient pu faire leur petit effet à la Whitechapel Art Gallery de Londres, où le morceau fut présenté pour la première fois, dans le cadre d'une performance des artistes Tim Noble et Sue Webster. Un cadre somme toute idéal, par son intellectualisme et sa proximité avec les bas-fonds londoniens...



None

Housse De Racket

Alésia

Alésia
C'est ce qui s'appelle un véritable disque pop, d'une pop généreuse - et pas prétentieuse pour un sou. Une pop bien française mais assumant ses influences anglo-saxonnes. Cette pop, c'est celle qu'Housse de Racket avait commencé à cultiver, laborieusement peut-être, sur son premier album, Forty Love (2008). Après des mois de tournée et de réflexion, le duo français originaire de Chaville choisit de faire appel à Philippe Zdar, moitié de Cassius de plus en plus férue de ses activités de producteur.

La production, aussi impeccable soit-elle, ne fait pas tout. Force est de constater un beau travail de composition, et des titres - ou plutôt des tubes, d'une efficacité assez rare dans la pop hexagonale. Il y a « Human Nature », qui ouvre avec majesté ce second opus. Un peu après, « Château », premier single de l'album, au refrain entêtant, à la timide guitare et aux beats résolument martelés. Plus loin encore, on succombe au charme de « Chorus » et ses envolées. Au centre du disque, il y a « Alesia », qui a donné son nom à l'album. Le titre brille d'une épique qui réussit - par miracle, et tant mieux - à ne pas céder sous le poids de son épique forcené.

Enfin, le trio gagnant « Les Hommes et les femmes », « Aquarium » et « Empire » achèverait de convaincre le plus obstinés des dubitatifs. Si le premier de ces titres bénéficie d'un charme quasi spatial et le troisième d'échos de pop british seventies des plus savoureuses, le second s'avère un vrai trésor pop, dans la lignée de Taxi Girl. Des paroles ultra mélancoliques « dans ma baignoire je me noie, oubliez moi») et une mélodie rythmée, presque enjouée, font jouer un contraste beaucoup moins simple qu'il en a l'air.

Cette dernière remarque s'applique à l'ensemble d'Alésia, faussement facile, réellement ambitieux. Et qui mélange, sans tabous ni complexes, les langues anglaise et française, nous livrant un bel exemple de ce qui fut appelé la French Touch, et qui n'est visiblement pas disparue. Avec ce second album réfléchi et hautement mélodique, Pierre Leroux et Victor Le Masne, alias Housse de Racket, s'inscrivent dans le sillon de leurs aînés surdoués de la pop comme Air ou encore Phoenix. Et peuvent aisément tenir tête à des concurrents bel et bien britanniques. À suivre, et à soutenir.



None

Girls

Father, Son, Holy Ghost

Father, Son, Holy Ghost
C'est ce qui s'appelle un début éclatant - dans tous les sens du terme. « Honey Bunny » trempe immédiatement l'auditeur dans le bain de Girls, ce bain de mélancolie arachnéenne et d'enchantement éphémère dans lequel il est bon de se prélasser... Une excellente introduction à l'un des premiers grands moments du disque : « Alex », que Kevin Shields peut regretter de ne pas avoir écrit - et pourtant, il aurait pu. Avec un peu plus de tristesse, avec un peu plus de légèreté. En regardant moins ses pieds et en fixant les étoiles, Christopher Owens révèle encore une fois pleinement l'étendue de son talent, écorché vif et pourtant structuré, réfléchi, quasi minutieux.

Après un premier album, Album (2009), et le virage amorcé du maxi Broken Dreams Club (2010), Father, Son, Holy Ghost ne rallie que les avantages du début de célébrité auquel Girls a été confronté. Christopher Owens et son fidèle comparse Chet « JR » White se sont entourés de nouveaux musiciens, dont le brillant guitariste John Anderson, et se sont octroyé des vraies sessions d'enregistrement à Los Angeles.

Plus à l'aise, sans l'obligation d'occuper plusieurs instruments à la fois, Owens a laissé s'épanouir orchestralement, autant qu'il le souhaitait, ses compositions - déjà suffisamment expressives pour titiller les glandes lacrymales. Car ici, l'amour s'impose comme salvateur, évident remède contre la solitude mais aussi contre la mésestime de soi et la peur du lendemain. Visiblement rasséréné par la bonne réception de sa musique et par un nouvel amour, le crooner Owens se découvre également maestro. Et peut se hisser à la même hauteur qu'un certain Brian Wilson.

Le hard-rock doublé de psychédélisme de « Die », l'ironie ciselée du faussement gentil « Saying I Love You », la tendresse électrique de « My Ma » ou encore l'envolée gospel du superbement polymorphe « Vomit » ne tolèrent que d'excellents voisins. Parmi lesquels se détachent la vulnérabilité de « Just a Song », l'euphorie saisissante de « Magic » (l'un des derniers titres écrits par Owens) et la délicatesse cristalline de « Jamie Marie » - dont l'orgue Hammond ravira le coeur de beaucoup. Si la voix d'Owens, terriblement sincère et gracieuse, est fidèle à elle-même, Girls prend toute sa dimension sur ce disque plus assuré que ses prédécesseurs, mais non moins attachant. Father, Son, Holy Ghost se conservera précieusement, avec toute l'affection qui lui est due.



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