La chronique
Avec ce troisième album succédant au remarquable Politics, Sébastien Tellier était attendu dans une « ?uvre de la maturité ». Malin, le colosse barbu en prend l'exact contre-pied avec un disque consacré au plaisir des sens et à la volupté.
Sexuality ouvre les festivités avec « Roche » et une mélopée au piano vite envahie par une boucle de synthé, des clap hands et les souvenirs de l'adolescent en éveil sur la plage de Biarritz (« Je rêve de caresses en été, je vois les filles qui changent de couleur de peau... c'est aah ! »). La plupart des titres sont dans le même registre de bande originale pour film pornographique, dignes des meilleures productions du genre, soulignés à fréquence régulière par d'inévitables ânonnements féminins (« Kilometer » et pour les amateurs, le must « Pomme »).
Au milieu de cet hommage incongru et décalé à l'italo-disco du plus mauvais goût, l'éminent compositeur de « La Ritournelle » a le don d'adresser une bombe mélodique à tous ses détracteurs en la forme de « Divine », la chanson sélectionnée pour représenter la France au concours de l'Eurovision et à l'origine de la polémique sur ses paroles en anglais. Assurément son nouveau classique.
Cela suffit-il à Sexuality pour en faire un chef-d'?uvre ? Certes non, il devrait veillir comme ces disques insolites qui bravent la poussière, réécoutés avec un amusement nostalgique pour les uns ou prétexte à soirée thématique pour les autres. Un disque cul-te, en somme. La démarche du « Chabal electro » n'en demeure pas moins courageuse et opportune.
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