La chronique
C’est en 2005 que paraît le second album de Corneille, Les Marchands de Rêves. Cet opus peut être considéré comme celui de la maturité, tant au niveau musical que personnel.
Ici, l’artiste s’est associé au guitariste Andy Dacoulis, pour enregistrer les quinze morceaux, plus acoustiques que sur le premier essai. On y retrouve des références aux multiples influences musicales qui ont fait la richesse de son répertoire, du reggae de « Quand on aime tant » au hip-hop de « Toujours le même » et à l'afro-beat « Iwacu ». Les thèmes abordés dans les chansons sont des sujets qui lui tiennent à cœur et qui font souvent référence à son passé tragique, tout comme dans son premier album : l'amour, la mort, la famille, la pauvreté, la souffrance (« Viens », « A vie »), des thèmes en apparence universels qui sont pourtant douloureusement liés au destin du chanteur et dont il en a fait une force mais qui reste malgré tout une profonde cicatrice. Comme il l’explique : « Il y a cependant des thèmes trop sombres pour que je m’autorise à en parler. Parfois et comme dans le cas de « Lettre à la Maison Blanche » , je glisse vers le sarcasme. Cela permet de tempérer la gravité du sujet. » Avec ce titre, il tend clairement à une écriture plus engagée politiquement parlant.
Autre sujet cher à Corneille : la gent féminine. Aussi bien en général (« Dieu est une femme »), que celles qui lui ont été extrêmement proches (« Petite sœur »), et sa mère à qui il rend hommage dans « Reposez en paix ». Même si Corneille donne l’impression d’être apaisé, il reste malgré tout particulièrement sensible sur certains sujets, notamment sa famille et son pays d’origine.Mais le chanteur à évolué et émet même l’hypothèse d’un possible retour au Rwanda avec le titre « Sur la tombe de mes gens ».
Sans aucun misérabilisme, chacune des compositions de Corneille est une expression directe de ses états d’âme et de ses émotions. Le public l’a bien compris avec des ventes attestant toujours de cet engouement pour ce chanteur meurtri.
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