La chronique
Longuement attendu par les fans et guetté au tournant par les sceptiques, ce premier album de Second Sex démarre sur un cri libérateur avant d'attaquer un circuit de seize titres sur les chapeaux de roue avec l'hymne « We Lost Control ».
Le look soigné dans un portrait chromo signé Guy Pellaert (de bonne augure, donc), cette Petite Mort entraîne l'auditeur dans un tourbillon survolté entre rock d'obédience garage et punk émêché. Puisque d'orgasme il s'agit, les chansons traitent indifféremment de sexe de façon urgente ou de mise en danger (« Je marche encore sur le fil / Coupé de ma vie » dans « 21 grammes » ou « J'ai couché avec le diable »).
Que les titres chantés en anglais peuvent prêter à sourire (« Heartattack » ; le mâchonné « I'm Waiting ») ou que les paroles atteignent parfois une touchante naïveté (« Dis moi qui je suis »), il n'en demeure pas moins une fraîcheur toute juvénile servie par une lignée de riffs bien aiguisés (« Baby Doo ») et une production au rasoir ajustée par Pelle Gunnerfeldt (The Hives). A noter un petit moment d'anthologie avec l'exsudant « Fille facile », l'un des titres interprétés au féminin.
Au final, qui aurait pu croire que le groupe benjamin de la promotion des « bébés rockers » se révélerait le plus audacieux, sexy, et sauvage, et que leur album serait aussi nerveux et tendu qu'un muscle érectile ?
Loïc Picaud
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