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Jean-Louis Murat

Nixon

Jean-Louis Murat
Tiré de l'album : Moscou
Durée : 02:57
Genre : Variété française
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Emi, 2007
MP3 - poids : 7,18 Mo
Interprète(s) : Jean-Louis Murat
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Moscou

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La chronique

Avec Jean-Louis Murat, chaque album renouvelle un jeu de séduction. D’abord, l’on croit rompu le charme. Mais on succombe bientôt, au fil des écoutes, à ses chansons enivrantes, à sa pop sophistiquée, à sa fantaisie enchanteresse. Toujours le même homme, mais d’autres appas. Toujours ce même amoureux de l’amour, barde des désirs – mais avec quelque chose de neuf, qui ravive l’envoûtement.

Moscou s’ouvre avec les violons de « La fille du capitaine » (vague référence à la dernière œuvre écrite par Pouchkine), morceau par lequel Murat démontre à nouveau son art de commencer un album avec brio [1]. Sa majesté pleine et quiète rappelle les orchestrations amples de Gérard Manset, ce géant du rock français auquel il avait d’ailleurs rendu hommage (sur l’album de reprises, Route Manset). Sur Moscou [2], il continue d’explorer inlassablement des thèmes récurrents qui le hantent (l’amour, la mélancolie, la hantise de la mort), en des nuances qu’illustrent des compositions variées. Ici, le souvenir d’une insouciante amour passée, soutenue par une country-pop enlevée (« L’amour et les Etats-Unis », délicieux duo avec Camille) ; là, une mélopée typiquement muratienne (« Et le désert avance »), mélancolique évocation de l’angoisse de la mort : « Oh Dieu des poussières / Voilà donc le destin / (...) Et le désert avance ». « La fille du capitaine », pièce langoureuse et sensuelle, développe une nouvelle variation ronsardienne (souvenons-nous, entre autres, de « Bang Bang », sur Mustango), où s’entremêlent les thèmes à lui si chers de l’amour, de l’érotisme et de l’épicurisme. Thèmes qu’il développe encore sur un « Oh my love » (« Vive la petite mort ») un peu mollasson (un des rares moments faibles du disque), ou sur le doux-amer duo pop avec Carla Bruni, « Ce que tu désires ».

Dans Moscou se distinguent encore l’énigmatique et fantaisiste country rock de « Nixon », dont les paroles interrogent avec des mots invraisemblables : « Nixon, réponds-moi : où as-tu mise la galibardophine ? (…) Où as-tu mise la tartifanuffaie ? », ainsi que trois poèmes de Pierre-Jean de Béranger mis en musique. Ce dernier, célèbre chansonnier et poète du XIXè siècle est le troisième auteur que Murat ait adapté et chanté, après Baudelaire (« Réversibilité » sur Dolorès) et Madame Deshoulières. Comme un aïeul auquel Murat rend hommage, Bérenger alliait donc lui aussi poésie et musique, et les chansons choisies (« La Bacchante », « La fille du fossoyeur », « Jeanne la Rousse ») parlent d’amour, d’ivresse et de désir, thèmes familiers au rockeur auvergnat.

Divers par des compositions qui vont de la pop aux sonorités bluesy ou country, en passant par des pièces orchestrales « mansetiennes », et cependant cohérent, Moscou ne dévoile tous ses charmes qu’après plusieurs écoutes, et s’avère le meilleur album studio de Jean-Louis Murat depuis Mustango.


[1] Ecouter « Fort Alamo » (Dolorès, 1996), « L’amour qui passe » (Le moujik et sa femme, 2001), « Les jours du jaguar » et « Se mettre aux anges » (qui ouvrent respectivement les premier et deuxième disques de Lilith, 2003).

[2] MOCKBA, le titre du disque, ne se prononce pas « mocba », mais « moskva » : il s’agit tout simplement du nom de « Moscou » écrit en alphabet cyrillique.

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