La chronique
C'est avec la conviction que la musique crée une « fréquence magique » reliant les êtres, que le mystique Arthur H publie, en 2008, L'Homme du Monde. Septième album studio qu'il présente comme l'aboutissement d'une envie de réaliser un « vrai disque de danse ». Higelin junior, musicien et chercheur d'or, s'est donc lancé dans une quête éhontée du plaisir sonore.
A l'assaut de nos instincts primitifs, avec pour armes le rythme et le groove, il joue avec les codes des musiques taillées pour les dancefloors. Les rythmes syncopés du R&B, les samples électro-acoustiques et les guitares funky de « Mon nom est Kévin B » et « The Goddess of Love & the Business Man » répondent à la pop enjouée de « Dancing With Madonna », surprenant premier single et succès du disque, qui déroute un public habitué aux ambiances intimistes et poétiques du musicien. Fi des habitudes et du piano ! Un vent de fraicheur souffle sur ces chansons essentiellement composées à la guitare.
L'album démarre ainsi par la rythmique lascive de « L'Abondance », qui démontre avec dérision que, même en temps de crise, tout peut être prétexte à réjouissance. Le filleul spirituel de Brigitte Fontaine n'a rien perdu de son humour. On retrouve également Nicolas Repac, guitariste et arrangeur qui accompagne Arthur H en studio et sur scène depuis l'album Pour Madame X (2000). Sur la lancée d'Adieu Tristesse (2005), L'Homme du Monde contient également des moments lumineux et aériens, tels les titres autobiographiques « Luna Park », « Naissance d'un soleil » et « Cosmonaute père et fils ». Ce dernier boucle l'hommage à son père entamé précédemment avec « Le Destin du voyageur ».
Osé et maîtrisé, L'homme du Monde permet à son compositeur et interprète de remporter en février 2009, la Victoire de la Musique de l'album pop-rock de l'année.
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