La chronique
Chimène (anciennement Badi) poursuit sa mutation artistique. Dans le sillon de son précédent album, orienté « black music », et éloigné de la variété de ses débuts, elle sort un disque de reprises, Gospel & Soul. Un procédé usé jusqu'à la corde et auquel l'ancienne Pop Star n'amène rien de neuf.
Accompagnée de la chorale Liberty Gospel, elle ouvre sur une chanson de Stevie Wonder, « For Once in My Life » qu'elle s'approprie aisément grâce à sa voix puissante. Chimène n'a donc pas peur de s'attaquer aux mastodontes, sans chercher la révolution. En duo avec Billy Paul, elle reprend « Ain't No Mountain High Enough » de Marvin Gaye. Là encore, le travail est sans bavure.
Pas de fausse note à signaler de la part de Régis Ceccarelli, réalisateur de l'album sur le standard « Try a Little Tenderness » d'Otis Redding, lui aussi gentiment revisité par l'équipe vocale. La seule reprise réellement audacieuse et réussie est celle de « Mercedes Benz » à l'origine chantée a capella par Janis Joplin. Par contre, la tentative de sortir des clous « Ma Liberté » de Georges Moustaki est totalement ratée et transforme le morceau culte en un hymne gospel pompeux.
Qui dit gospel, dit chants traditionnels. Chimène interprète avec conviction « Joshua Fit the Battle of Jericho », « Down By the Riverside » et l'éthéré « Amazing Grace » qui bénéficie ici de la présence de Rhoda Scott, « l'organiste aux pieds nus » de Count Basie et autres légendes.
On le sait, les représentants français de la soul ne sont pas légion. Chimène a donc pioché où elle a pu. Si « Parlez-moi de lui » de Nicole Croisille a sa légitimité, on se demande ce que vient faire ici « Le Blues » de Florent Pagny. Dans « Tu planes sur moi » de Native, Chimène rend surtout grâce à la qualité de la chanson, l'idée de ce projet. Alors autant repasser aux originaux.
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