La chronique
Enregistré à Paris, le premier album solo de Séverin semblerait plutôt sortir de l'antre d'un studio londonien. Si des chansons anglophones côtoient des morceaux chantés en français, l'ensemble distille une nostalgie de la pop acidulée des années 60 et de celle, beaucoup plus synthétique, des années 80.
Cheesecake, qui a pris le nom du gâteau préféré de Séverin, détient ce petit goût sucré, d'autant plus agréable qu'il est habité par des voix exclusivement féminines.
Si le brillant multi instrumentiste Séverin se prête volontiers au jeu des ch?urs, l'ensemble de l'album est un cadeau pour ces quatorze interprètes. Certaines peuvent être connues (Nadège Winter, Constance Verluca, Mai), d'autres beaucoup moins (La Fiancée, Uma), mais ce florilège est la grande force de Cheesecake.
De nationalités diverses (suédoises, anglaises, russe, allemande, brésilienne, etc.) et de tempéraments tout aussi différents, ces quatorze chanteuses permettent à Cheesecake de profiter d'un perpétuel renouvellement, suscitant la découverte à chaque nouvelle chanson.
De « Big Mouth » à « Leaving the City » en passant par « Adieu à Dieu », le rythme ne perd pas son souffle, fort des mélodies d'obédience yés-yés. On peut toutefois déplorer certaines faussetés d'apprenties chanteuses... peut-être voulues par le très pygmalion Séverin. Après tout, Gainsbourg, évidente référence, ne prétendait-il pas n'aimer que les chanteuses qui n'avaient pas de voix ?
Sophie Rosemont
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