La chronique
Présenté en exclusivité au public du Sentier des Halles à Paris deux mois avant sa sortie, le premier album de Charles Berling n'est pas si surprenant que cela. Le comédien partagé entre les planches du théâtre et la caméra a depuis toujours été pris par le démon de l'écriture, que ce soit pour son roman autobiographique Aujourd'hui maman est morte (Flammarion) évoquant les blessures intimes de l'enfance et son ascension, ou les textes ébauchés entre deux scènes lors des longs moments d'attente sur les plateaux de tournage.
Parti de ses propres écrits sans prétention, déjà rodées au Théâtre des Amandiers au printemps 2010, le chanteur novice arrive à un album aux couleurs jazzy et aux arrangement pleins de swing. Vrai chanteur ou imposteur ? l'acteur répond sans se prendre au sérieux dans « VRP » (« Je suis un chanteur printanier / Qui dit jamais la vérité »). Une bonne dose d'autodérision mêlée de fantaisie et de trompette New Orleans en goguette « Lit garni » ou de banjo primesautier dans « Les Mains ».
Charles Berling chante les affres du quotidien (« Je fume »), les liens défaits (« Le Canapé ») et convainc dans un style aznavourien « Je ne veux pas mourir » ou en mode Julien Clerc (« Je chante »). Grâce à une grande application cachée sous une totale désinvolture et une tonalité de plus en sombre (« Ces enfants », « La Mort », « Un soir ») Charles Berling échappe au syndrôme Christophe Hondelatte. Il est en quelque sorte une tête bien faite pleine de chansons.
Réagissez