La chronique
La scène folk française a toujours eu de jolies choses à proposer. Si le grand public n'a jamais vraiment su se pencher sur la qualité des artistes hexagonaux, ces derniers n'en n'ont pour autant toujours pas retourné leur veste dans l'espoir qu'une reconnaissance plus facile à obtenir point le bout de son nez. Jil is Lucky fait partie de cette vague.
Original par son approche, accrocheur par la nature de ses compositions et libre de mouvements car sans aucune véritable pression médiatique apparente lors qu'il se lance avec son premier album. Un disque qui pourrait passer pour une sorte de croisement entre folk à l'américaine et musique yiddish, une pointe de pop en guise de cerise sur le gâteau. A la fois traditionnelle et psychédélique, la musique de Jil is Lucky ose parler en douceur des différences de chaque être.
L'artiste pose avec un groupe à l'image aussi drôle qu'emprunte de gravité où se croisent rabbins et autres responsables religieux habillés comme des Biomen sortis tout droit d'une série japonaise. Quelque part entre Neil Young, The Velvet Underground, les fanfares de l'Est et la culture ashkénaze, ce premier album touche tant pas sa beauté simple que par sa diversité qui pourrait presque en faire un disque de musique ambiante, à la fois folk, post rock et world.
Une réussite incarnée à travers des chansons comme « The Wanderer » ou l'extraordinaire « Hoovering Machine » de clôture. Le petit frère de Bensé et bassiste de ce dernier a définitivement prouvé qu'il avait une vie bien à lui en dehors de l'aventure familiale. Une vie pleine de lumière et d'amour d'autrui.
Guillaume Ley
Réagissez