La chronique
Après des débuts à l'impact plutôt modeste, voire régional, le rappeur d'origine cubaine de Miami a fait une entrée tonitruante dans le monde merveilleux de l'electro rap commercial, celui qui voue un culte à notre David Guetta national (évidemment dans ce coup là aussi, sur l'hymne dancefloor « Something for the DJ's »), plutôt qu'au hasard, à DJ Kool Herc !
Pour continuer à maintenir la pression et creuser le sillon pavé d'or de ces derniers mois, il propose un sixième album studio tout entier dédié à la cause de ce rap vulgaire basé sur des beats dance, un précipité de cette house hip hop qui emplit les pistes des clubs. Cela donne une liste de morceaux calibrés, où le texte importe évidemment moins que le beat et les refrains, à cet égard le « Rain Over Me » avec Marc Anthony (Mr. Jennifer Lopez, avec laquelle Pitbull vient de triompher sur le hit « On the Floor » issu du dernier album de la belle) est un sommet du genre dispensable.
Armando Perez (non, Pitbull n'est pas son vrai nom !) s'est appuyé sur son désormais confortable standing de notoriété pour convoquer sur ses morceaux (en général des odes au clubbing et aux jeunes femmes peu farouches en termes de m?urs et d'habillement) des stars du calibre de T-Pain (sur le single « Hey Baby (Drop it to the Floor) » et sur le caribbéen « Shake Senora » en compagnie de Sean Paul), mais aussi Enrique Iglesias (pour creuser la veine latino, sur « Come N' Go ») et puis Chris Brown, Jamie Foxx, Akon, Ne-Yo, Kelly Rowland (pour un mid tempo raté à la Eminem/Rihanna) etc.
Ce pudding un rien indigeste qu'il a concocté avec une large tribu de sorciers du son filtré ne lui laisse d'ailleurs que la place d'hôte accueillant, entre les multiples refrains et chorus de ses invités, il ne lui reste plus guère de place pour rapper autre chose que des exhortations téléphonées, en cela, il revient en quelque sorte aux origines, à l'ère des MC's, des pourvoyeurs d'ambiances, des accompagnateurs de breaks du début du rap. Toute proportions gardées, évidemment.
Planet Pit vient aider le rappeur floridien a reprendre le flambeau d'un rap pop et synthétique à des Black Eyed Peas qui semblent avoir usé le concept jusqu'à la corde, en le déguisant à l'occasion d'oripeaux latinos (« Shake Senora » à cet égard est purement un truc qui pourrait figurer sur la B.O. de Camping 4 !). C'est donc sans surprise, sans éclat, uniquement mû par l'efficacité immédiate et destiné aux hordes dansantes du samedi soir de toute la planète.
Jean-Eric Perrin
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