La chronique
La chanteuse Irma Pany vivotait tranquillement et pointait ses maquettes sur MySpace quand son destin a basculé en un weekend. Postées sur le site participatif MyMajor Company sur les conseils d'un ami, ses chansons emballent pas moins de quatre cents producteurs virtuels. En un clin d'oeil, Irma est promue nouveau talent et peut faire ses valises pour New York où, munie des soixante-dix mille euros misés sur sa musique, elle enregistre son premier album sous la férule d'Henry Hirsh, producteur de Lenny Kravitz.
Le conte de fées a failli mal tourner quand revenue à la maison, la jeune artiste découvre un résultat qui ne la satisfait pas du tout, et décide de tout refaire dans un studio parisien. Débarassées de l'enrobage américain, les chansons de Letter to the Lord peuvent s'épanouir dans un registre folk pop plus dépouillé et approprié.
La guitariste d'origine camerounaise possède un sixième sens pour trousser des mélodies imparables comme « I Know » (et son intro en hommage à « Stairway to Heaven ») ou « End of the Story ». Elle est aussi dotée d'un grain de voix doux et chaleureux relevant des titres soul ou gospel tapissés d'orgue et de choeurs (« Their Truth » et « Every Smile »). En ajoutant un peu de fraîcheur et d'innocence, il ne faut pas autre chose pour faire d'Irma l'une des révélations de la saison, ou une promesse pour l'avenir.
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