La chronique
Cross, le premier album de Justice est encore dans tous les esprits quand paraît ce qui peut être considéré comme son prolongement avec cette version live. A Cross the Universe – admirons le clin d’œil à certaine chanson des Beatles – est donc destiné à rendre compte de la puissance de leurs « symphonies pour synthétiseur » pris sur le vif, mais aussi de l’impact du duo sur la scène internationale lors d’un périple d’une année et demie.
Basiquement, ce live accompagné d’un documentaire ne change rien à la formule qui a fait leur réputation. Un son monumental enveloppe les riffs de synthé agressifs des tubes (« Phantom I & II », « D.A.N.C.E I & II », « DVNO » et « We Are Your Friends ») ou des compositions plus élaborées (le mystique « Waters of Nazareth » et « NY Excuse »), avec pour respiration un voile sombre de mélancolie. Justice présente donc ses deux visages entre les lumières d’un disco survitaminé et une certaine noirceur dans l’inspiration (reflétée par le graphisme de leur designer So-Me).
Si la partie audio n’apporte pas de grande nouveauté, elle témoigne cependant avec force du son déployé face à un jeune public américain totalement hystérique, comme envoûté par les hymnes du tandem.
Le documentaire joint en DVD, quant à lui, montre les deux protagonistes Gaspard Augé et Xavier de Rosnay en plein rock’n’roll circus, dans une virée californienne avec leur manager. Le désordre et la folie qui règnent sont prégnants, entre une cérémonie de mariage bien arrosée avec une groupie à Las Vegas et une agression au tesson de bouteille sur un fan trop entreprenant. Justice entretient à merveille son image de duo destroy avec ce Cocksucker blues bis qui fait suite à la vidéo choc de « Stress » par Romain Gavras.
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