La chronique
La pin-up de la pochette est assez explicite : on est a priori là pour s’amuser, et se souvenir des bons vieux rythmes d’antan.
Et, ainsi, Jeff Beck revisite, en compagnie des Big Town Playboys (groupe revival britannique, fondé dans les années soixante-dix, et équivalent à un très bon orchestre de bal), les grandes heures du répertoire de Gene Vincent and His Blue Caps.
Mais évite, par pudeur, ou décence sans nul doute, de s’attaquer à « Be Bop A Lula ». Le problème majeur reste que la personnalité légèrement outrancière de Beck infléchit le projet vers quelque chose qui ressemble davantage à une méticuleuse reconstitution historique, voire une monomanie.
Joué sur Gretsch d’époque, les soli de Cliff Gallup (soliste de Vincent, et plus importante influence reconnue de Beck) sont en effet reproduits ici avec une fidélité qui confine au mimétisme, et les dix-huit chansons sont certes interprétées avec jovialité et professionnalisme, mais sans pour autant ajouter quoi que ce soit aux partitions originales.
On prendra naturellement beaucoup de plaisir à écouter cet album, jusqu’au moment où on se souviendra que la quasi-totalité de l’œuvre de Gene Vincent est disponible sur le marché. Crazy Legs n’effectuera qu’un modeste parcours dans le Top 200 des classements américains.
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