La chronique
En 2005, Laurent Garnier n'a plus rien à prouver au niveau du dancefloor, il s'attaque donc à un album électronique aventureux et conceptuel. A l'horizon de son studio se profilent des cheminées qui déversent incessamment leur fumée blanche dans le ciel de l'est parisien : The Cloud Making Machine. Un album qui se caractérise tout d'abord par une épaisse ambiance faite de nappes profondes de synthés. Dans ce brouillard dense viennent se poser différents éléments. Des notes de clavier (« The Cloud Making Machine, Pt.1 »), un slam nerveux (« First Reaction ») ou des voix d'enfants (« Jeux d'enfants »). L'ensemble est anxieux, intriguant. A cela viennent s'ajouter des rythmiques complexes au tempo modéré.
Avec « Barbiturik Blues », les basses se font de plus en plus lourdes. Une épaisseur de son qui envahit l'espace paisiblement. Les mélodies se posent de manière aérienne sur l'ensemble donnant un brin de légèreté appréciable. Le sommet de douceur est atteint avec « Huis clos » et sa guitare aux saveurs d'Orient. Chaque sonorité semble soupesée, chaque respiration méditée.
Mais un air de révolte vient briser ce calme trompeur. Drum 'n' Bass, house et rock le temps de trois titres qui relancent la machine. « First Reaction », le premier, le plus fort, est une réaction spontanée et puissante aux résultats du premier tour de l'élection présidentielle française de 2002. Sangoma Everett y lâche un texte brûlant. Un disque aussi personnel ne pouvait avoir malheureusement qu'un succès confidentiel. Les adeptes du DJ français y auront toutefois reconnu sa sincérité et sa volonté d'explorer sans cesse de nouveaux territoires musicaux.
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