La chronique
A l'heure où il n'est guère facile de se faire une place au soleil dans les classements d'albums, Julie Zenatti sort un disque aux antipodes des tendances actuelles, entre pop et musique classique (si on omet la tentative de Mozart, l'opéra rock, dont l'ambition se voulait très fédératrice). Le pari de Plus de Diva s'annonce risqué, mais d'emblée, la chanteuse, soprano aux quatre octaves, est à l'aise dans ce registre, où la mélodie prédomine. « Appelez-moi Maria » est un hommage à Maria Callas composé sur quelques notes « d'Eben », un extrait de « La Wally », l'opéra d'Alfredo Catalani. « L'Herbe tendre » est écrite sur le prélude n°2 de Jean-Sébastien Bach. On trouve la version italienne à la fin de l'album avec « La Tua Meta ». Ces magnifiques airs, connus du grand public, deviennent d'autant plus émouvants par l'interprétation sensible de la chanteuse.
Julie Zenatti a travaillé avec Frédéric Château (collaborateur pour Natasha St-Pier, Lorie, guitariste d'Obispo), compositeur et réalisateur de l'album. L'ensemble est symphonique et sophistiqué ; beaucoup des titres marquent par la richesse de leur production (« Sweden Syndrome », « Ma douleur », « Venise 2037 »). « Diva rouge » est une ode à l'esprit passionné de l'album, avec au piano Eric Le Sage, connu pour ses interprétations de musiques romantiques. Zenatti donne du coffre dans le « tubesque » lyrique et rock « L'un souffre, l'autre s'ennuie ». « Une grande rousse aux yeux verts » sonne plus variété et apparait comme une pièce rapportée.
Certains des textes se rattachent au concept de l'album, mais les paroles, tantôt ampoulées ou banales se succèdent, sans que l'on ait le temps de s'y attacher. Toutefois, « Une tête à deux places » et « Le Journal de Julie Z », référence à l'ouvrage de la chanteuse sorti en 2009, laissent entrevoir un univers davantage personnel. Au bout des seize titres, Plus de Diva tient sa promesse, car l'album transporte vers un ailleurs. Reste à savoir si le public aura envie de faire le voyage.
Paula Haddad
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