La chronique
En 36 titres remasterisés de frais, Celebration fait le tour d'une carrière qui a marqué à jamais l'histoire de la musique populaire. La question de savoir si l'oeuvre de Madonna conservera une place significative dans le déroulé de son époque reste secondaire, la popularité de l'artiste ayant largement dépassé ces considérations pour s'inscrire au panthéon des icônes, au même titre que Marilyn Monroe ou Andy Warhol.
Ce n'est pas un hasard si la pochette joue sur ce terrain, avec un zeste de provocation qui reste la marque de fabrique de la Ciccone. Compilation-bilan dans le désordre d'un parcours semé de hits générationnels (« Like a Virgin », « Like a Prayer »), osés (« Material Girl »), sulfureux (« Erotica »), malins (« Music »), aventureux (« Ray of Light ») et opportunistes (« Hung Up » en ouverture), Celebration dresse l'inventaire d'un parcours qui n'a pas fléchi depuis 1981. A ces titres de gloire s'ajoutent trois inédits sortis des placards (« Celebration », « Revolver » et « It's So Cool »).
Confectionnés avec les compositeurs les plus pointus et maquillés par les meilleurs producteurs, ces tubes tentent de survivre sans prendre trop de rides, et d'exister par eux mêmes, sans l'appui plastique et scénique de leur interprète. Malgré la voix anodine, cette promenade au musée Madonna reste la bande-son des années laser, enveloppée dans un brillant uniforme sonore. Il est bien entendu impossible de lutter contre le temps, ou son époque.
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