La chronique
Black Orpheus fait inévitablement référence au célèbre Orfeu Negro de Marcel Camus (1959) adapté en film par l’auteur et mis en musique par le Brésilien Luiz Bonfa. Reprenant l’intitulé à son compte, Keziah Jones invite à un voyage dans l’espace, dans des contrées lointaines du continent noir où le soleil pesant mais vital est au rendez-vous . L’album se veut plus acoustique que le précédent Liquid Sunshine.
Emprunt de spiritualité et de mysticisme, il retrouve sa source en Africaine, comme dans « Kpafuca » ou « Orin O’Lomi ». Keziah Jones semble ici habité par le fantôme de Fela, originaire comme lui de Lagos, et l’afro-beat est très présent. Le message est néanmoins plus poétique qu’engagé, comme le montrent les superbes « Femiliarise » et « Beautiful Emilie ».
Le chanteur n’en oublie pas pour autant d’ajouter les ingrédients qui lui sont propres, le rock , la soul , le funk façon fusion qui donne à sa musique une sonorité et un groove à nul autre pareils, comme le prouve le titre « AfroSurrealismForTheLadies ».
On le surprend même à chanter quelques phrases de Serge gainsbourg en français (Je suis venu te dire que je m’en vais…) dans « Wet Question ».
Nadia Hammami
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