La chronique
Après s’être fait un nom en marbre dans le milieu du rap français, dont il est une figure libre et totalement indépendante des codes en vigueur, Oxmo Puccino réussit ici une entreprise originale. Avec les Jazzbastards, des affranchis qui moulinent avec la précision de tueurs à gage un beat sophistiqué autant qu’implacable, Oxmo déniche une nouvelle liberté, qui le rapproche de sa fibre natale.
Le Malien et les héritiers de la création Africaine Américaine trouvent une osmose idéale, en même temps que le poète enfourche un nouveau véhicule pour ses histoires précises et colorées. Il y a dans ce bar une théorie de personnages tragiques, que le flow sinueux d’Oxmo dépeint en mots choisis. Les atmosphères sont noires, car c’est le sujet, mais également lumineuses et boisées, brillantes et cuivrées.
Débarrassé du carcan de la musique assistée par ordinateur, Oxmo trouve une aisance nouvelle pour poser sa voix souple et ses rimes assorties sur des sons vivants, et de « Lipopette Bar » en « Black Popaye », en passant par « Où est Billie » ou « Nirvana », il déroule l’histoire avec le talent d’un metteur en scène affûté. Jean-Eric Perrin
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