La chronique
Le R&B à la française, dans sa dimension féminine exclusivement, reste une valeur sûre dans le paysage sinistré de la musique populaire dont la valeur commerciale persiste à s’effondrer, à la fin 2009, quand Amel Bent sort son troisième album.
La beurette girl next door, révélée par la Nouvelle Star, adoubée par Diam’s qui lui écrivit un tube, se réinvente dorénavant en blonde glamour, en femme femme, et chante à l’avenant des ballades d’amoureuse. À l’inverse de la plupart de ses consoeurs du genre, Amel Bent est une vraie chanteuse, capable de moduler, d’interpréter, de mettre du pathos quand il faut.
Elle est à l’aise aussi bien dans une chanson très pop comme « Je me sens bien », un up tempo enlevé et joyeux que dans ces déchirants constats de difficultés relationnelles, ces histoires d’amour qui finissent mal, en général (« A trop t’aimer », et l’essentiel de cet album lacrymal). Mais si Amel Bent est une interprète solide, on ne peut alors que déplorer la triste prévisibilité de sa couleur musicale. Tout est convenu, les arrangements sont mille fois entendus, et la seule chanson qui déroge à cette règle piano / violon et « L’Amour », une épopée orientalo-hispanisante, qui vient mettre un peu de lumière dans ce terne défilé de chansons qui coulent comme un robinet d’eau tiède, avec « La Menteuse » qui ose un soupçon d’autotune.
En s’affranchissant du R&B, qui n’est ici qu’un lointain souvenir, simplement en filigrane dans quelques rythmiques à peine appuyées, Amel Bent aurait pu faire de la bonne variété française (ce qu’est d’ailleurs devenu le R&B local, depuis longtemps). Hélas, elle souffre d’une écriture sans aspérité (les textes, signés de sa main et de Tunisiano, le rappeur de Sniper sont d’une grande simplicité) et d’une production assortie.
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