La chronique
Tombé dans l'electro tout petit en découvrant Kraftwerk, Pierre-Antoine Grison alias Krazy Baldhead fait figure d'électron libre au sein du label Ed Banger qui l'accueille au début de la décennie. Après trois maxis remarqués, le pianiste de formation passé par le classique, le jazz, le rock et le hip-hop livre un premier long format aussi varié que le laissait entendre l'EP Sweet Night. Du reste, l'emballant morceau titre chauffé par la moitié d'Outlines, Jérôme Hadey (assistant de Pedro Winter dans le civil), est repris dans le troisième mouvement de ce qui est une véritable symphonie electro.
Divisé en quatre parties et inspiré d'après son auteur par le déluge symphonique qu'est le Shéhérazade de Rimski-Korsakov, cette B-Suite (comme on dit « B-movie » pour les films de seconde zone) démarre recta par une succession de beats et de scratches que ne renierait pas DJ Shadow, en alternance avec des ambiances sombres et tordues. Passée cette mise en bouche purement electro, Krazy Baldhead lâche la bride sur les trois mouvements suivants et déploie sa large palette.
Le gimmick du « 2nd Movement Part 1 » est l'un des sommets d'un disque foisonnant où s'entrechoquent samples world et hip-hop (« 2nd Movement Part 2 alias Time » avec Tes) dans une folle montée d'adrénaline jusqu'au mouvement final et les explosifs « Saturnication » et « The End » featuring Beat Asailant. Un premier essai abrasif qui place le musicien chauve sur la carte de l'electro.
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