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En 2004, « Love, Don't Let Me Go » s'imposait comme un titre dancefloor, mélodique et furieusement chaloupé. Depuis, David Guetta a gagné en célébrité, notamment à l'international où il est devenu une référence incontournable de la house française - il suffit de voir la liste de VIP invités sur son nouveau disque. Usher, Timbaland, Lil Wayne, Akon, Jessie J.... De quoi faire pâlir d'envie beaucoup de ses collègues.
« Where Them Girls At » ouvre en fanfare l'album. Dire que c'est inefficace serait un mensonge, mais de là à y déceler une harmonie mélodique... Il faudrait être très conciliant, ou bien peu exigeant vis-à-vis de la musique. La house, ici, s'accouple avec tout et n'importe quoi, et ne délivre qu'une mixture mainstream sans saveur. Cela ne s'arrange guère avec « Little Bad Girl », interprété par Taio Cruz et Ludacris, martelé de bout en bout et abusant sans vergogne du vocoder. Ce scénario va se répéter systématiquement, sans aucune pitié pour les oreilles de l'auditeur, qui est pourtant saisi d'un sursaut d'espoir lors de « Without You », chanté par Usher. Ici, les machines refrènent leur agressivité, et, si le morceau ne détient pas une once d'originalité (quand Daft Punk rencontre Kanye West qui rencontre Bob Sinclar), il s'acquitte sagement de sa tâche (faire danser aveuglement et, sans doute, sans conscience auditive).
Après trois titres plus ou moins cauchemardesques, le « I Just wanna F. » rondement mené par le grand Timbaland s'impose comme le meilleur tire de l'album, mais aussi le plus hip-hop - et le moins trafiqué. Puis Nothing But the Beat, qui porte décidément très bien son nom, retombe dans sa médiocrité, soutenu par les étonnantes complicités de Jennifer Hudson (« Night of Your Life »), Jessie J (« Repeat ») et Sia (« Titanium »).
Voilà pour la partie chantée de l'album. Car un second disque s'ensuit, réunissant dix instrumentaux calibrés pour le dancefloor et les cours d'aérobic - ou de step, cela dépend de l'âge des participant(e)s. Cependant, certains titres comme « Lunar » ou « Paris », davantage destinés à l'ambiance lounge, bénéficient de bien plus de nuances rythmiques. Dans l'ensemble, ce volet se révèle plus recherché et plus finaud que son acolyte.
David Guetta a très certainement beaucoup perdu de sa fraîcheur d'antan. Face à l'engouement dont il profite depuis quelques années, son acharnement à sortir un album presque tous les ans est compréhensible, mais il est en revanche inacceptable que ce soit peu ou prou le même. Et que chaque galette, vouée à faire trémousser d'aise les dancefloors du samedi soir que les plus de trente ans ne peuvent pas connaître, ne puisse se distinguer par sa sincérité, sa sensibilité ou son originalité.
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Le quatrième album de Martin Solveig, trois années après C'est La Vie, a le caractère définitif dune charge de panzers, et décline habilement des strates hédonistes qui conduiront à l'extase estivale, pour laquelle il s'impose d'ores et déjà comme l'évidente bande musicale.
En premier étage de la fusée, trois titres lancés en avant-garde, « Hello », susurrée par la toujours sensuelle Martina, en vacances de son groupe Dragonette, et disque d'or dans plus de dix pays, « Ready 2 Go », et le très raffiné et très hexagonal « The Night Out », ont créé le double sentiment de satisfaction (qu'est-ce que c'est bien de danser là-dessus !) et de frustration (encore !), qui font les bons réflexes pavloviens : ici judicieusement présentés dans un ordre similaire et en ouverture d'opus, les trois titres mettent tout le monde d'accord sur le fait que la nuit est chaude, elle est sauvage.
Le corps central de l'entreprise reste habité par le désir explicite d'offrir un objet complet, la musique s'accompagnant de clips extravagants (d'un point de vue budgétaire, s'entend), qui, de Singapour au court central de Rolland-Garros, en passant par la mi-temps d'un match de l'équipe de France de football, mettent des images scénarisées, traversées par rien moins que François Rollin ou Mélanie Laurent, sur les turbulences des sequencers.
Une sensation passablement confortée par un visuel de livret en réminiscence d'une affiche de film. Les chansons construisent ainsi une histoire qui construit les chansons, à moins que ce ne soit le contraire, et la complicité induite séduit le spectateur. Bob Sinclar et Solveig s'affrontant à coups de passing-shots et autres revers décroisés sous l'?il amusé d'un Gaël Monfils, occupé à lutiner la dame de c?ur supposée du Pauvre Martin, campent alors de manière durable au creux de la rétine de tous les locataires de dance-floors. Ultime étape : ici, on ne se préoccupe a priori que de musique, et laisse la brillance de guests people à d'autres : la présence de Kele de Bloc Party, en caution rock indie, souligne avant tout le désir de Solveig de brouiller les cartes, et de mixer les genres, pas d'épater la galerie.
Martin Solveig s'est, au fil des années, imposé comme le double sophistiqué, esthète, et créatif, de David Guetta. Smash reste la preuve en dix mouvements que, malgré honneurs et trophées (il a été décoré Chevalier des Arts et Lettres en 2008, et reste détenteur de la Victoire de la Musique 2009 dans la catégorie Artiste de musiques électroniques), le fan - et remixeur - de Prince reste plus préoccupé de créativité que de paillettes. Pourvu que ça dure.
Christian Larrède
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Après des débuts à l'impact plutôt modeste, voire régional, le rappeur d'origine cubaine de Miami a fait une entrée tonitruante dans le monde merveilleux de l'electro rap commercial, celui qui voue un culte à notre David Guetta national (évidemment dans ce coup là aussi, sur l'hymne dancefloor « Something for the DJ's »), plutôt qu'au hasard, à DJ Kool Herc !
Pour continuer à maintenir la pression et creuser le sillon pavé d'or de ces derniers mois, il propose un sixième album studio tout entier dédié à la cause de ce rap vulgaire basé sur des beats dance, un précipité de cette house hip hop qui emplit les pistes des clubs. Cela donne une liste de morceaux calibrés, où le texte importe évidemment moins que le beat et les refrains, à cet égard le « Rain Over Me » avec Marc Anthony (Mr. Jennifer Lopez, avec laquelle Pitbull vient de triompher sur le hit « On the Floor » issu du dernier album de la belle) est un sommet du genre dispensable.
Armando Perez (non, Pitbull n'est pas son vrai nom !) s'est appuyé sur son désormais confortable standing de notoriété pour convoquer sur ses morceaux (en général des odes au clubbing et aux jeunes femmes peu farouches en termes de m?urs et d'habillement) des stars du calibre de T-Pain (sur le single « Hey Baby (Drop it to the Floor) » et sur le caribbéen « Shake Senora » en compagnie de Sean Paul), mais aussi Enrique Iglesias (pour creuser la veine latino, sur « Come N' Go ») et puis Chris Brown, Jamie Foxx, Akon, Ne-Yo, Kelly Rowland (pour un mid tempo raté à la Eminem/Rihanna) etc.
Ce pudding un rien indigeste qu'il a concocté avec une large tribu de sorciers du son filtré ne lui laisse d'ailleurs que la place d'hôte accueillant, entre les multiples refrains et chorus de ses invités, il ne lui reste plus guère de place pour rapper autre chose que des exhortations téléphonées, en cela, il revient en quelque sorte aux origines, à l'ère des MC's, des pourvoyeurs d'ambiances, des accompagnateurs de breaks du début du rap. Toute proportions gardées, évidemment.
Planet Pit vient aider le rappeur floridien a reprendre le flambeau d'un rap pop et synthétique à des Black Eyed Peas qui semblent avoir usé le concept jusqu'à la corde, en le déguisant à l'occasion d'oripeaux latinos (« Shake Senora » à cet égard est purement un truc qui pourrait figurer sur la B.O. de Camping 4 !). C'est donc sans surprise, sans éclat, uniquement mû par l'efficacité immédiate et destiné aux hordes dansantes du samedi soir de toute la planète.