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Un sélection d'artistes

Aretha Franklin

Aretha Franklin
Aretha Franklin est l'une des plus grandes voix noires des années soul, si ce n'est la plus grande interprète féminine du genre. Fille d'un père pasteur, elle grandit dans un environnement gospel. Influencée par le passage de Sam Cooke à la musique profane, elle enregistre une série d'albums honnêtes mais pas à la mesure de son immense talent vocal. Le déclic se produit en 1966, après sa signature sur Atlantic. Sous la houlette du producteur Jerry Wexler, Aretha devient une immense chanteuse soul, remarquablement accompagnée par les musiciens de Muscle Shoals, avec Respect, emprunté à Otis Redding, et surtout I Never Loved A Man (The Way I Love You), véritables monuments de la soul sudiste. Chanteuse extraordinaire, elle s'accompagne également au piano, de manière exceptionnelle. Elle se tourne de nouveau vers le gospel en 1970 avec l'album Spirit In The Dark. Deux ans plus tard, Young, Gifted And Black en 1972 marque une orientation plus funk. Dès lors, elle n'arrivera pas à retrouver la grâce de sa période dorée, malgré des duos avec Annie Lennox ou George Michael au cours des décennies suivantes.

Luther Vandross

Luther Vandross
Né le 20 avril 1951 à New York, Luther Vandross prend des leçons de piano dès l'âge de trois ans.

Devenu un musicien professionnel prometteur, il est recruté par David Bowie pour devenir l'arrangeur musical de l'album et la tournée Young Americans en 1975. Il se lance dans une carrière solo en 1976 et connaît le succès avec l'album Never Too Much et le hit du même nom à l'automne 1981. Son style vocal tout en souplesse fait de lui l'un des principaux crooners soul des années 1980.

Il accompagne également les groupes Change et Gregg Diamond's Bionic Boogie à l'ère du disco. Sa voix très demandée apparaît sur les disques de Bette Midler, Barbra Streisand, Carly Simon, Sister Sledge, Linda Clifford ou Roberta Flack.

Or et platine

En 1982, son titre For Ever, for Always, for Love est n°1 des charts R&B. La même année, Luther Vandross produit les albums Instant Love de Cheryl Lynn, Anyone Can See d'Irene Cara, et Jump to It d'Aretha Franklin. Il chante également pour Marcus Miller et avec Diana Ross.

En 1983, il obtient un nouveau n°1 R&B avec Busy Body, tout comme pour The Night I Fell in Love en 1985. Ses disques suivants sont dominés par des arrangements de synthétiseurs : Give Me the Reason en 1986 décroche le doublé de n°1 avec « Stop to Love ». Chacune de ses compositions font mouche : « She Won't Talk to Me » (n°3 en 1988), « Here and Now » (n°1, 1989) ; l'album Power of Love (1991) et le hit homonyme obtiennent le même score, ainsi que son duo avec Janet Jackson sur « The Best Things in Life Are Free » (1992).

En 1993, il crée son label LV Records et fait de Never Let Me Go et des reprises de Songs l'année suivante deux disques de platine. Il est sacré Meilleur chanteur de R&B aux Grammy Awards pour Your Secret Love (1996).

Nouveau départ

Après quinze années de bons et loyaux services pour Epic, Luther Vandross quitte le label en 1997, et passe chez Virgin pour I Know (1998, avec le hit « Are You Using Me » remixé par Masters At Work). En 2002, il apparaît aux côtés de Michael Jackson sur le titre « What More Can I Give » puis sort son dernier album studio Dance With My Father (2003), suivi de Live at Radio City Music Hall.

L'homme aux 25 millions de disques vendus et huit Grammy Awards obtenus s'éteint le 1er juillet 2005.

Copyright 2010 Music Story Loïc Picaud

India Arie

India Arie
India Arie Simpson est née le 3 octobre 1975 à Denver (Colorado). Encouragée à développer ses aptitudes musicales par ses parents, India.Arie ne se fait pas prier et apprend divers instruments avant de commencer à composer.

Surprise générale

Acoustic Soul en 2001, séduit d'emblée le public sans soutien massif des médias. L'album est littérallement habité par son interprète, à l'instar d'un Tracy Chapman ou d'un Baduizm. Classé No 10 au Billboard, l'album est multi-nominé au Grammy Award et ne reçoit finalement aucune distinction, à la surprise générale.

Lacune comblée

La lacune est comblée avec Voyage to India en 2002, l'album reçoit deux Grammy Awards : Meilleur album R&B et Meilleure performance scénique en musique Urbaine/Alternative. Le succès commercial est toujours présent avec une sixième place des ventes.

Témoignages

Toujours avec le même style épuré, le conceptuel Testimony: Vol. 1, Life & Relationship devient le premier No 1 en douze ans pour le label Motown, et le premier tout court pour une artiste au parcours éblouissant. India.Arie sort Testimony: Vol. 2, Love & Politics le 10 février 2009. Sa néo-soul sensible a certainement encore des jours radieux devant elle.

Copyright 2010 Music Story François Alvarez

Un sélection d'albums

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Al Green

Everything's Ok

Everything's Ok
La mention peut prêter à sourire, mais l’indication The Reverend explicite parfaitement que, malgré cette incursion dans la musique profane, Green reste un homme d’église, et on est bien content pour lui. Par ailleurs, second volet du retour aux affaires de la chanson qui grimpe dans les hit-parades pour Al Green, et confirmation, avec, de nouveau, la présence de Willie Mitchell aux manettes de la production, de la reconstitution de la paire magique de la soul des années soixante-dix, ce disque est magnifique, comme jadis. La mention n’est pas anodine, tant on a le sentiment de retrouver ici les mêmes parfums que dans les albums triomphaux du début de carrière de Green. Qui chante toujours aussi merveilleusement bien, première bonne nouvelle. Qui compose des chansons émouvantes avec une capacité intacte à définir un monde en trois minutes. Et qui est toujours aussi bien encadré par la production de grande classe de son compère (il faut du talent pour faire sonner pareillement une section de cordes, sans mièvrerie). Al Green invente ici l’immortalité de la chanson d’amour, et le temps qui interrompt son cours. Chapeau bas. Everything’s OK intègrera le Top 50 des charts américains, et ce n’est que justice.  

None

Al Green

I Can't Stop

I Can't Stop
A cinquante-sept ans, l’une des dernières légendes de la soul music se prend peut-être pour un jeune homme, à courir de pareille façon sur l’illustration du livret, mais la musique contenue dans ce disque du grand retour (si tant est qu’Al Green soit parti quelque part) démontre amplement que le Révérend a bien raison de se sentir mû par une fièvre juvénile.

Il faut dire qu’il est pressé de retrouver son éternel alter-ego, ce Willie Mitchell qui sut si bien mettre en valeur la voix extraordinaire, il y a de cela plus de trente années, et qui, encore aujourd’hui, démontre sa parfaite complémentarité. Et il convient également de préciser que ce come-back ne s’opère pas sur la pointe des pieds, manière plus ou moins élégante de relever les compteurs de la nostalgie : ici, Mitchell et Green ont signé toutes les chansons (rock, ballade pour grand orchestre, blues gorgé de swing), et se sont entourés de quelques fidèles amis musiciens qui ont fait les beaux jours des premières sessions Motown).

Et I Can’t Stop exsude de cette joie, cette force vitale qui nous laisse accroire que le temps ne passe pas de manière identique pour tout le monde, et, in fine, sépare le talent du génie : « I Can’t Stop », exultante chanson-titre, ne suscite qu’une seule envie. Ecouter les onze pièces qui suivent. L’album I Can’t Stop intégrera le Top 100 des charts américains (53ème position), entraîné jovialement par le single précité, ce qui n’est, pour une fois, que justice.  

None

Al Green

I'm Still In Love With You

I'm Still In Love With You


Comme son prédécesseur, et à l’instar de son successeur, I’m Still in Love With You décline les très riches heures de la soul des années soixante-dix.

Le caractère de la voix céleste du chanteur est proclamé avant même la première mesure de musique, grâce à une pochette immaculée qui traduit parfaitement l’innocence de l’époque : niché dans un fauteuil tout droit sorti du film Emmanuelle, on suppose bien que ce gars est cool. On a raison. Car le duo Willie Mitchell/Al Green fait une fois de plus mouche dans sa capacité à créer une musique sensuelle, sophistiquée sans mièvrerie, et swinguante.

Outre l’habituel contingent de parfaites réalisations faites maison (dont la chanson-titre, co-signée Mitchell, Green, et par le batteur Al Jackson, où la tête d’affiche a l’intelligence de réduire son chant à un murmure, magnifiant la mélodie), on nous offre ici la première incursion de l’homme de l’Arkansas au royaume de la country-music, grâce à une reprise du « For the Good Times » de Kris Kristofferson, ainsi qu’une version du « Oh, Pretty Woman » empruntée à Roy Orbison, et magnifiquement ralentie. Deux arguments supplémentaires pour rendre ce disque indispensable à toute discothèque raisonnée.

I’m Still In Love With You parviendra en première position des charts de musique noire (et en quatrième place de ceux de musique pop). Quant aux singles, leur liste (« I’m Still In Love With You » 1er, « Love And Happiness », « Look What You’ve Done For Me» 2ème) se suffit à elle-même.

 



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