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La mention peut prêter à sourire, mais l’indication The Reverend explicite parfaitement que, malgré cette incursion dans la musique profane, Green reste un homme d’église, et on est bien content pour lui. Par ailleurs, second volet du retour aux affaires de la chanson qui grimpe dans les hit-parades pour Al Green, et confirmation, avec, de nouveau, la présence de Willie Mitchell aux manettes de la production, de la reconstitution de la paire magique de la soul des années soixante-dix, ce disque est magnifique, comme jadis. La mention n’est pas anodine, tant on a le sentiment de retrouver ici les mêmes parfums que dans les albums triomphaux du début de carrière de Green. Qui chante toujours aussi merveilleusement bien, première bonne nouvelle. Qui compose des chansons émouvantes avec une capacité intacte à définir un monde en trois minutes. Et qui est toujours aussi bien encadré par la production de grande classe de son compère (il faut du talent pour faire sonner pareillement une section de cordes, sans mièvrerie). Al Green invente ici l’immortalité de la chanson d’amour, et le temps qui interrompt son cours. Chapeau bas. Everything’s OK intègrera le Top 50 des charts américains, et ce n’est que justice.
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A cinquante-sept ans, l’une des dernières légendes de la soul music se prend peut-être pour un jeune homme, à courir de pareille façon sur l’illustration du livret, mais la musique contenue dans ce disque du grand retour (si tant est qu’Al Green soit parti quelque part) démontre amplement que le Révérend a bien raison de se sentir mû par une fièvre juvénile.
Il faut dire qu’il est pressé de retrouver son éternel alter-ego, ce Willie Mitchell qui sut si bien mettre en valeur la voix extraordinaire, il y a de cela plus de trente années, et qui, encore aujourd’hui, démontre sa parfaite complémentarité. Et il convient également de préciser que ce come-back ne s’opère pas sur la pointe des pieds, manière plus ou moins élégante de relever les compteurs de la nostalgie : ici, Mitchell et Green ont signé toutes les chansons (rock, ballade pour grand orchestre, blues gorgé de swing), et se sont entourés de quelques fidèles amis musiciens qui ont fait les beaux jours des premières sessions Motown).
Et I Can’t Stop exsude de cette joie, cette force vitale qui nous laisse accroire que le temps ne passe pas de manière identique pour tout le monde, et, in fine, sépare le talent du génie : « I Can’t Stop », exultante chanson-titre, ne suscite qu’une seule envie. Ecouter les onze pièces qui suivent. L’album I Can’t Stop intégrera le Top 100 des charts américains (53ème position), entraîné jovialement par le single précité, ce qui n’est, pour une fois, que justice.
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Comme son prédécesseur, et à l’instar de son successeur, I’m Still in Love With You décline les très riches heures de la soul des années soixante-dix.
Le caractère de la voix céleste du chanteur est proclamé avant même la première mesure de musique, grâce à une pochette immaculée qui traduit parfaitement l’innocence de l’époque : niché dans un fauteuil tout droit sorti du film Emmanuelle, on suppose bien que ce gars est cool. On a raison. Car le duo Willie Mitchell/Al Green fait une fois de plus mouche dans sa capacité à créer une musique sensuelle, sophistiquée sans mièvrerie, et swinguante.
Outre l’habituel contingent de parfaites réalisations faites maison (dont la chanson-titre, co-signée Mitchell, Green, et par le batteur Al Jackson, où la tête d’affiche a l’intelligence de réduire son chant à un murmure, magnifiant la mélodie), on nous offre ici la première incursion de l’homme de l’Arkansas au royaume de la country-music, grâce à une reprise du « For the Good Times » de Kris Kristofferson, ainsi qu’une version du « Oh, Pretty Woman » empruntée à Roy Orbison, et magnifiquement ralentie. Deux arguments supplémentaires pour rendre ce disque indispensable à toute discothèque raisonnée.
I’m Still In Love With You parviendra en première position des charts de musique noire (et en quatrième place de ceux de musique pop). Quant aux singles, leur liste (« I’m Still In Love With You » 1er, « Love And Happiness », « Look What You’ve Done For Me» 2ème) se suffit à elle-même.