Retrouvez les meilleurs albums, les blockbusters et le top 50 sur Virgin Mega

Votre panier :




Nouveautés

Captain Rugged


11,99€
Téléchargement d'album

The Art Of Sampling


9,99€
Téléchargement d'album

Now, Then & Forever


7,99€
Téléchargement d'album

Nile Rodgers Presents: The Chic Organization: Up All Night


11,99€
Téléchargement d'album

Higher!


15,99€
Téléchargement d'album

50 Bombes Disco Funk


11,99€
Téléchargement d'album
À découvrir sur Virginmega

Un sélection d'artistes

Sly & The Family Stone

Sly & The Family Stone
Sylvester Stewart naît à Dallas en 1944. Dès 4 ans, Sylvester chante le gospel. Son premier 45 tours date de 1952, «Sly» l’enregistre avec ses frères et sœurs, la formation s’appelle les Stewart Four. Suivent deux 45 tours, faits en 1959 à Los Angeles sous le nom de Stewart Brothers, «The Rat / Ra Ra Roo» et «Sleep on the Porch / Yum Yum Yum». Après un déménagement de la famille Stewart depuis le Texas vers la région de San Francisco, il étudie à 16 ans la trompette et la composition au Vallejo Junior College. En 1961, il ressort ses compositions en un LP, d’abord sous le nom de Danny Stewart, puis sous celui de Sylvester Stewart. La même année, il enregistre avec les Viscanes, il y rencontre Jerry Martini, futur saxophoniste de la Family Stone, et enregistre avec lui Scat Swin chez Autumn. Sous ce label, il produit également des albums des Beau Brummels, Bobby Freeman, Mojo Men ou de The Great Society (premier groupe de Grace Slick, future chanteuse de Jefferson Airplane). En 1964, il devient Disc Jockey sur les radios soul K.S.O.L et K.D.I.A.. Ses influences directes : la pop californienne, la soul et le rythm’n blues.

Rosie, sa sœur (piano), Freddie, son frère (guitare), Larry Graham, un cousin (basse), Jerry Martini (saxophone), Cynthia Robinson (trompette) et Greg Errico (batterie), se joignent progressivement à Sylvester Stewart, (guitare, orgue et chant) en 1966 pour former les Stoners, puis Sly and the Family Stone. Ensemble, ils produisent l’album Slyest Freshest Funkiest Rarist Cuts avec des titres comme «I Ain’t Got Nobody», «I Can’t Turn You Loose» et «Life of Fortune and Fame». Ils jouent essentiellement dans des cabarets, où le public ovationne une musique neuve, avant qu’ils ne réalisent en 1967 leur premier album : A Whole New Thing, sur le label Epic, qui restera inaperçu.

Après un premier succès de discothèque, «Dance to the music», n°8 aux US en 1968, tiré de l’album du même nom, sort en 1969 leur première œuvre majeure : Stand ! (trad. : Résiste !). Avec des titres comme «Don’t Call Me Nigger, Whithey» ou «Sex Machine», Stand ! déploie un funk teinté d’effets sonores, en osmose avec le psychédélisme de Jefferson Airplane ou le blues de Jimi Hendrix, évidemment engagé, il résonne comme un soutien au parti des Black Panther. Groupe révélation à Woodstock avec des morceaux comme «I Want To Take You Higher», leur prestation les propulsera en la tête des charts. Si l’histoire retiens du festival légendaire les passages de Grateful Dead, Santana, ou encore The Who, Sly and the Family Stone avec le long medley : «Dance to the music», fera se lever l’immense foule au chant de : «I Want To Take You Higher !», morceau symbole de l’ouverture prônée par la Family. En Août 1970, la scène avant-gardiste afro-américaine, Sly and the Famiy Stone, Jimi Hendrix et Miles Davis, se donne rendez-vous au festival de l’Ile de Wight. Hendrix décédera trois semaines plus tard, tandis qu’une jam avec Eric Burdon et Sly, entre autres, l’attendait au tournant. L’ultime expérience n’aura pas lieu.

Suite à son succès, le groupe annonçait pour 1970 la sortie d’un album des plus optimistes : The Uncredible and Unpredictable Sly and the Family Stone. A la place les fans s’arracheront un Greatest Hits qui se vendra, fin 1970, à 3 millions d’exemplaires. En 1971 le groupe sort son album à la fois le plus abouti musicalement et le plus sombre : There’s a Riot Goin’ On. Remettant en question l’enthousiasme et l’idéal à faire changer les choses, Riot dresse le bilan d’une société en panne et apparaît comme le revers de la médaille où était inscrit : «Everybody is a Star». Sur la pochette, on aperçoit la statue de Abraham Lincoln devant laquelle les militants pacifistes comme Martin Luther King se rassemblaient. Près de la statue figure un extrait du fameux discours de Gettysburg : «Le monde ne sera guère attentif à nos paroles, il ne s’en souviendra pas longtemps, mais il ne pourra jamais oublier ce que ces hommes ont fait. C’est à nous vivants de nous vouer à l’œuvre inachevée que d’autres ont si noblement entreprise». La Family fait plus que jamais partie de la lutte : au cours des marches sur Washington, tandis que les aînés du mouvement non violent chantent en tête le spiritual «We Shall Overcome», les plus jeunes chantent : «Everyday People», titre de la Family à la tête des charts en 1969.

En 1972, la Family atteint un point de rupture : sous la pression politique exercée par les Black Panther, les musiciens se plaignent du manque d’espace de liberté artistique. Larry Graham, le précurseur du slap, et Greg Errico n’enregistreront que quelques titres de Riot, il quittent la formation dès 1972. L’ancien batteur de la Family Stone fera quelques apparitions auprès de Miles Davis ou du Grateful Dead et Larry Graham fondera The Graham Central Station. En 1973, l’album Fresh voit l’apparition de Rusty Allen, un jeune bassiste de 18 ans, d’Andy Newmark à la batterie, de Pat Rizzo au saxophone et du trio féminin The Little Sisters. Si à sa sortie le public se fait un peu plus rare, l’album reste brillant, nouveau car ici le chant rythme les instruments, le contenu est quant à lui toujours plus politique : «All we need is an action / satisfaction». Fresh sera le dernier album important de la Family.

Small Talk sort en 1974, avec, sur la pochette, Kathy Silva, l’épouse et de Sly ainsi que leur fils. Relation éphémère : Sly est empêtré dans son addiction à la drogue et l’album n’est pas du niveau de ses prédécesseurs. En 1975, sort un album solo High on you, puis Heard Ya missed me, Well I’m Back qui ne feront que confirmer le déclin. Ten Years Too Soon, remix disco de titres de la Family Stone par le label Epic, sorti en 1979, ou encore Back On The Right Track chez Warner Bros, avec une réapparition d’une partie de la Family, sont autant de disques qui passerons inaperçus auprès du public. Drogue, interpellation, fuite, jugement et prison caractérisent cette période.

George Clinton, de Parliament-Funkadelic invitera Sly Stone à enregistrer, en 1981, The Electric Spanking of War Babies. Outre le Dr Funkenstein, Sly compte de nombreux fans parmi les pointures du funk, à l’image du bassiste Bootsy Collins. Ain’t But The One Way, le dernier album de Sly Stone sort en 1983, il est presque aussitôt oublié. En 1986, Sly apparaît dans l’album Crasay, produit par Jesse Johnson et participe à la BO du film Soul Man en duo avec la chanteuse Martha Davis sur «Love and Affection». En 1993 enfin, sur présentation de George Clinton, Sly est intronisé au rock ’n roll Hall of Fame en compagnie de la Family Stone. La même année, Arrested Development, produisait un album hommage à la Family, avec comme succès la reprise «People Everyday». Aujourd’hui la plupart des droits sur les plus grands succès du funk de Sly and the Family Stone sont détenu par la pop-star Michael Jackson.

Copyright 2013 Music Story Guillaume Enard

Michael Jackson

Michael Jackson
Né le 29 août 1958 à Gary (Indiana), Michael Joseph Jackson fait ses débuts en 1965 avec ses frères Jackie, Tito, Jermaine et Marlon dans la formation The Jackson 5, qui devient la locomotive du label Tamla Motown à grands coups de succès : « I Want You Back » (1969), « ABC » et «I'll Be There » (1970) puis « Mama's Pearl » et « Never Can Say Goodbye » (1971).

La voix acidulée du benjamin Jackson fait tant recette que le patron Berry Gordy décide de lancer son poulain dans une carrière solo. L'enfant prodige entame alors un parcours jonché de hits et de récompenses, de « Got To Be There » (1971) et « Rockin' Robin » à « Ben » (premier n°1 en 1972). Ses albums Ben (1972), Music and Me (1973) et Forever, Michael (1975) sont des exercices de pop-soul sophistiquée. Il n'en poursuit pas moins ses activités avec The Jackson 5, quand le groupe quitte Motown et se mue en formation boogie-funk sous le nom The Jacksons (l'album Get It Together et le hit « Dancing Machine » en 1973-74).


Le sorcier

En 1977, Michael Jackson et sa soeur LaToya participent au tournage du film The Wiz (remake du Magicien d'Oz ). Il fait la rencontre du compositeur et arrangeur Quincy Jones. Tous deux enregistrent l'album Off the Wall (août 1979), qui contient les n°1 « Don't Stop 'til You Get Enough » et « Rock with You » , ainsi que le duo « Girlfriend » avec Paul McCartney. Le total des ventes dépasse les douze millions d'exemplaires.

En 1980-81, Michael Jackson honore ses obligations en groupe (tournée et double album The Jacksons - Live! ) et en solo. Il collabore avec Donna Summer ( « State of Independance » ) et écrit le hit « Muscles » pour sa « marraine » Diana Ross.

Le phénomène Thriller

L'année 1982 est la plus importante de toute la carrière de Michael Jackson. Son nouveau duo avec Paul McCartney ( « The Girl Is Mine » ) est le début de l'aventure Thriller , réalisé avec Quincy Jones. Thriller qui paraît le 1er décembre 1982, va provoquer un raz-de-marée. Début 1983, « Billie Jean » et « Beat It » se succèdent à la tête des classements. Les ventes de Thriller , abonné au sommet du Billboard pendant trente-sept semaines, dépassent les trente millions d'exemplaires, un chiffre jamais vu dans le métier. Les singles s'enchaînent : « Wanna Be Startin' Somethin' » - avec un intermède plagiant le « Soul Makossa » de Manu Dibango qui obtiendra réparation -, « Human Nature » , « P.Y.T (Pretty Young Thing) » , et le redoutable « Thriller » (dont le vidéo clip est un véritable court-métrage). Thriller totalise huit Grammy Awards.

1983 est l'année Michael Jackson à travers le monde. Ce n'est plus seulement un chanteur mais un mythe vivant. Le phénomène s'associe de nouvau à Paul McCartney ( « Say Say Say » et « The Man » ). Début 1984, lors du tournage d'une publicité pour Pepsi, il est brûlé au cuir chevelu par un projecteur. Puis il participe au décevant Victory avec ses frères.

Bad

Début 1985, il co-écrit l'hymne humanitaire « We Are the World » avec Lionel Richie et Quincy Jones, invitant une quarantaine de stars sous la bannière USA for Africa. puis rachète le catalogue des chansons des Beatles. En 1986, il participe au film de science-fiction en 3D, Captain Eo .

L'album Bad est lancé le 31 août 1987, entièrement écrit et composé par son auteur, qui y invite Stevie Wonder ( « Just Good Friends » ). Le single « Bad » et l'album entrent directement au sommet du Billboard, suivis de « The Way You Make Me Feel » et « Man In The Mirror » . Bad s'écoule à 26 millions d'exemplaires. Michael Jackson entame alors sa première tournée en solo autour du monde jusqu'à l'été 1988, et publie son autobiographie Moonwalk . Un film à sa gloire (Moonwalker) sort sur les écrans. Mais la presse s'intéresse davantage aux opérations de chirurgie plastique et de dépigmentation de la peau, ainsi qu'au ranch californien de Neverland dans lequel « Bambi » vit en reclus.

Dangerous En novembre 1991, Dangerous , produit par Babyface et L.A. Reid, scelle l'alliance rap-rock d'un album plus formaté dont surnage « Remember the Time » . Le single « Black or White » est n°1 avec la participation de Slash (Guns N' Roses). Le magazine Rolling Stone le consacre « King of Pop » et le Dangerous World Tour de 1992 ne fait escale que dans des stades bondés.

En août 1993, une plainte pour « abus sur enfant » fait l'objet d'une enquête de la police criminelle, engageant l'artiste dans une bataille juridique qui se concluera par sa relaxe le 13 juin 2005, non sans avoir calmé les soupçons qui ternissent l'image de la star.

HIStory En juin 1995, Michael Jackson refait surface avec le double album HIStory - Past, Present And Future, Book 1 , une compilation avec des inédits produits par les rois de la house Terry Lewis et Jimmy Jam. Il épouse la fille du « King » Elvis, Lisa-Marie Presley, qui fait une apparition sur « You Are Not Alone ». L'album Blood on the Dance Floor (mai 1997) déçoit fortement : une série de remixes et cinq nouveautés guère convaincantes.

Début 1999, la star entre au Rock and Roll Hall of Fame. En juin est organisé le spectacle Michael Jackson & Friends , qui réunit à Séoul et Munich les chanteurs Andrea Bocelli, Mariah Carey, Ringo Starr et le groupe Scorpions.

One More Chance Au moment où on le croit anéanti par un longue procédure judiciaire, Michael Jackson tente de se maintenir avec Invicible (30 octobre 2001). Ereinté par la critique, l'album entre à la première place du Billboard dès sa sortie. La production est partagée entre ses collaborateurs habituels (Teddy Riley, Babyface) et d'autres personnalités du R&B : R. Kelly ( « Cry » ) et Rodney Jerkins. Seulement deux singles sont édités : « You Rock My World » et la ballade « Butterflies » , absents du Top 5. Le chanteur se fait prélever sur le résultat des ventes (huit millions d'exemplaires) pour éponger ses dettes.

En novembre 2003, R. Kelly lui offre le titre « One More Chance » dont il fait un single à succès et un bonus de la compilation Number Ones . En 2005, le procès dont le chanteur fait l'objet prend alors une ampleur médiatique mondiale. Michael Jackson est finalement relaxé, fautes de preuves suffisantes.

Retour et fin

Michael Jackson tente de donner un nouvel essor à sa carrière, mais son nouveau titre « From the Bottom of My Heart » (pour les victimes de l'ouragan Katrina qui a sévi à La Nouvelle-Orléans), enrgistré avec une vingtaine de stars, est finalement ajourné. Début 2008 sort une nouvelle mouture de Thriller (édition deluxe avec remixes). Le chanteur réapparaît en mars 2009 pour annoncer une série de 50 concerts à l'O2 Arena de Londres.

Hélas, une crise cardiaque terrasse Michael Jackson dans un manoir loué dans le quartier de Bel-Air à Los Angeles. Il s'éteint le 25 juin 2009 à l'âge 50 ans, anéantissant tout espoir de retour sur scène. Aux funérailles vues à l'échelle mondiale succède l'exploitation du mythe sous toutes les formes possibles et imaginables et plus ou moins douteuses. Le film This Is It , remarquable documentaire retraçant les répétitions de son dernier spectacle, est suivi en novembre 2010 de l'album d'inédits Michael , sujet à controverse quant à l'authenticité des vocaux utilisés. Cette pratique ne manque pas d'interpeller les fans et d'écorner une légende désormais soumise aux enjeux du marché.

Copyright 2014 Music Story Loïc Picaud

Parliament

Parliament
Inspiré par les grandes formations de jazz et de soul, George Clinton aura rassemblé autour de lui un collectif d'une cinquantaine de musiciens avec lesquels il va enregistrer dans les années 70 sous les noms de Funkadelic et de Parliament.

D'abord conçu dès 1955 comme un quintet vocal, s'inspirant des groupes de doo wop tel que Frankie Lymon and the Teenagers, Parliament va évoluer au fil des ans et des modes pour devenir à partir de 1967 l'une des principales forces du nouveau funk psychédélique influencée par James Brown et Sly and the Family Stone.

A la pointe d'un courant afro centriste libertaire, George Clinton va faire de Parliament une expérience musicale et spirituelle d'une grande originalité. Signé sur le label Casablanca, le groupe donne ainsi libre cours à une démesure sonore, verbale et vestimentaire qui sous des aspects futuristes et burlesques cache une portée politique radicale.

En 1974, Up For The Down Stroke, Chocolate City et P Funk (Wants To Get Funked Up) sont les premières pierres d'un temple voué à la danse, au sexe et à la contemplation cosmique. Parmi les nombreux musiciens qui défileront dans le collectif, on retrouvera les anciens musiciens de James Brown, Bootsy Collins, Maceo Parker et Fred Wesley.

En 1976, les albums Mothership Connection et The Clones of Doctor Funkenstein constituent dans l'abondante discographie du groupe les deux volets d'un manifeste où se telescopent funk, science fiction et psychédélisme.

En 1977 paraît le premier enregistrement public et explosif de la formation, témoignage d'une tournée exubérante sous l'étiquette P-Funk (Parliament Live: P-Funk Earth Tour).

Après un dernier coup d'éclat en 1980 avec Agony of Defeet, Clinton décide de dissoudre le groupe pour se consacrer à ses projets solo.

Copyright 2010 Music Story

Un sélection d'albums

None

Prince

Lotus Flow3r

Lotus Flow3r
Deux heures vingt et une minutes, c’est le temps que prétend nous accaparer Prince pour l’écoute de son nouveau triptyque, qui forme son trentième album (à vue de nez). Un menu à priori étouffe-témoin (de Jéhovah), décomposé en trois disques, Lotusflow3r, MPLSound, et Elixer, l’album de sa protégée du moment Bria Valente.

De ce dernier, en mémoire des frissons passés avec Vanity Six ou Jill Jones, voire Sheila E, on ne retiendra que ce qu’on retient de ces formules de pizzas à emporter où l’on vous en offre deux pour le prix d’une. À moins d’avoir vraiment très, très faim, on s’en passe très bien, c’est une litanie de ballade sans surprise, une enfilade de clichés princiers (vaguement sexy), et si les courbes de la demoiselle de saison sont dans la norme, sa voix et sa personnalité laissent à désirer. La reprise de « Crimson & Clover » (Tony James & The Shondells), tout en guitares saturées et riffs velus, souffre de vocaux souffreteux qui contrastent par trop avec la testostérone affichée de la version. Et bizarrement, c’est « 4ever » qui le suit qui rappelle ces structures sixties délicieuses.

Les moments les plus nerveux sont donc concentrés sur Lotusflow3r, bourré de funks hystériques (« Feel Good, Feel Better, Feel Wonderful ») alternant avec de primesautières mini-comédies musicales délurées (« Love Like Jazz »). Mais un instrumental à la guitare acoustique comme « 77 Beverly Park » ruine l’équilibre par son inanité (on dirait un fond sonore pour trattoria typique), puis « Wall of Berlin » nous embarque dans un punk rock effréné. Ce chapitre entier semble dévoué à une unique cause, démontrer, si besoin en était encore, quel guitariste extra-ordinaire est Prince. Certes ce n’est pas un scoop, mais la totalité de Lotusflow3r est une vitrine scintillante de la dextérité et de la versatilité de son auteur sur six cordes. Ceci posé, il en reste de bons moments, mais une disparité déconcertante.

MPLSound
, qui était sorti en mars 2009 aux Etats-Unis sans ses compléments, en version « physique » et dans une seule chaîne de magasin, est dans une veine plus « rétro ». Cette ode au son de Minneapolis (où Prince est désormais aux abonnés absents) fait revivre le son qui l’a rendu célèbre dans les années 80, une manière de funk bio, comme au bon vieux temps d’avant le Pro Tools. « (There’ll Never B) Another Like Me », qui ouvre le débat, est un pur moment de nostalgie, à cet égard. « Chocolate Box », avec Q-Tip (A Tribe Called Quest) ne vaut que pour le passage rappé de son invité. Tout est à l’avenant, et si on doit remarquer quelque chose, c’est l’ode gentiment perverse à une MILF que l’on suppose être Salma Hayek (c’est François-Henri Pinault qui va être content d’entendre que le nain pourpre fantasme à mort sur les séances de tétées nocturnes de sa jeune épousée !).

Au bout de cette longue traversée, on en est toujours au même point : tous les albums récents de sa majesté semblent n’avoir d’autre fonction que de susciter de longues jams en concert (comme l’été 2009 à Monaco, pour des soirées dont le prix des places évoluait entre 200 et 500 €). C’est funky comme le chocolat est noir, mais les hymnes crossover des années 80 sont une espèce disparue. Définitivement ?

None

Prince

Sign "o" The Times

Sign
A celles et ceux qui persistent à penser que l’oeuvre de Prince, de par son éclectisme, est difficile à appréhender, proposons cet exercice ludique : imaginez un instant que vous viviez dans l’univers du Concombre Masqué, régi par les lois de la philosophie la plus surréaliste et de la logique la plus absurde. Dans cet univers, l’album le plus emblématique de Prince, le monumental Sign ‘o’ the times, serait une sorte d’équivalent musical du Livre du Grand Tout – cette encyclopédie gargantuesque qui détient les réponses à toutes les questions qu’est susceptible de se poser un être humain. Et là, soudain, tout devient limpide !

Vous aimez le rock ? « Play in the sunshine » ou le tubesque « I could never take the place of your man » ont été conçus pour vous. Vous préférez le funk, tendance George Clinton – foutraque et décalé ? Le furieux « Housequake » et la longue jam capturée live « It’s gonna be a beautiful night » vont vous mettre à genoux. Vous exécrez le rock et le funk, mais vous vénérez la pop ? Vous ne pouvez décemment pas passer à côté de joyaux mélodiques tels que « Starfish and coffee » ou « Strange relationship ». Vous n’aimez rien de tout cela, mais il vous arrive de fondre en larmes devant une bonne vieille ballade soul à l’ancienne ? Ecoutez donc « Slow love » et « Adore » - mais préparez vos mouchoirs au préalable. Vous n’aimez rien de tout celà, et en plus vous avez un coeur de pierre ? Tout comme vous, « The ballad of Dorothy Parker »,« if I was your girlfriend » ou l’inoubliable morceau-titre ne ressemblent à rien de connu sur cette terre ; ça devrait donc vous plaire.

Au vu de cette description, vous trouvez que Sign ‘o’ the times ressemble fortement à une auberge espagnole ? Vous avez raison ; à ceci près que tous les hôtes de cette auberge sont incroyablement beaux, glamour, intelligents, cultivés, parfois drôles (le pince-sans-rire « It ») et souvent intenses (la ferveur de The cross donne des frissons). Vous vous dites « Tout ça, c’est bien beau, mais moi, on ne me la fait pas : tous les albums importants de l’histoire de la musique sont sortis avant 1970 » ? Sign ’o’ the times fait partie de cette race de disques dont même le morceau le plus faible finit tôt ou tard par vous hanter ; dans le jargon du métier, on appelle ça un « classique ». D’ailleurs, même son format (un double album !) vous rappelera avec délice les chefs-d’oeuvre sixities que vous affectionnez tant (le double blanc des Beatles, Tommy des Who,...).

Bref : vous n’avez pas encore cet album ? Courez l’acheter – et envoyez-nous ensuite vos remerciements via , qui transmettra. Vous possédez cet album, et vous l’adorez d’ailleurs ? Réécoutez-le, vous l’adorerez encore plus. Vous possédez cet album, mais vous le détestez, et rien de ce qui est décrit dans cet article ne vous semble juste ? Il est grand temps de prendre rendez-vous chez un ORL, vous souffrez sans doute de graves lésions auditives depuis un certain temps déjà, mais vous ne vous en étiez peut-être pas aperçu.

Et pour toute autre question non mentionnée ci-dessus, vous l’aurez compris vous-même : la réponse se trouve très probablement déjà dans Sign ’o’ the times.

None

Prince

Lovesexy

Lovesexy
Si Sign ‘o’ the times avait fait l’unanimité, l’hsitoire retiendra que Lovesexy fut le premier album de Prince à faire l’unanimité... contre lui. En effet, que ce soit les fans (qui ont toujours vu dans ce disque un ersatz peu convaincant après l’annulation frustrante du Black album), les non-fans (ils sont où, les tubes ?), les détracteurs de Prince (sur le mode du « ah, je vous l’avais bien dit, qu’il se planterait ! »), les puritains (qui jugeaient la pochette trop provocante), la presse (qui reprochait à Prince, euh... de faire du Prince ?), ou le monde en général (qui ne comprenait strictement rien à ce disque), chacun avait, à sa sortie, une bonne raison de détester Lovesexy – à tel point que cet album continue, aujourd’hui encore, d’être marqué du sceau de l’infamie aux yeux de quiconque porte un quelconque intérêt à la discographie de Prince.

Or, la vérité, comme souvent, est bien plus complexe que ce que laisse supposer cette présentation. Lovesexy, en effet, n’est pas un mauvais album ; c’est même un authentique chef-d’oeuvre. En revanche, c’est un album totalement givré, barré comme rarement le fut un disque supposé être « grand public » (rappelons qu’à l’époque, Prince était une superstar mondiale, au même titre que Madonna ou Michael Jackson). Des exemples ? En guise de mise en jambe, « Eye no », le titre qui ouvre l’album, ressemble à une jam particulièrement chaotique entre Curtis Mayfield, Funkadelic et les JBs.

Puis vient « Alphabet Street », le premier single, qui débute comme un exercice de funk ultra-minimaliste reposant sur une rythmique décharnée et quelques accords de guitare simplistes, avant que ne déboule une ligne de basse qui semble vivre sa vie indépendamment du reste du morceau, une voix aux inflexions soul déclamant un texte empruntant à l’imagerie rock’n’roll des fifties (les filles, les bagnoles), et des choeurs sortis de nulle part... Bref, un morceau dont l’audace laisse rêveur quant au degré de tolérance et d’ouverture du public des années 80 – car, en dépit de l’échec relatif de l’album, ce titre fut un tube, ce qui serait proprement inimaginable aujourd’hui.

Et tout le reste du disque est à l’avenant, développant avec conviction une esthétique du « trop » : trop vaporeux (« I wish u heaven », qui renoue avec les ambiances opiacées et enfumées de Around the world in a day), trop sirupeux (« When 2R in love », échappé du Black Album, est un slow moite à souhait), trop torturé (à côté du lyrisme sombre de « Anna Stesia », « The cross », sur l’album précédent, ressemble à une reprise des Charlots), trop fou (« Dance on » déroule l’une des rythmiques les plus incroyables qu’il nous ait été donné d’entendre, uniquement composée à partir de syncopes irrégulières et destructurées (époustouflante Sheila E.), pour un résultat qui reste miraculeusement groovy), et enfin trop jusqu’auboutiste (dans une belle démonstration de « c’est à prendre ou à laisser », Prince a souhaité que la version CD ne comprenne qu’une plage, ce qui oblige à écouter l’album dans son intégralité)...

Alors, excessif, Lovesexy ? A n’en point douter. A ce détail près que cet album n’était finalement que la suite logique des disques précédents, Prince n’ayant eu de cesse de proposer, depuis 1999, une musique qui, d’album en album, devenait toujours plus libre, toujours plus personnelle, toujours plus complexe. Ce que Prince a sous-estimé, en revanche, était la capacité du public à absorber et digérer ces évolutions successives, surtout au rythme hallucinant imposé par le chanteur – rappelons qu’à la sortie de Lovesexy, Prince venait d’enregistrer, en l’espace de deux années, quatre albums majeurs (dont un double !) et radicalement différents les uns des autres... Rien d’étonnant, dès lors, à ce que le public ait eu besoin de souffler, de marquer un temps d’arrêt.

Par conséquent, si Lovesexy est effectivement associé à la fin d’un certain « âge d’or » de Prince, ce n’est pas la qualité du disque qui est à l’origine de cette rupture, mais bien le fait qu’il n’y ait plus eu grand monde pour l’écouter et l’apprécier. Le soutien du public étant devenu incertain, le chanteur, suite à cette expérience, préférera prendre un peu moins de risques et jouer la carte de l’efficacité, au lieu de continuer à concevoir chaque disque comme une nouvelle utopie. Sur le court terme, cette décision s’avèrera payante (comme le montrent les succès de Batman ou Diamonds and pearls – deux très bons albums par ailleurs, même s’ils manquent un peu de folie) ; sur le long terme, en revanche, il n’est pas totalement certain que nous ayons gagné au change.



Maintenant disponible

Love Songs


9,99€
Téléchargement d'album

Ballads


9,99€
Téléchargement d'album

Sweat


9,99€
Téléchargement d'album


Powered by Pertimm
Paiement sécurisé
VirginMega sur Facebook VirginMega sur Twitter VirginMega sur Youtube VirginMega sur Dailymotion