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Earth, Wind & Fire

Earth, Wind & Fire
Maurice White naît le 19/12/1941 à Memphis et déménage à Chicago adolescent. Embauché comme batteur de studio pour le label Chess Records, ses talents à l'instrument lui permettent de prendre la place de Red Holt au sein du Ramsey Lewis Trio à partir de 1967. Mais il préfère bien vite rejoindre ses deux amis Wade Flemons et Don Whitehead afin d'écrire des morceaux, parfois amenés à devenir des hymnes commerciaux, sur la région de Chicago. Ils décrochent un contrat avec Capitol en prenant pour nom The Salty Peppers. Après deux morceaux passés plutôt inaperçus, « Uh Huh Yeah » et « La La Time » (1969), même si ce dernier connaît un petit succès très relatif, Maurice White décide de changer l'intitulé du groupe, utilisant les ascendants du Sagittaire et ses associations astrologiques comme le Feu prépondérant (Fire), la Terre (Earth) et l'Air (Wind), certes plus épisodiquement, d'où l'absence d'eau dans le nouveau titre du groupe.

Chicago soul

Vient alors le moment du recrutement de nouveaux éléments de la scène de Chicago. White fait alors appel à la chanteuse Sherry Scott ainsi qu'au percussionniste Phillard Williams, son frère Verdine White (de dix ans son cadet) venant prendre la place de bassiste à partir de 1970. Puis lors d'auditions à Los Angeles, il ajoute Michael Beale à la guitare, Chester Washington au saxophone ténor, Leslie Drayton à la trompette ainsi que le compositeur originel du groupe qui manie aussi bien le trombone que la note partitionnée, Alex Thomas. Flemons apporte son soutien musical au vibraphone, piano électrique et aux efforts vocaux, Verdine White chante également tout en jouant de la basse ou des percussions et voilà la première formation des dix membres du groupe. Leurs deux premiers albums sont bien accueillis : Earth, Wind & Fire début 1971, et surtout The Need of Love à la fin de l'année, qui leur apporte un premier mini-hit avec « I Think About Lovin' You». Mais des querelles internes entraînent la dissolution de cette première entité et les deux frères White recomposent le groupe en 1972 avec Jessica Cleaves et Philip Bailey au chant, Ronnie Laws à la flûte et au saxophone, Roland Bautista à la guitare, Larry Dunn aux différents claviers (dont le Clavinet), et Ralph Johnson aux percussions.

Mais Warner ne sait comment assurer la promotion de la nouvelle formation, possédant déjà un autre combo funk avec le groupe de Charles Wright, Charles Wright & the Watts 103rd Street Rhythm Band, et considère peut-être qu'un groupe de funk par label est plus que suffisant. Heureusement, une audition pour Bob Cavallo et Joe Ruffalo leur permet de décrocher un contrat qui s'étendra jusqu'en 1983, et de faire les premières parties de John Sebastian (ex-Lovin' Spoonful), autre chanteur pop-folk géré par le duo. Une performance au Rockefeller Center de New York devant Clive Davis, président de Columbia Records, leur assure un changement de maison de disques instantané.

Le groupe se rend immédiatement en studio pour enregistrer l'album Last Days And Time (octobre 1972), puis le fameux Head to the Sky l'année suivante, rencontrant quelques nouveaux changements entre temps. Ronnie Laws et Roland Bautista ont quitté le groupe, préférant se concentrer sur leurs carrières personnelles. Ils sont remplacés par l'ancien camarade d'école de Philip Bailey, Andrew Woodfolk, un saxophoniste élève du maître Joe Henderson qui s'apprêtait à une reconversion dans la finance, et les guitaristes Al McKay (emprunté au Watts 103rd St. Rhythm Band) et Johnny Graham, qui abandonne les fantastiques New Birth. Earth, Wind & Fire gagne également deux véritables succès avec « Evil » (n°50) et « Keep Your Head To The Sky » (n°53). Tout en perdant quand même la choriste Jessica Cleaves après ce second album. Qu'à cela ne tienne, la formation continue en 1974 avec Open Our Eyes, n°15 et premier Disque de platine du groupe. Avec un nouveau succès montant encore d'un grade au hit-parade, « Mighty Mighty » (n°29).

Etoile brillante

La véritable reconnaissance médiatique arrive avec la bande originale du film That's the Way of the World en 1975. Ce film de la même équipe qui avait travaillé pour Superfly trois ans auparavant (musique de Curtis Mayfield), Sig Shore en tête, relate le côté obscur au sein de l'industrie musicale, avec Earth, Wind & Fire jouant le groupe découvert par un Harvey Keitel qui produit leur premier album. Présent dans le film, « Shining Star » devient le véritable tube n°1, appuyé par la première véritable section de cuivres que l'ensemble pouvait enfin s'offrir.

Un nouveau frère White incorporé, Fred, batteur dans des clubs de Chicago pour Donny Hathaway ou Little Feat, une première tournée européenne avec Santana et c'est déjà l'heure d'un nouvel album pour Columbia. Ces séances studio de 1975 produisent « Sing A Song » et « Can't Hide Love », ce dernier étant écrit par Clarence « Skip » Scarborough qui écrira la plupart des succès d'Earth, Wind & Fire. Ce qui permet à Gratitude (novembre 1975), un double album composé pour la plupart d'extraits live de la tournée That's the Way Of The World de décrocher le statut de double Disque de platine, une première pour un groupe noir à l'époque. Maurice développe par ailleurs ses activités de producteur, lançant son label Kalimba Productions, d'après le nom de l'instrument qu'il affectionne, et signe Deniece Williams, ancienne affiliée au groupe Wonderlove assurant les choeurs pour Stevie Wonder, et The Emotions groupe de soul féminin. Chacun des choix se révéle judicieux, avec un Maurice White proposant des morceaux à ses artistes qui se révèlent de monstrueux tubes en puissance, comme « Free » ou « It's Gonna Take A Miracle » pour Deniece Williams, ou encore « Best Of My Love » pour The Emotions.

1976 arrive ainsi qu'un nouvel album, Spirit et l'imparable « Getaway » emprunté à Bobby Humphrey. Charles Stepney décède peu de temps après ce nouvel album d'une crise cardiaque à l'âge de 45 ans. Cela n'empêche pas la groupe de prendre une nouvelle dimension pyrotechnique sur scène, avec des shows remplis de pyramides volantes desquelles tous les membres du groupe descendent ou encore de guitaristes qui lévitent comme Al McKay, attirant au passage de plus en plus d'auditeurs. L'année suivante, All 'N' All qui apporte le tube « Fantasy » continue dans cette direction, avec une pochette mystique et des sujets métaphysiques, faisant de l'album le cinquième Disque de platine de suite.

Merveilleux boogie

C'est en 1978 que la reconnaissance des pairs devient concrète avec trois Grammy Awards. C'est cette même année que Maurice White et ses deux managers Cavallo et Ruffalo lancent ARC (The American Recording Company), distribué par Columbia, tout en ouvrant deux studios d'enregistrement Massenburg/ARC Studios et The Complex à Los Angeles. L'année se termine avec un nouveau succès, « September » (n°8), qui apparaît sur le premier volume de la compilation The Best of Earth, Wind & Fire qui ne peut s'empêcher de terminer double Disque de platine.

Philip Bailey est ensuite emprunté par Bobby Harris du Dazz Band, qu'il aide dans la production de leurs deux premiers albums (Kinsman Dazz et Dazz), apportant son expérience vocale acquise avec Earth, Wind & Fire. Ce qui n'handicape pas le septième album I Am d'effectuer une nouvelle percée dans les charts à l'été 1979. Le disque contient l'hymne disco représentatif de cette fin de décennie, le n°6 « Boogie Wonderland », qui se révèle diablement efficace au cours de la tournée automnale en Europe et au Japon. Satisfait de sa formule musicale, Maurice White emprunte son ensemble de cuivres (Don Myrick au saxophone, Louis Satterfield au trombone, Rahmlee Davis et Michael Harris à la trompette) pour ses autres productions en faveur des Emotions, Ramsey Lewis ou encore Deniece Williams. Le double album Faces en 1980, s'arrête au Disque d'or, et marque le départ du guitariste Al McKay qui se lance dans une carrière solo. Il est remplacé au pied-levé par son prédécesseur Roland Bautista qui apporte une touche plus rock au groupe.

Earth, Wind & Fire retrouve vite le Disque de platine avec Raise! en 1981, comportant l'incontournable « Let's Groove » (n°3) et « Wanna Be With You » qui remporte un Grammy Award l'année suivante. Dès lors, les parutions croissent à mesure que la qualité faiblit, comme c'est le cas avec Powerlight en 1983, suivi la même année par Electric Universe, rempli de synthétiseurs de toutes sortes. Maurice White dissout alors le groupe, déçu des ventes du dernier album. Pendant ce temps, Philip Bailey sort un second album solo, le best-seller Chinese Wall, comprenant un duo avec Phil Collins (« Easy Lover ») qui connaît une jolie carrière télévisuelle sur MTV. Phil Collins avait auparavant fait appel à la section de cuivres d'Earth, Wind & Fire pour l'album Mama de Genesis. Quant à Verdine White, il travaille ensuite plus en retrait, réalisant des vidéos musicales. Convaincus par Columbia, Philip Bailey et Maurice White reforment le groupe en 1987, utilisant les talents d'écriture de l'inconnu (à l'époque) Skylark, qui propulse Touch the World à la lisière du Top 30, solidement aidé par le hit « System of Survival » et l'hymne R&B « Thinking of You ».

Vétérans du funk

Après un Best of Earth, Wind & Fire Vol. II en 1988, le groupe continue de sortir de nouveaux albums. Heritage, leur dernier album pour Columbia en 1990, ou encore Millenium, sorti en 1993 sur Reprise/Warner. Au passage, EW&F récolte une Etoile sur Hollywood Boulevard le 15 septembre 1995, le groupe se déplaçant au complet pour l'évènement, puis entre au Rock & Roll Hall of Fame en 2000. Après le live Plugged In and Live (1995), Maurice White occupe le siège de producteur sur l'album studio suivant, In the Name of Love, paru à l'été 1997 chez Rhino. Le leader sort également deux nouveaux albums sur son propre label Kalimba Records : un live reprenant la tournée de 1980 (Live In Rio - 2002), et The Promise en 2003, premier album depuis six ans, reprenant quelques « chutes » de studio datant des séances d' I Am (« Where Do We Go From Here » et « Dirty »). La carrière serpentine d'Earth, Wind & Fire n'est pas arrêtée pour autant... A l'été 2004, la formation signe sur Sanctuary (Urban Records), label du père et manager de Beyoncé, Mathew Knowles, et propose Illumination (septembre 2005). L'année suivante, EW&F est nominé aux Grammy Awards dans la catégorie « Meilleur album R&B » (!) et dans celle des singles pour « Show Me the Way » en collaboration avec Raphael Saadiq. Le groupe poursuit encore ses activités, multipliant les récompenses musicales et autres tournées, performances pour des évènements prestigieux, à l'image des concerts avec le groupe Chicago. Pour la première fois sans Maurice White mais semble t'il avec son accord, Earth, Wind & Fire sort en septembre 2013 l'album Now, Then & Forever. Ce vingt-et-unième disque des pharaons du funk est bien accueilli aux Etats-Unis où il est onzième au Billboard 200. La version française du disque comprend un duo avec le fantaisiste Omar Sy, dont la chorégraphie sur « September » pour le film Intouchables avait valu une nouvelle popularité au titre en 2011.

Copyright 2014 Music Story DaBee

Abba

Abba
Abba est assurément l'un des groupes les plus populaires des années 1970. C'est à Stockholm en 1971 que les compositeurs Bjorn Ulvaeus et Benny Andersson s'associent à leurs compagnes Agnetha Falstskog et Anni-Frid Lyngstad-Fredriksson, afin de former un groupe centré sur les harmonies vocales, avec pour influences fondatrices les The Bee Gees, les The Beach Boys et les The Beatles. Le quatuor participe sans succès à l'Eurovision en 1973. C'est l'année suivante, avec Waterloo, qu'Abba connaît son premier tube international. Toutefois, il faut attendre Noël 1975 pour que le groupe décolle massivement avec Mamma Mia, tube planétaire qui inaugure cinq ans au sommet des hits parades du monde entier. Groupe de pop simple, aux mélodies imparables et aux harmonies vocales scintillantes, Abba incarne à perfection la douceur des années 70, séduisant le public mondial, de 7 à 77 ans, écrivant la majorité de ses morceaux, à l'exception d'une reprise de Neil Sedaka. Les albums comme "Arrival", "The Album," "Voulez Vous" et "Super Trooper "remportent des succès immenses. Le groupe devient même côté en bourse en Suède ! En 1981, "Winner Takes All" et son piano mélancolique devient le dernier numéro un du groupe, qui se sépare peu de temps après.

Donna Summer

Donna Summer
Originaire de Boston, Ladonna Gaines s'est fait connaître comme diva du disco sous le nom de Donna Summer au cours de la deuxième partie des années 1970. Après un apprentissage vocal au sein de divers groupes de rock locaux, elle part en Allemagne en 1968, chantant dans des versions locales de Hair et de Porgy & Bess, influencée à la fois par Diana Ross, Dionne Warwick et Judy Garland. Elle se marie avec l'acteur autrichien Bernard Sommer dont elle adoptera le nom sur scène. Elle signe alors sur Oasis, le label du producteur Giorgio Moroder. Love To Love You Baby en 1975 devient son premier succès international et reste le titre le plus emblématique de sa carrière disco. Ses grognements et gémissements font fureur et elle récidive en 1977 avec I Feel Love et Down Deep Inside, chanson thème du film The Deep. Le titre éloquent Let's Dance est un nouveau numéro un. Hot Stuff, Bad Girls et son duo avec Barbra Streisand, No More Tears, en 1979, la consacrent diva absolue du disco. Après avoir quitté son label Casablanca, elle revient à des influences plus gospel, reflet de sa conversion religieuse, travaillant notamment avec Quincy Jones.

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None

Michael Jackson

Off The Wall

Off The Wall
Si ce n’est pas le premier album solo de Michael Jackson, Off The Wall est un nouveau départ pour l’artiste qui emboîte le pas du dsico pour créer son propre genre, un funk mutant servi par ses audaces vocales et la production sophistiquée de Quincy Jones.

Enregistré à l’automne 1978 avec l’appui de Quincy Jones, compositeur et arrangeur prolifique venu du jazz, l’album Off The Wall - le cinquième – de Michael Jackson brille de tous ses feux pour tout amateur de funk qui se respecte. Au sondage des disques de l’idole, c’est même celui-ci qui a la préférence des connaisseurs et critiques. Vous avez dit snobisme ?

Quoiqu’il en soit, en pleine explosion disco, Michael Jackson emprunte la voie royale et se différencie en ce qu’il a baigné dans la soul depuis son plus jeune âge, grandi avec le funk puissant de James Brown, volé la vedette à ses frères et travaillé sa voix pour en faire un instrument identifiable et excitant dans un registre haut-perché. Jackson Junior est aussi un redoutable compositeur qui sait mettre l’instinct au devant de l’écriture.

Quand à cette intuition s’ajoute un producteur diabolique dont les idées fusent à la vitesse de la lumière doublé d’un as de la construction harmonique, cela donne le plus merveilleux album de funk sophistiqué qui soit. L’incroyable « Don’t Stop ‘Til You Get Enough », rouleau-compresseur millimetré, réunit tous ces ingrédients dans un déluge à donner le tournis. Quand Giorgio Moroder rencontre le funk cuivré de Earth, Wind & Fire et la Philly Soul, ils ont des choses à se dire : « Burn This Disco Out ». Son auteur, l’Anglais Rod Temperton (ex-Heatwave), est un spécialiste des boogie fiévreux et classieux comme le « Rock With You » qu’il offre ici en second tube de l’album.

Sur le versant pop qui fait de Off The Wall un disque de crossover, les ballades « I Can’t Help It » (lumineuse et reconnaissable touche de Stevie Wonder), « She’s Out Of My Life » et la chanson « Girlfriend » livrée par Paul McCartney savent rester intéressantes par leur sens mélodique échappant à la mièvrerie.

Album riche en détails et à la production scintillante, l’indémodable Off The Wall offre un avenir visionnaire au funk. Michael did it.

None

Cerrone

Hysteria

Hysteria
A l’aube des années 2000, en dépit des ses immenses light-shows à la façon de Jean-Michel Jarre, Marc Cerrone passait globalement pour un gentil dinosaure survivant d’une époque révolue.

Cependant, grâce à l’album que Bob Sinclar lui consacra, le roi du disco put connaître un second souffle et surfer sur la vague du revival pour exister à nouveau par lui-même.

Hysteria, dont la pochette en forme de clin d’œil à Electric Ladyland (Jimi Hendrix) fut censurée dans de nombreux pays (du fait de l’exhibition de corps féminins nus) fut le signe annonciateur du retour d’un « vieux de la vieille » du disco.

Un peu facile, l’album n’est certes pas aussi exigeant que les compositions antérieures de Cerrone, mais il n’en reste pas moins une pièce maîtresse dans le style house-funk-néo-disco. Lorgnant clairement du côté des DJ’s les plus récents (on pense immédiatement à Daft Punk à l’écoute), Hysteria s’inspire de la nouvelle scène French touch pour exister.

None

Chic

C'est Chic

C'est Chic
Le premier des deux vrais classiques absolus de Chic, l'autre étant bien sûr Risqué. A l'époque, même ceux qui étaient a priori peu sensibles à ce genre de musique (mais de quel genre s'agit-il, au juste ?) ne purent que s'emballer, Rodgers et Edwards resplendissant d'intelligence et d'inventivité sur ce disque terriblement dansant où on ne trouve que peu de morceaux, mais que du bon.

« Chic Cheer », apparemment inspiré par le célèbre « Fish Cheer » de Country Joe McDonald, précède le tonitruant « Le Freak », chouchou absolu des radios et des dancefloors dès la seconde de sa sortie, avec ses paroles nonsensiques à souhait. Le bien nommé « Savoir-Faire » (face B du 45-tours d’époque) montre qu'il n'y a pas qu'un bassiste doué dans ce groupe, il y a aussi un guitariste nommé Nile Rodgers qui fait des merveilles en solo quand il s'y autorise, la concision et l'économie étant d'ordinaire ses règles de conduite. Sur « Happy Man », nouveau récital Bernard Edwards, on remarque la voix chaude de Luther Vandross en invité de luxe, les délicieuses Alfa Anderson, Diva Gray et Luci Martin se lâchant à leur tour sur « I Want Your Love », qui fera au début des années 90 le bonheur de Paul Rutherford (de Frankie Goes To Hollywood) en solo : ici, tout le monde est touché par la grâce, que ce soit Nile Rodgers avec ses rythmiques chatouilleuses et toutes ses idées de production (avec les cloches tubulaires de Jose Rossy et des cuivres) et cette basse!

On pourrait n'entendre qu'elle sur tout le disque et y prendre un plaisir indescriptible. Ensuite, une ballade d'une moiteur et d'une sensualité affolantes permet de ressortir les violons de « Le Freak », c'est « At Last I Am Free », qui sera repris quelques années plus tard par l'improbable Robert Wyatt en personne. Et puisqu'il est dit que tout le monde aura droit à son morceau de bravoure, c'est Tony Thompson qui porte sur ses seules épaules l'irrésistible « Sometimes You Win » avec son jeu de batterie digne d'une boîte à rythme humaine. Après cela, le quasi-instrumental « (Funny) Bone » termine la marche dans les rires et la bonne humeur (du moins en apparence), avec ce message qui ne se discute pas : « Le monde entier est un cirque, n'en soyez pas le clown ! »

Surtout si c'est un cirque à la Tod Browning, tel que montré dans son film-chef-d'oeuvre, nommé... Freaks.

Frédéric Régent

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