Né Ramble John « RJ » Krohn le 27 mai 1976 à Eugene (Oregon), Rjd2 a commencé sa carrière de DJ à Columbus (Ohio) en 1993. Il sort d'abord Your Face Or Your Kneecaps en 2001, album de mixes rap. Rjd2 collabore avec de nombreux rappeurs underground, à qui il apporte la brillance de ses instrumentaux.
Variété de styles
Ces différentes expériences l'entraînent à sortir un premier album, Deadringer en 2002. Rjd2 joue très vite sur la variété de styles, il incorpore des éléments de musique électronique à son rap, ainsi que divers samples de rock. Since We Last Spoke en 2004 se rapproche d'une écriture conventionelle, avec une vraie structure de chansons, tout en restant attaché à ses racines hip-hop. Magnificent City Instrumentals en 2006 contient avec « A Beautiful Mine » le futur générique de la série parodique Mad Men.
Grand talent
The Third Hand arrive en 2007, Rjd2 s'essaie à poser des vocaux sur des rythmiques de plus en plus jouées et plus simplement samplées. Le résultat se rapproche d'une veine à la Amon Tobin ou Wax Tailor, soit une pop electro avec des relents hip-hop. Un mélange parfaitement réussi, une musique en constante évolution par un DJ/producteur de grand talent.
Après une successions de sorties (raretés et inédits) et la création du label Electrical Connections, le nouvel album The Colossus fait la synthèse de ses différents styles, avec une pléiade d'invités : Kenna de Star Trak, Phonte Coleman (Little brother), Aaron Livingston, The Catalyst, Illogic et NP.
Maître des sons et des ambiances, RJD2 signe en 2006 Magnificent City Instrumentals qui se plaît à varier les tempos. Le Instrumentals du titre est d'ailleurs légèrement erroné, les très funky « Fire » et « Disconnected » comportant bien des parties vocales, « Fire » possédant même une forte ligne chantée.
« All for U » est typique du style hip-hop electro de RJD2, avec le petit swing en plus qui évite la monotonie, « Mooore » est ludique et divertissant, « Supahero » est plus dense et indique la direction que RJD2 prendra sur ses albums suivants. Magnificent City Instrumentals est ainsi, pluriel et inégal, avec un RJD2 visiblement d'humeur festive. L'album ne serait pas resté dans les annales sans la présence de l'ultime plage « A Beautiful Mine » qui devient en 2007 le générique de la série Mad Men.
Magnificent City Instrumentals est à prendre pour ce qu'il est, un album de transition ou RJD2 semble se délasser sur des rythmes joyeux des couleurs plus dense qu'il a l'habitude de côtoyer.
Producteur extra ordinaire, le DJ de Philadelphie délaisse ses productions et remixes pour la crème des stars de la musique qui groove le temps de concevoir un EP six titres, à l'appellation en forme de programme.
Le titre initial et programmatique invite Nicky Da B à poser des vocaux en forme d'appels / réponses pour un maelstrom rythmique et joyeux. Entre bounce et dubstep, et finalement au delà des chapelles, remplis de beats concassés et de voix féminines trafiquées, les morceaux ici proposés se veulent avant tout sexy et roboratifs, avec des stridences et des effets à foison.
On prend un virage à la Usain Bolt dans un 200m vers un dancehall échevelé dans « Move Around », musclé par Elephant Man et GTA qui parfument de Jamaïque cette fusée démarrant par un bruit de percolateur. Wesley Pentz, alias Diplo, a une mission : expérimenter, tenter et réussir à mélanger des éléments disparates pour leur donner un sens. C'est ce qu'il fait dans un déluge d'electro tumultueux, offrant de quoi faire monter la pression dans les clubs de la planète, dont « No Problem » ou « Set It Off » devraient faire l'ordinaire des nuits d'été.
Compilation de remixes de l'infatigable Diplo, il s'agit plutôt ici d'un cours de rattrapage pour ceux qui sont passés à côté de cette vague de mash-up consistant à coller les plus improbables instrumentaux par-dessus les voix de votre groupe de pop rock tendance préféré.
Rien en effet d'original ne ressort de l'?uvre pour les oreilles initiées, les mêmes synthés fades et caisses claires anémiques usés et recyclés pour autant de compositions similaires par autant de « remixeurs ». Le travail semble en effet légèrement bâclé à l'écoute de « Harder Better Faster Stronger » de Daft Punk, version Diplo : une boucle du morceau original collée par-dessus un instrumental dans la meilleure tradition de la Baltimore club music, et l'affaire est pliée. « Where Is Home ? » de Bloc Party ne bénéficie pas d'un meilleur traitement. Quelques exceptions cependant, avec le remix de M.I.A. et un « Paper Planes » déjà réussi qui bénéficie de nouveaux capitaines de bord en la personne de Bun B et de Rich Boy. Ou encore « Solta O Frango » des petits protégés Bonde Do Role. Voire ses compositions personnelles plutôt originales comme les très percussifs « 200 », lorgnant vers Gang Gang Dance, ou « Way More Brasil », qui aurait pu sortir deux décennies plus tôt en en pleine période garage grande bretonne.
Un retour à la composition des débuts entre deux nouvelles révolutions sonores ne serait donc pas forcément une mauvaise idée.