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Toumani Diabate

Toumani Diabate


Famille de musiciens

Toumani Diabaté est né le 10 août 1965 à Bamako (Mali). Soixante et onzième génération de musiciens, il a appris très jeune, dès l'âge de cinq ans, à jouer de la kora, en apprentissage de l'instrument auprès de son père Sidiki, et perpétuant de ce fait une ancestrale tradition familiale. Sidiki Diabaté fut en effet considéré jusqu'à sa disparition (1996) comme le roi de la kora, à parité avec l'un des plus grands griots de la musique mandingue, Lamine Konté. Enfant encore en bas-âge, Toumani est atteint de la polio : cette maladie, et une erreur de traitement, le fait aujourd'hui se déplacer avec difficulté, et uniquement à l'aide de béquilles. D'un point de vue musical, influencé par les multiples voyages de son père, Diabaté a nourri son style, non seulement des profondes racines de la tradition malienne, mais également de notules empruntées au flamenco, ou au jazz. Cette ouverture d'esprit, et de pratique trouvera sa parfaite acception lorsqu'il donnera à Amsterdam un concert en compagnie d'une harpiste classique. Encore enfant, il se produit dans les écoles. A treize ans, Diabaté participe à la Biennale du Mali avec l'Ensemble de Koulikoro, qui remporte le prix du meilleur orchestre traditionnel. Il rallie alors l'Ensemble National du Mali. A l'âge de dix-neuf ans, il est désormais, en compagnie des jeunes turcs de la scène malienne, l'accompagnateur de Kandia Kouyate, plus grande griotte - et plus puissante - que l'Afrique de l'ouest ait connue.

Un instrument et un musicien, ensemble

1989 voit les débuts discographiques de Toumani Diabaté (de passage à Londres pour accompagner le chanteur Ousmane Sacko) : l'album Kaira est renommé comme le tout premier album de kora en solo à être édité. L'africain y démontre ses qualités d'improvisateur, son extraordinaire capacité à élaborer de riches climats musicaux toujours changeants, et il devient quasi instantanément une vedette internationale, qu'on réclame partout.

Simultanément, Diabaté édite un autre album en compagnie du groupe espagnol Ketama (deux frères et un cousin qui commencent à faire parler d'eux au royaume du flamenco gitan), et du contrebassiste britannique de jazz et de folk Danny Thompson (ancien leader de Pentangle, et compagnon de beuveries du mythique chanteur Nick Drake) : ce groupe multi-culturel, Songhai, et son premier album éponyme, enregistré à Madrid, soulignent la grande capacité d'ouverture du griot, la célébration du plus petit dénominateur commun de trois cultures distinctes, ainsi que son partage par-delà les barrières linguistiques, politiques, ou géographiques, et connaissent également un franc succès. Les différents protagonistes de cette aventure se sont rencontrés lors d'un festival londonien, constatant bien vite que les palmas, claquements des paumes de mains symboles du flamenco, trouvaient de larges échos dans la musique africaine. Initialement prévue sans lendemain, l'aventure musicale du groupe connaîtra en 1995 un second volet (sobrement intitulé...Songhai 2).

Jeux sans frontières

Six années durant, Toumani Diabaté donne des concerts de par le monde, et se produit dans des festivals internationaux. Il devient le porte-parole induit de toute une génération de musiciens maliens, et le praticien le plus renommé de la kora. En 1992, le Symmetric Orchestra, mené par Diabaté, enregistre un disque (Shake the Whole World) réservé aux marchés malien et japonais. En 1995, est édité l'album Djelika, qui célèbre la rencontre avec le joueur de balafon (instrument proche du xylophone) Kélétigui Diabaté, ainsi qu'avec le jeune espoir Ba Sekou Kouyaté, joueur de ngoni. Malgré les sirènes du modernisme, Diabaté reste sourd aux exhortations des guitares électriques et des synthétiseurs, leur préférant une instrumentation traditionnelle, et acoustique. En 1996, il édite le tout premier CD-ROM consacré à l'art africain.

En 1999, il retrouve son ami de l'Ensemble National du Mali Ballaké Sissoko (autodidacte de la kora, ce dernier apprit seul la pratique de l'instrument, en opposition à son père, pourtant lui-même musicien célébré). L'enregistrement, un duo de koras délicieusement intitulé Nouvelles Cordes Anciennes, constitue un hommage aux pères des artistes, responsables trente années auparavant d'un disque intitulé...Cordes Anciennes. La même année, l'album Kulanjan célèbre la rencontre du joueur de kora avec d'autres artistes maliens (comme le chanteur Kassé-Mady Diabaté), mais également avec le chanteur et guitariste noir américain Taj Mahal (de son vrai nom Henry St-Claire Fredericks, ce New-Yorkais est le frère de Carol Fredericks, qui se produisit quelques années aux côtés de Jean-Jacques Goldman, avant de brutalement disparaître). En effet, Diabaté et Mahal se croisent dans un studio d'Athens (Géorgie), et constatent bien vite les points de convergence possible entre blues et musique malienne. Le disque est un authentique succès, et Diabaté et son groupe se produisent dans le monde entier afin de le promouvoir. En 2000, Diabaté enregistre aux côtés du leader de Blur Damon Albarn.

En 2003, il enregistre l'album Mali Cool en collaboration avec l'Américain et père du trombone free jazz Roswell Rudd (un disque où l'on retrouve des interprétations très personnelles d'un thème de Thelonious Monk, ou de...L'Hymne à la Joie de Beethoven). Il obtient la même année le Tamani d'or, récompensant le meilleur joueur de kora dans le monde. En 2004, il est le premier Africain à devenir lauréat du Zyriab des virtuoses, décerné par l'Unesco. En 2005, In The Heart Of The Moon, enregistré en compagnie d'Ali Farka Touré et Ry Cooder remporte le Grammy Award du meilleur album de musique du monde traditionnelle. Boulevard de l'Indépendance sort également en 2006. Il préside alors Mandinka Kora Productions, fondation en charge de la promotion de son instrument fétiche, parallèlement à sa fonction de professeur au Conservatoire des Arts et de la Culture.

En 2007, le joueur de kora est invité sur Volta, album de l'islandaise Björk, ainsi qu'à l'occasion de Red Earth, voyage musical malien de l'américaine Dee Dee Bridgewater. On évoque la rumeur persistante de sa toute prochaine collaboration sur le prochain album de Salif Keita (qu'il a déjà croisé dans les années 80). En 2008 sont éditées The Mandé Variations, deuxième album en solo absolu du musicien. La certitude reste que, figure musicale emblématique de son pays, Toumani Diabaté est devenu une icône malienne, régulièrement invité par son président à charmer des invités officiels. En ce sens, il a été nommé ambassadeur auprès de l'Onu pour le Sida. Toumani Diabaté est Chevalier dans l'Ordre National du Mali.

Copyright 2014 Music Story Christian Larrède

Baaba Maal

Baaba Maal
Baaba Maal naît le 12 novembre 1953 dans une famille de pêcheurs à Podor, village situé au nord du Sénégal, le long du fleuve. Après des études à l'Ecole des arts de Dakar, Baaba Maal débute sa carrière dans des troupes folkloriques avant d'effectuer un passage à Paris, en 1982, pour compléter sa formation au Conservatoire, et de tourner à travers l'Europe avec Mansour Seck.

Avec le Daande Lenol

En 1985, de retour au Sénégal, Baaba Maal fonde son groupe, le Daande Lenol, qui mêle les instrumentations traditionnelles et modernes. En 1986 et 1987, le Daande Lenol fait sa première tournée en Europe. En 1989, Baaba Maal se produit au New Morning et participe à l'album Passion (1989) de Peter Gabriel.

En solo

Baaba Maal enregistre alors ses premiers albums solos, Taara (1990) puis Baayo (1991), qui séduit l'Angleterre par la pureté de ces musiques fidèles à la tradition, suivis de Lam Toro (1993). C'est l'album Firin'In Fouta (1994), avec le titre « African Woman », qui permet à Baaba Maal de se faire connaître sur le plan international, accompagné du bassiste Jah Wobble, du guitariste Michael Brook et du claviériste Dave Bothrill.

En 1996, le chanteur est nominé au Grammy Awards dans la catégorie Musiques du monde, et son groupe Daande Lenol se produit en première partie de Carlos Santana au stade de Wembley (Royaume-Uni).

Entre tradition et modernisme

Produit par Brian Eno, Jon Hassell et Simon Emerson, l'album Nomad Soul (1998), avec un nouvel hommage à la femme peule (« Souka Nayo »), réunit le guitariste Mansour Seck, le percussionniste Alioune Diouf, ainsi que des artistes jamaïcains ou irlandais.

Après son Live at the Royal Festival Hall (2000), Baaba Maal retourne dans son pays et se consacre à des activités citoyennes, et y enregistre l'album Missing You (Mi Yeewi) (2001) qui marque un retour vers la tradition.

Activiste

Elu émissaire du Programme des Nations Unies pour le développement en 2003, Baaba Maal s'engage dans un programme de sensibilisation sur le SIDA. En 2006, Baaba Maal lance, au Sénégal, la première édition du festival Les Blues du fleuve.

Son album On the Road (2008) regroupe diverses prestations de l'artiste enregistrées en direct. Baaba Maal annonce un nouvel album intitulé Television (2009).

Thèmes de prédilection

Baaba Maal compose une musique inspirée du yela, une danse basée sur le rythme des pileuses de mil. Appartenant à l'ethnie toucouleur, il chante dans la langue des siens, le pulaar. Ses paroles rendent souvent hommage à la beauté de la femme africaine, à la richesse de la nature, à l'écrivain et historien malien Hampâté Bâ, ou évoquent les conflits ethniques ou des faits historiques.

Copyright 2014 Music Story Sophie Lespiaux

Manu Dibango

Manu Dibango
Emmanuel N’Djoké Manu Dibango voit le jour le 12 décembre 1933, à Douala (Cameroun). Ses parents sont originaires d’ethnies différentes (son père, fonctionnaire, est yabassi, sa mère, douala), ce qui ne convient pas à une société africaine structurée suivant des coutumes ancestrales). Sa famille, de confession protestante, lui fait quotidiennement fréquenter le temple, où sa mère dirige la chorale.

Passe ton Bac d'abord

Après des études primaires, l’apprentissage du français, et l’obtention du certificat d’études, on lui permet de suivre des études françaises, via la Sarthe, puis à Chartres et Reims, où il s’initie à la fois au jazz, à la mandoline, au piano, et au saxophone. C’est dans une colonie réservée aux petits camerounais que Manu croise Francis Bébey (futur et immortel créateur d’ « Agatha » et de « Si Les Gaulois Avaient Su… »).En guise de préparation au baccalauréat, Manu fréquente surtout les différents lieux de concerts de la ville (comme Le Monaco), et son père, ulcéré par son échec à la seconde partie de l’examen, lui coupe les vivres en 1956.

Histoire belge

Le musicien assure alors divers engagements à Bruxelles, où il rencontre celle qui devient son épouse, un mannequin surnommée Coco (avec laquelle il adoptera une petite Georgia, fille d’une cousine).Il se trouve à Charleroi, Ostende et Anvers (toutes lieux d’implantation des bases américaines), au moment de l’accession du désormais ex Congo Belge à l’indépendance (1960), et son inspiration plonge pour le coup au plus profond de ses racines africaines, grâce au contact avec les futures élites zaïroises.

Le twist

Dibango est par la suite engagé par le chef d’orchestre de l’African Jazz, Joseph Kabasélé Tshamala, dit Le Grand Kalle, père de la musique congolaise moderne, et qui accueille au sein de son ensemble rien moins que Tabu Ley Rochereau, ou Dr Nico. Le groupe enregistre des disques à succès (une quarantaine de titres, dans un studio bruxellois), et se produit partout en Afrique. En 1961, Manu et son épouse s’envolent pour Kinshasa et prennent en gérance une boîte, puis deviennent propriétaires d’un second établissement. C’est en 1962 et à Léopoldville que Dibango joue pour la première fois des airs de twist (« Twist à Léo ») devant une audience africaine : le succès est phénoménal.Néanmoins, alors qu’il espérait être en 1963 accueilli à bras ouverts dans son pays, le saxophoniste est meurtri de la réception camerounaise. Sa tentative de créer une nouveau lieu de nuit se solde en effet par une accumulation de dettes, des tracasseries administratives, et de multiples descentes de police.

Out of Africa

De retour en France, Manu crée son Big Band en 1967. C’est alors qu’il rencontre Victor-Hégésippe Gésip Légitimus, producteur de télévision qui vient de créer la série d’émissions Pulsations. A cette occasion, Gésip encourage le musicien à durcir son propos musical, et urbaniser son inspiration.Dibango travaille par la suite pour deux chanteurs croisés sur les plateaux de Pulsations : Dick Rivers, et Nino Ferrer (pour lequel il joue tout d’abord de l’orgue Hammond, puis du saxophone, finissant par diriger son orchestre).
Dès 1969, et après un premier enregistrement très jazz, le camerounais retrouve son public africain, en enregistrant des disques qui lui sont directement dédiés.

Soul Makossa

En 1972, c’est la face b d’un 45 tours qui fait le tour du monde : « Soul Makossa », plus gros tube continental de tous les temps, offre l’Afrique au monde occidental, et leurs origines aux musiciens afro-américains. Issu d’une danse traditionnelle – le douala - le makossa reste la musique emblématique des trottoirs des grandes villes camerounaises. Accolée au terme de soul (qui tricote ce lien magique et mélodique entre rhythm and blues, blues, et jazz), la danse aspire à l’universel : elle y parvient. Pour mémoire, il convient de noter que la face a de ce disque mythique n’est autre que l’hymne de la huitième Coupe d’Afrique des Nations…Dans cette déferlante, Manu occupe donc la scène de l’Appollo de Harlem, puis celle de l’Olympia de Paris, avant de s’envoler pour une tournée en compagnie des cubains de la Fania All Stars.

Monsieur le chef d'orchestre

A partir de 1975 et durant quatre années, le musicien dirige à Abidjan l’Orchestre de la Radio-Télévision Ivoirienne. Le 13 janvier 1976, le père de Manu décède, suivi quelques mois plus tard par sa mère.En 1978, il enregistre un album (Home Made) avec des musiciens nigérians, puis rallie la Jamaïque, pour des sessions (de l’album Gone Clear) aux côtés de la plus célèbre section rythmique du reggae, Sly Dunbar et Robbie Shakespeare.Au mois d’octobre 1979, le saxophoniste installe sa famille à proximité du cimetière parisien du Père-Lachaise. Il tente néanmoins en 1981 une nouvelle aventure commerciale à Douala, pour une nouvelle déconvenue financière.

L’Afrique, le jazz, le rap, le monde

En 1982, son album Waka Juju consacre le retour à l’afro-sound.En 1984, l’album Surtention (et la production de Martin Messonnier) offre une rencontre inédite entre tradition africaine, et hip-hop. En 1985, c’est en invitant Bill Laswell et Herbie Hancock qu’il met la dernière main à Electric Africa. La même année, il participe également à l’action humanitaire Tam Tam pour l’Ethiopie.En 1986, l’album Afrijazzy rassemble entre autres Paul Personne, le trompettiste Hugh Masekela, ou Ray Lema.Le 14 mars 1986, Manu Dibango est décoré de la médaille des Arts et Lettres par le ministre de la culture française, Jack Lang.En 1988, le Festival des Francofolies de La Rochelle (et Maxime Le Forestier, ou Nino Ferrer) organise la Fête à Manu (dont l’album Happy Réunion conserve le témoignage). Le camerounais publie alors son autobiographie (Trois Kilos de Café).

Toujours vert

Puis, les enregistrements se multiplient (les reprises des classiques du répertoire dans Négropolitaines, une musique plus aventureuse avec Polysonic, un Live 91, entre autres en souvenir du Printemps De Bourges).Dibango anime ensuite une émission de télévision (Salut Manu), découvreuse de talents.En 1992, Manu Dibango enregistre WakafriKa, catalogue des plus grands succès de la musique africaine, avec l’aide d’éminents artistes du continent. Se succèdent en effet Angélique Kidjo, Papa Wemba, Youssou N’Dour, Salif Keita, ou King Sunny Adé. Mais souhaitant jeter un pont éternel entre plusieurs cultures, Manu convie également Sinnead O’Connor, Manu Katché, ou Peter Gabriel, à le rejoindre. La même année, il se voit remettre une Victoire de la Musique pour le deuxième volume des Négropolitaines.

En 1996, l’album Lamastabastani est inspiré de la disparition de son épouse et muse Coco, l’année précédente.La compilation African Soul, the Very Best est éditée en 1997, et trois ans plus tard, le disque Mboa’su est empreint de la nostalgie du temps qui passe. Kamer Feeling (2001), B Sides (compilation d’anciens titres réenregistrés – 2002), un retour triomphal à Douala, un spectacle aux côtés de Ray Lema, la musique du film d’animation Kirikou et les bêtes sauvages (2005), et un album en hommage à Sydney Bechet et à une ville meurtrie – La Nouvelle-Orléans - (2007), démontrent que la créativité du septuagénaire reste intacte. Il est aujourd’hui le plus français des musiciens africains. A moins que ce ne soit le contraire.

Copyright 2014 Music Story Christian Larrède

Un sélection d'albums

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Peter Gabriel

Big Blue Ball

Big Blue Ball
Ceci n'est pas l'album perdu de Peter Gabriel. Ceci n'est pas même un album de Peter Gabriel, mais bien la concrétisation de la passion de l'ancien chanteur de Genesis pour les musiques du monde.

Big Blue Ball (la terre est bleue comme une orange, comme l'assénait Paul Eluard, même si l'iconographie renvoie plutôt à la sphère menaçante du feuilleton Le Prisonnier) est en fait un projet musical qui trouve sa genèse dans les différentes séances d'enregistrement qui, traditionnellement, se déroulent à l'issue du festival WOMAD, dans les propres studios du Britannique, quelque part du côté de Bath.

Dès 1991, en conséquence, se sont succédés plusieurs dizaines d'artistes (de presque autant de nationalités) dont le disque conserve l'écume. Après une ouverture (« Whole Thing ») assurée par le patron en personne, on retrouve ainsi, et tour à tour, l'Anglo-égyptienne Natacha Atlas, le congolais Papa Wemba, Joseph Arthur fils de l'Ohio, le batteur panaméen Billy Cobham, l'Irlandaise Sinéad O'Connor, le Londonien Jah Wobble, et beaucoup d'autres encore, pour le florilège d'un folklore inventé et humaniste.

Il est assez attendrissant d'entendre le son général évoluer d'une coloration progressiste, héritée des années quatre-vingt, à un rap tout à fait contemporain. Et on peut également mesurer l'empreinte de Gabriel sur tous ces artistes, définitivement plus celle d'un mentor, que d'un chef d'orchestre, pour des chansons où les invités poussent la courtoisie à moduler comme leur hôte. Intense satisfaction pour le fan, qui a donc attendu l'édition de Big Blue Ball plus de quinze années.

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Angelique Kidjo

Eve

Eve
A une époque où la majeure partie de la musique se conçoit dans le confort des studios, la Béninoise Angélique Kidjo a en quelque sorte pris le contrepied dans l'élaboration d'EVE. Munie comme seul support technologique d'un enregistreur portatif à six pistes, elle a parcouru durant trois ans le continent africain d'est en ouest et du nord au sud pour y enregistrer des chants de femmes, principalement issus de chorales de villages. Cette plongée dans la tradition et l'authenticité se double évidemment d'un propos plus large que le titre de l'album laisse supposer.

S'il est aujourd'hui reconnu grâce à la science et aux recherches sur l'ADN humain, que toute l'humanité possède bien des racines africaines, alors EVE en tant que première femme est bien issue du continent noir. Ses descendantes les plus directes sont aussi à l'heure actuelle les premières victimes des nombreuses vicissitudes qui touchent l'Afrique. C'est pour rendre hommage à ces femmes et à ces mères qui souffrent qu'Angélique Kidjo a décidé de transmettre leurs voix.

EVE n'est cependant ni un disque de musiques traditionnelles, ni un disque ethnique, mais bien un album de world music tel que l'entendent les anglophones. Le disque a d'ailleurs caracolé en tête des charts dédiés à la musique du monde lors de sa sortie en janvier 2014 outre-Atlantique. Angélique Kidjo se sert du matériel recueilli lors de ses voyages comme d'une base pour une musique tout à fait actuelle, transfigurée au gré de l'inspiration de quelques invités de marque.

Pour surprenante qu'elle soit, la présence du piano de Dr. John sur « Kulumbu » ramène le blues du bayou à ses bases forcément africaines. Les chants polyphoniques d'« Ebile » sont habillés par les cordes de Kronos Quartet qui entrent en compétition avec différentes percussions. La guitare de Rostam Batmanglij vient souligner l'allégresse de « Bomba », morceau fait pour danser comme les affectionne Vampire Weekend. Ajoutons à ces présences celles continuelles de la section rythmique Chris Jordan (batterie) et Christian McBride (basse), d'Asa pour le duo « Eva » et de la propre mère de la chanteuse sur « Bana » et l'on aura une vision plutôt complète d'un disque qui mérite sans sourciller le qualificatif d'exceptionnel.

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Angélique Kidjo

Õÿö - Deluxe Edition [+ 5 titres bonus + Livret Digital]

Õÿö - Deluxe Edition [+ 5 titres bonus + Livret Digital]
Á l’aube de la cinquantaine, la Béninoise Angélique Kidjo poursuit avec constance une démarche intègre qui, depuis ses débuts artistiques parisiens – donc, internationaux – en 1983, l’a conduite à choisir de ne pas choisir entre ses différentes amours musicales. Õÿö, à la fois désignation de plusieurs sites ou cités d’Afrique de l’Ouest, et d’un groupe ethnique, ne constitue en effet pas uniquement un hommage induit à l’enfance africaine de la chanteuse, mais compile également ses goûts, aussi divers que variés, pour la soul music, la musique africaine, ou orientale. Produit par la star en personne (et son époux, le musicien Jean Hébrail), et arrangé par le guitariste béninois Lionel Loueke (qui, après des études au Berklee College of Music, a croisé la route de rien moins que le contrebassiste Charlie Haden, ou de la trompette étincelante de Terence Blanchard) se feuillette comme un livre de souvenirs.

Cet album offre en effet, outre quelques thèmes traditionnels (dont le magnifique « Zelie », de celle que l’on surnommait L’Étoile filante, la Togolaise Bella Below, en ouverture), de nombreux standards de soul. On relève ainsi la présence d’un très liturgique (et interprété en yoruba) « I’Ve Got Dreams to Remember » emprunté au répertoire d’Otis Redding, de l’hypnotique « Cold Sweat » de James Brown, ou d’un « Move On Up » fer de lance du regretté Curtis Mayfield.

Plus surprenante reste la présence des partitions très internationales du « Samba Pa Ti » de Carlos Santana (sur laquelle Kidjo greffe quelques vers, ce qui reste parfaitement légitime, dans la mesure où elle a, à maintes reprises, croisé sur scène le guitariste latino), de la « Petite fleur » (ici en français dans le texte), imaginée par le plus français des clarinettistes américains Sydney Bechet, voire du thème principal du film Out of Africa. Et c’est peu dire de l’envoûtante mélodie empruntée à un film indien, dont la chanteuse fait sienne les ondoiements.

Plus prosaïque, la grande dame de la chanson africaine rend également hommage à celle qui lui donna envie de se lancer dans la chanson, l’immense Miriam Makeba, dans une reprise de « Mbube », que ne dédaignait pas Harry Belafonte, et dont on peut considérer à minima la mélodie comme source d’inspiration du « Lion est mort ce soir ».

De plus, Õÿö prend parfois la tournure d’une réunion d’un gotha artistique : Dianne Reeves rejoint Kidjo pour une version désarticulée et pleine d’âme du « Baby I Love You » d’Aretha Franklin, et on relève également la participation du trompettiste Roy Hargrove (roi de la fusion entre jazz et funk), ou du chanteur John Legend, en perdreau de l’année. En seize thèmes, Angélique Kidjo fait revivre la petite fille qu’elle était, et démontre, malgré son exil new-yorkais, les Grammy Awards qui l’honorent, et la reconnaissance internationale, qu’elle n’oublie en rien ses racines.

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