None
Après avoir salué affectueusement ses racines siciliennes, rendu hommage à Luis Mariano, et plongé avec ravissement dans le monde merveilleux de la langueur afro-cubaine (Latino) tout en connaissant pour l'occasion un indéniable succès populaire, Roberto Alagna distille un nouvel opus de musique légère - mais profonde - en retrouvant la chaleur sensuelle de l'Amérique latine et un répertoire d'incunables. Rappelons qu'après tout, le Sicilien de Paris peut légitimement revendiquer une origine argentine par sa grand-mère maternelle. Et reconnaissons également en préambule au ténor une fièvre de travail tout à fait remarquable (troisième référence sous son nom cette année !), et un goût assuré pour la chanson populaire, genre souvent méprisé dans l'univers étroit du lyrique.
Pasión a été placé sous la supervision d'Yvan Cassar, dont on conserve un souvenir ému pour sa réalisation de l'ultime album de Claude Nougaro, et qui, outre ses collaborations avec Montserrat Caballé ou José Carreras, avait en 2008 déjà ?uvré au côté d'Alagna pour le compte de l'opus Sicilien. Comme à l'accoutumée en ce qui le concerne et dans pareille entreprise, Cassar a opté pour le juste ton du minimalisme, distillant des arrangements en écho fidèle aux orchestrations initiales, à mi-chemin de la plus extrême des sensualités et d'une dramaturgie latente.
Il est en cela naturellement aidé par un choix de répertoire particulièrement référencé : l'album inclut en effet une version du « Piensa en Mi » dont Pedro Almodóvar avait fait son miel pour la bande originale de Talons aiguilles, alors sublimé par la voix hantée de Luz Casal. Répondent également à l'appel quelques standards absolus du genre (« Quizás, Quizás, Quizás » ou « Besame Mucho »), ou d'autres partitions fameuses encore, signées du légendaire Carlos Gardel. L'une des pièces de choix de la sélection laisse figurer une version complètement épatante d' « Historia de Un Amor » (merveille panaméenne particulièrement goûtée en Chine, et elle aussi jadis interprétée par la Casal) : ici, Alagna a choisi d'interpréter la chanson en duo avec la bouleversante Lila Downs, ardente chanteuse mexicaine s'il en est, pour un intense moment d'émotion et de déchirement.
Et puis, il y a le maestro : naturellement confortable dans ce répertoire, Roberto Alagna nous prend par la main pour une promenade que l'on souhaiterait sans fin au mitan des boleros et autres tangos. On ne dira rien, de toute évidence, d'une technique naturellement sans failles. En revanche, c'est un authentique ravissement de constater dans quelle symbiose se retrouvent mélodies et chanteur, ce dernier particulièrement en phase avec un art où le déhanchement sensuel le dispute en permanence à l'émotion.
Critiqué par les garants de l'orthodoxie (qui fustigent à tour de bras son goût du cross-over), Roberto Alagna offre ici un périple de générosité, de musicalité, et de sentimentalisme. Ce qui résume assez bien ce dont a besoin notre époque.
Copyright 2011 Music Story
None
Sur le disque Amoureuses (2008), accompagnée par le Concerto Köln dirigé par Daniel Harding, Patricia Petibon réunit de grandes héroïnes d’opéras de Gluck, Mozart et Haydn, dressant un tableau de figures aux tempéraments variés.
Abordant des rôles aussi différents que la tendre Barberine dans Les Noces de Figaro de Mozart, la contemplative Euridice dans Orphée et Euridice de Haydn, ou l’Armide de Gluck, vaincue et au désespoir, Patricia Petibon dévoile une vaste palette émotionnelle et ses talents de tragédienne.
Démontrant une virtuosité époustouflante dans l’air de La Reine de la nuit, elle colore subtilement toutes les inflexions redoutables de cet air de bravoure où se révèle particulièrement son timbre cristallin et perçant dans les aigus. Les quelques passages dans les tessitures graves ravissent par leurs couleurs chaudes et émouvantes.
Patricia Petibon se distingue par son goût pour le chant senza vibrato, ou dosé avec parcimonie et subtilité, dégageant alors une grande pureté.
Copyright 2011 Music Story
None
Sur le disque Amoureuses (2008), accompagnée par le Concerto Köln dirigé par Daniel Harding, Patricia Petibon réunit de grandes héroïnes d’opéras de Gluck, Mozart et Haydn, dressant un tableau de figures aux tempéraments variés.
Abordant des rôles aussi différents que la tendre Barberine dans Les Noces de Figaro de Mozart, la contemplative Euridice dans Orphée et Euridice de Haydn, ou l’Armide de Gluck, vaincue et au désespoir, Patricia Petibon dévoile une vaste palette émotionnelle et ses talents de tragédienne.
Démontrant une virtuosité époustouflante dans l’air de La Reine de la nuit, elle colore subtilement toutes les inflexions redoutables de cet air de bravoure où se révèle particulièrement son timbre cristallin et perçant dans les aigus. Les quelques passages dans les tessitures graves ravissent par leurs couleurs chaudes et émouvantes.
Patricia Petibon se distingue par son goût pour le chant senza vibrato, ou dosé avec parcimonie et subtilité, dégageant alors une grande pureté.
Copyright 2011 Music Story