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Spécialiste du répertoire romantique et plus particulièrement de Chopin et de Liszt, Cyprien Katsaris n'a pas toujours obtenu la mansuétude de la critique malgré quelques récompenses de poids comme les trois Grands Prix du Disque décernés par l'Académie Charles-Cros. Cet enregistrement de septembre 1984 reparu en 2011 permet de remettre les pendules à l'heure et de constater qu'à l'époque comme sur les derniers enregistrements (Katsaris Plays Liszt Vol. 1), le pianiste chypriote n'a rien perdu de sa technique qui dans la décennie soixante-dix lui a valu de remporter plusieurs concours de renom.
Constitué principalement des Harmonies poétiques et religieuses S. 173 composées entre 1846 et 1850 et des quatre Méphisto-Valses plus tardives, le programme est aussi alléchant que réussi grâce au toucher sûr et virevoltant d'aisance d'un Katsaris enflammé par la partition. On pourra reprocher le tempérament éxubérant de sa Méphisto-Valse n°1, mais le beau diable s'en tire merveilleusement dans la N°2 (la plus connue) et la dernière.
La suite de l'enregistrement formée de la Bagatelle sans tonalité S. 216a (superbe), de la Méphisto-Polka (légère et flottante) et des Variations sur Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen S. 180 (intenses) montre un technicien à la hauteur de sa réputation lisztienne, non usurpée.
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Pianiste rattaché au répertoire romantique, le Francilien Laurent Cabasso est aussi connu pour son amour de Prokofiev qui en 2004 lui avait valu un Diapason d'or. Celui qui dit être fasciné par les Variations Diabelli de Beethoven depuis l'adolescence voit enfin son souhait matérialisé par cet enregistrement.
Et quel enregistrement ! Car il s'agit là d'une interprétation digne des plus grandes. Le corpus de trente-trois pièces composées vers 1823 d'après une Valse proposée par l'éditeur Anton Diabelli a connu des moments glorieux sous les mains de Claudio Arrau, Sviatoslav Richter, Alfred Brendel ou Maurizio Pollini. Que de grands noms auxquels a succédé plus récemment Piotr Anderszewski, en 2001. La version Cabasso de 2011, profondément mûrie et inspirée, peut désormais s'inscrire dans cette lignée.
Non seulement le pianiste professeur au CNSM de Paris respecte avec soin chaque détail de la partition, mais il insuffle ce sentiment de fraîcheur manquant à bien d'autres adaptations, et non des moindres (la version Kovacevich de 1968 et celle de Pascal Rogé utilisée dans Le Camion de Marguerite Duras paraissent en comparaison assez datées). De manière ambitieuse, le programme d'ores et déjà engageant est complété par la Fantaisie Wanderer de Schubert, éditée par Diabelli la même année, délivrée ici de manière impériale comme Alfred Brendel vingt ans auparavant.
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Parmi toutes les oeuvres qui ont fait la gloire de Yehudi Menuhin, ce receuil de Sonates et Partitas pour violon seul BWV 1001-1006 de Johann Sebastian Bach est sans doute celui qui reste le plus emblématique auprès des admirateurs du violoniste comme des mélomanes les plus exigeants.
A mille lieues des compilations pour îles désertes regroupant des pièces aussi virtuoses que connues du grand public, cet enregistrement historique mérite son appelation de référence - dans le sens où elle est inégalable. Sur un double CD restauré à merveille figurent les trois Sonates BWV 1001, BWV 1003 et BWV 1005 et les trois Partitas BWV 1002, BWV 1004 et BWV 1006, tout simplement exemplaires. Interprète privilégié de Bach, Menuhin demeure le musicien qui a su ressentir et délivrer au mieux les architectures complexes du maître de Leipzig.
Le plus étonnant reste sans doute que le violoniste a saisi l'essence de ces partitions dès ses débuts, et que cette interprétation, intense, vive et dramatique, fut sa première et définitive.
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