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Le Grec Leonidas Kavakos n'est pas le violoniste le plus connu ni médiatisé. Il ne fait pas les unes des magazines ni n'encombre les rubriques de presse, télévision et radios. Cet authentique virtuose lauréat de compétitions réputées comme le Concours Jean-Sibelius à Helsinki ou le Concours Paganini de Gênes est pourtant l'un des plus remarquables solistes de sa génération (il est né en 1967).
Son début de carrière fulgurant, marqué par un Gramophone Award pour son interprétation du Concerto pour violon de Sibelius, s'est ensuite confirmé à la Camerata de Salzbourg qu'il a dirigée entre 2001 et 2009 et au disque, du label indépendant Bis à la major Sony. Ce premier récital pour Decca réalisé avec le pianiste italien Enrico Pace (un autre musicien de haut rang aussi discret) montre tout l'art de Kavakos de ne pas trop en faire et de laisser son archet chanter les louanges à sa place. Le programme constitué des dix Sonates pour violon et piano de Beethoven réparties sur trois disques est déjà en soi un événement, tant par la performance de réunir ces pièces d'une durée totale de quatre heures que par le niveau de musicalité atteint par le duo.
Les deux oeuvres les plus connues, la Sonate n°5 opus 24 dite du « Printemps » et la Sonate n°9 opus 47 dédiée à Kreutzer (qui ne voulut pas la jouer !) rayonnent littéralement de plaisir d'être ainsi traitées avec délicatesse et en de si bonnes mains. Dans l'Allegro de la première pièce, l'archet de Kavakos tangue doucement avant de s'envoler sur le duo avec le piano, sans une trace de quelconque gêne ou aspérité. Dix minutes d'un chant merveilleux qui se poursuit avec tendresse dans l'Adagio et ferveur dans le Scherzo et le Rondo final. Il en est de même pour la « Kreutzer » où la virtuosité n'exclut pas la profondeur d'expression dans les trois mouvements imposants de la sonate majeure. L'Adagio sostenuto tempête pour de bon, le contraste avec l'Andante con variazioni est respecté et le Presto grimpe comme il se doit jusqu'à l'exténuement des deux parties.
Ces réussites ne doivent pas occulter les huit autres sonates dont un charme particulier se dégage pour chacune d'entre elles, en particulier la Sonate n°8 opus 30-n°3 et ses deux mouvements Allegro. Tel duo soudé et en parfaite entente, de bonne connaissance l'un de l'autre, conduit à inscrire cette interprétation parmi les meilleures de la période moderne, au côté de celle réalisée par Gidon Kremer et Martha Argerich, après les versions historiques indélébiles d'Arthur Grumiaux et Clara Haskil et de Wilhelm Kempff avec Yehudi Menuhin. Un voyage au sommet des cieux de la musique classique.
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Eric Le Sage dit avoir commencé à aimer vraiment Schumann à vingt ans, et s'est rapidement mis en tête d'interpréter l'intégrale des oeuvres pour piano. Ce projet est en bonne voie de se concrétiser avec ce sixième volume et nul doute qu'il sera conclu comme il le prévoit fin 2010, car voici un pianiste qui en plus d'être doué, très doué, est persévérant.
Le pianiste aixois, lauréat de plusieurs prix d'interprétation dont le fameux Concours Leeds en 1990, se révèle à la hauteur de ses ambitions avec ce programme pour le moins difficile comprenant les fameuses Kreisleriana opus 16 (I-VIII), un cycle de fugues (Vier Fugen opus 72, I-IV) et la Fantasiestücke opus 12 (I-VIII). Eric Le Sage saisit à merveille les instants de grâce de ces partitions et sur cette seule première partie, se montre impérial de lyrisme et de rigueur.
La seconde partie comportant des pièces moins connues mais tout aussi ardues : Six études en forme de canon pour piano à pédalier (transcrite par Debussy), les six impromptus Bilder Aus Osten opus 66 (rarement joués) et le cycle Waldscenen opus 82. Sans trop de virtuosité, le pianiste apporte les respirations nécessaires et transmet toute l'attention portée à des compositions loin d'être subalternes. Enfin, il faut souligner la prise de son bien équilibrée, essentielle dans ce type d'exercice, réalisée par le label Alpha qui voit là une entrée magnifique à son catalogue. Vivement recommandé à tout schumannien qui se respecte.
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Depuis 2001, date à laquelle la charmante trompettiste Alison Balsom est devenue musicienne professionnelle et enseignante à la Guildhall School of Music, elle rafle tout sur son passage, distinctions comme albums à succès.
Ce troisième album Caprice ne fait pas exception. La brillante révélation des BRIT Awards de l'an dernier propose un florilège étendu de son répertoire comprenant des pièces connues de Mozart comme le Rondo alla Turca (transcription de la Sonate pour piano K. 331) et un extrait de La Flûte Enchantée, ou un magnifique Caprice n°24 de Paganini qui donne son titre au recueil.
Ceci est pour la mise en bouche, car le programme devient plus ambitieux en alignant une série de Siete Canciones Populares Espanolas signées Manuel de Falla, constituée de séguedille, cancion, jota ou asturiana. De jolies pièces méconnues. La blonde anglaise fait également des merveilles dans la transcription du Concerto pour violon n°1 BWV 1041 de J.S. Bach, son compositeur fétiche.
Plus étonnant encore est ce Libertango d'Astor Piazzolla, mettant un pied dans la musique populaire, prêt pour devenir un nouveau "tube du classique". Les pièces orchestrales jouées par le Gothenburg Symphony Orchestra sont dirigées par son boyfriend Edward Gardner.