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Otto Klemperer trouve de nombreux exégètes à son art de diriger un orchestre, que ce soit dans le Requiem allemand de Brahms, la Missa Solemnis, l'opéra Fidelio et les symphonies de Beethoven, les symphonies de Bruckner ou le Songe d'une nuit d'été de Mendelssohn, les meilleurs moments étant ceux passés avec le Philarmonia de Londres. C'est justement avec cet orchestre que le chef allemand reprend de sa superbe dans une oeuvre qu'il connaît parfaitement pour l'avoir jouée dans une réduction au piano devant son compositeur avant de la conduire à ses débuts dès 1905.
Composée entre 1888 et 1894, la deuxième symphonie de Gustav Mahler est présentée au public berlinois l'année suivante et enregistrée pour la première fois en 1924. D'obédience panthéiste comme la précédente et la suivante, elle s'achève sur un finale choral et vocal à l'instar de la Neuvième symphonie de Beethoven et dispose d'une large section de cordes ainsi que de cuivres et de percussions (dont deux tams-tams) joués depuis les coulisses. Le sous-titre de « Résurrection » faisant référence en la foi chrétienne s'accorde avec l'ode à la nature qu'elle constitue.
Si Bruno Walter en a donné sa version en 1931 et qu'elle marqua les débuts de Claudio Abbado au Festival de Salzbourg en 1965, elle fut gravée par Georg Solti à deux reprises (1966 et 1980), Bernard Haitink, Zubin Mehta, Simon Rattle, Leonard Bernstein, Pierre Boulez et Riccardo Chailly. Cependant, nombreux sont les mélomanes qui lui préfèrent l'une ou l'autre interprétation d'Otto Klemperer, en juillet 1951 avec le Concertgebouworkest d'Amsterdam et les solistes Kathleen Ferrier et Jo Vincent puis en 1963 avec le Philharmonia Orchestra and Chorus de Londres et Elizabeth Schwarzkopf et l'Autrichienne Hilde Rössel-Madjan, décédée en 2010.
En effet, que ce soit la première d'une qualité technique moyenne mais d'une grande souplesse dans l'exécution et la voix inaltérable de l'altiste Kathleen Ferrier sur le lied « Ulricht » ou la seconde plus solennelle, grandiose, dernière manière du chef, les avis restent partagés selon le degré d'importance accordé à la prise de son. Le premier mouvement Allegro maestoso de la première version Decca ou le finale choral de la seconde EMI, remasterisée en 2000, ont leurs farouches défenseurs et témoignent de l'évolution du maître avant et après sa période américaine. Avant de faire ses adieux, Otto Klemperer conduira une ultime fois l'oeuvre fétiche en 1971. Les deux enregistrements qu'il a laissé n'ont pas trouvé meilleur successeur.
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Bien qu'ils le pensent très fort, les Britanniques ne sont pas le peuple le plus intelligent de la Terre, mais assurément l'un des plus industrieux, puisque capables de réaliser, à l'occasion de cette cérémonie nuptiale dont tout le monde se moque, mais qui a fasciné des milliards d'êtres humains, quelques tours de force signalés : ainsi, après l'impression de sacs en papier destinés à recueillir les vomissures de spectateurs de la cérémonie trop émotifs, c'est au tour des différents thèmes et moments musicaux de l'occasion à être proposés aux audiences extatiques, quelques heures à peine après que les portes monumentales de l'Abbaye de Westminster se soient refermées (et simplement une poignée de jours pour ce qui est de l'exploitation physique).
C'est donc de bande originale intégrale dont il s'agit ici, rassemblant, en sept textes et quatorze musiques, les Ch?urs de la Chapelle Royale du Palais Saint-James, et ceux de l'Abbaye, placés sous la direction de James O'Donnell, ainsi que le London Chamber Orchestra, sous la baguette quant à lui de son chef usuel Christopher Warren-Green, et la Fanfare Team du Central Band de la Royal Air Force. Le délicat équilibre entre ?uvres du répertoire et créations a été préservé : comme il est de bon ton dans toute cérémonie au Royaume-Uni, on a fait appel à une partition de Sir Edward Elgar (« Pomp And Circumstance March No.5 »), ainsi qu'à des ?uvres de Vaughan Williams, ou Sir Hubert Parry. Plus contemporain dans leurs goûts - et cela a été pour l'occasion une première mondiale - les alors futurs mariés ont porté leur dévolu sur une composition de John Rutter, et ont également fait appel à une mélodie pour chorale de Paul Mealor.
Á noter que l'édition physique de cet album s'accompagne d'un livret, collectant hymnes, v?ux de mariage, programme, sermons et bénédictions, et qu'une partie des bénéfices générés par la vente du disque ira à une association caritative.
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Autant le dire tout de suite, si l’achat de cet album se justifie, c’est avant tout pour la présence de la merveilleuse chanson « Con te partirò », qui est à la fois le morceau-fétiche d’Andrea Bocelli et l’un des titres fondateurs de ce que les anglo-saxons appellent le courant « popera ». Magnifique et puissant moment de lyrisme superbement composé et interprété, la chanson est heureusement accompagnée de titres de très bonne qualité, où Andrea Bocelli se montre un chanteur de tout premier ordre. On peut éventuellement dédaigner Bocelli comme une sorte de pendant italien d’André Rieu, mais la simple écoute de ce disque suffit à prouver qu’il est avant tout un artiste de grande classe.