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Bien qu'ils le pensent très fort, les Britanniques ne sont pas le peuple le plus intelligent de la Terre, mais assurément l'un des plus industrieux, puisque capables de réaliser, à l'occasion de cette cérémonie nuptiale dont tout le monde se moque, mais qui a fasciné des milliards d'êtres humains, quelques tours de force signalés : ainsi, après l'impression de sacs en papier destinés à recueillir les vomissures de spectateurs de la cérémonie trop émotifs, c'est au tour des différents thèmes et moments musicaux de l'occasion à être proposés aux audiences extatiques, quelques heures à peine après que les portes monumentales de l'Abbaye de Westminster se soient refermées (et simplement une poignée de jours pour ce qui est de l'exploitation physique).
C'est donc de bande originale intégrale dont il s'agit ici, rassemblant, en sept textes et quatorze musiques, les Ch?urs de la Chapelle Royale du Palais Saint-James, et ceux de l'Abbaye, placés sous la direction de James O'Donnell, ainsi que le London Chamber Orchestra, sous la baguette quant à lui de son chef usuel Christopher Warren-Green, et la Fanfare Team du Central Band de la Royal Air Force. Le délicat équilibre entre ?uvres du répertoire et créations a été préservé : comme il est de bon ton dans toute cérémonie au Royaume-Uni, on a fait appel à une partition de Sir Edward Elgar (« Pomp And Circumstance March No.5 »), ainsi qu'à des ?uvres de Vaughan Williams, ou Sir Hubert Parry. Plus contemporain dans leurs goûts - et cela a été pour l'occasion une première mondiale - les alors futurs mariés ont porté leur dévolu sur une composition de John Rutter, et ont également fait appel à une mélodie pour chorale de Paul Mealor.
Á noter que l'édition physique de cet album s'accompagne d'un livret, collectant hymnes, v?ux de mariage, programme, sermons et bénédictions, et qu'une partie des bénéfices générés par la vente du disque ira à une association caritative.
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Programme chargé pour le 48ème volume des Cantates de Bach. En effet, Masaaki Suzuki n'a pas souhaité enregistrer dans l'ordre chronologique les 234 cantates de Bach, mais les a disposées avec cohérence, les faisant se répondre l'une à l'autre.
Ainsi, dans ce programme, l'ouverture se fait par « Ewiges Feuer, O Ursprung der Liebe BWV34 » et son ch?ur lors du « O Ewiges Feuer, o Ursprung der Liebe... », qui explose, plein de promesses et d'énergie, comme un accueil à l'auditeur.
L'album est enregistré à Kobe avec le Bach Collegium Japan. D'autres solistes viennent porter main forte au projet : la soprano Hana Bla?íková, le contre ténor Robin Blaze, le ténor Satoshi Mizukoshi et le basse Peter Kooij.
L'ensemble Bach Collegium Japan frôle l'excellence. Virtuose sur les parties les plus orchestrales, il est remarquable quand il s'agit de soutenir et d'accompagner les voix. A contrario d'autres (excellents) ensembles, le Bach Collegium Japan donne une sensation de spontanéité dans l'interprétation, comme si chaque note du « Gott, man lobet dich in der Stille zu Zion, BWV120 » était naturelle. L'ensemble ne semble pas jouer mais s'exprimer. Ce sentiment de naturel, d'authentique, est flagrant lors du « Sei Lob und Ehr dem höchsten Gut, BWV117 » et en particulier pendant le «Sei Lob und Ehr dem höchsten Gut... ».
Fidèle à lui-même, Masaaki Suzuki redonne vie aux cantates de Bach avec cette interprétation sincère, vivante et extrêmement naturelle... comme si l'on écoutait Jean-Sébastien Bach lui-même jouer.
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Pour qui veut faire connaissance avec l'un des plus grands barytons de son temps, cette anthologie s'avère particulièrement adaptée. Le titre Le Chant d'un Maître fait bien entendu référence au premier rôle tenu par le chanteur belge dans le films réalisé par son compatriote Gérard Corbiau en 1988, Le Maître de musique.
Côté statistiques, la présente sélection de treize morceaux inclut des extraits de neuf opéras et deux lieder de six compositeurs différents (Mozart, Verdi, Rossini, Puccini, Wagner et Mahler) et trois chefs d'orchestre (Jean-Pierre Wallez, Marc Soustrot et Jean-Claude Casadesus). La part belle revient à Don Giovanni dont Van Dam reste à jamais associé, de sa grande prestation en valet Leporello en 1973 au film de Joseph Losey en 1978. S'il brille bien évidemment dans l'inénarrable air « Madamina ! Il Catalogo », où son timbre ample et souple est tout dispoés, José Van Dam sert à merveille la romance « Deh, vieni alla finestra » et l'ode « Finch'han dal vino » du don Juan. Deux autres extraits mozartiens témoignent de son art, l'air de Papageno (La Flûte enchantée) et l'air du Comte Almaviva (Les Noces de Figaro), entre innocence et virtuosité.
Verdi est également à la fête à travers les airs de Rigoletto (« Cortigiani, vil razza damnata ») et de Don Carlos (« Ella giammai m'amo ») dont Van Dam est un interprète inoubliable. Le compatriote Rossini est représenté par l'un de ses rôles favoris, celui de Don Basilio du Barbier de Séville (« La calumnia è un venticello ») qui l'a vu débuté en 1961. La version proposée a l'avantage d'être mûre et récente en sus de son excellente facture. Puccini (l'air de Colline de La Bohême) et Wagner (la cavatine de Wolfram de Tännhauser et les adieux de Wotan dans La Walkyrie) concluent ce tour d'opéra de haute volée tandis que Mahler et son Des Knaben Wunderhorn (« Revelge ») est préféré à Schubert (dont le cycle Le Voyage d'hiver est par ailleurs vivement conseillé).
Le programme, aussi riche soit-il, ne donne qu'une infime idée du savoir-faire de José Van Dam. Le Chant d'un Maître n'est à prendre que comme un rapide tour d'horizon, plein d'émotions, de l'un des plus grands barytons du XXème siècle.