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Les Concertos n°2 et 3 ont été enregistrés par Deutsche Gramophon en 2004. Claudio Abbado est à la direction du Mahler Chamber Orchestra, créé par le chef en 1986.
Martha Argerich est au piano pour ces deux concertos de Beethoven.
C'est le Concerto n°3 qui ouvre le bal. Le couple Claudio Abbado/Martha Argerich fonctionne à merveille dès les premiers instants. L'orchestre, tout en finesse, semble décupler les volontés de Beethoven dans cet unique Concerto pour piano en mineur. Le jeu de l'argentine est juste, sans plonger dans le pathos. Tantôt en soutien, tantôt en opposition, le piano de Martha Argerich est balancé entre un orchestre porteur ou des cordes plus subtiles, semblant l'abandonner dans la détresse du troisième Concerto.
La combinaison avec le Concerto n°2, de 4 ans l'aîné du Concerto n°3, redonne du dynamisme à l'enregistrement. Plus classique, ce Concerto emprunte à la structure des ?uvres de Mozart. Cela apporte une rythmique qui emballe l'orchestre et pousse le piano de Martha Argerich.
La pianiste renoue avec les Concertos de Beethoven 20 ans après sa dernière interprétation, en apportant une expérience et une maturité qui lui permettent d'affronter à armes égales le Mahler Chamber Orchestra. La direction de Claudio Abbado est comme souvent proche de la perfection. Le maestro joue de sensibilité et de subtilité autour du piano de Martha Argerich. L'émotion dégagée par cette interprétation en ressort grandie.
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L'opus 8 du compositeur italien Antonio Vivaldi, plus connu sous le nom des Quatre Saisons, est un ensemble de quatre concertos composés en 1723. A ce jour, plus de 600 versions enregistrées sont répertoriées. C'est ce qu'on appelle un « tube » de la musique classique, que tout le monde connaît.
Quelques interprétations des Quatre Saisons sont restées légendaires. Citons celle de Carlo Maria Giulini (1955) ou de l'ensemble I Musici, dont ce fut le premier enregistrement en 1959. Puis vinrent celles de Nikolaus Harnoncourt pour Argo, rigoureuse et sur instruments d'époque, et de Trevor Pinnock et The English Concert (1982) pour le compte du sérieux label Archiv.
En novembre 1991 arrive celle du violoniste Fabio Biondi avec son ensemble Europa Galante. C'est une véritable révolution, un choc considérable qui saisit la critique classique qui pensait connaître l'oeuvre archi rebattue sur le bout de la corde.
Impressionnant de virtuosité et d'allant, riche en couleurs et en nuances, dynamique au possible, les Quatre Saisons version Fabio Biondi sont une authentique et respectueuse redécouverte du chef d'oeuvre de Vivaldi. Indispensable à toute discothèque digne de ce nom.
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Opéra méconnu d'Antonio Vivaldi qui le compose en 1717, Armida al Campo d'Egitto (RV 699) et plus souvent nommé Armida est créé le 15 février 1718 au Teatro San Moisé de Venise. Ce drame musical inspiré d'un poème épique de Torquato Tasso (Jérusalem délivrée) a été peu joué en raison d'un deuxième acte perdu.
Jusqu'à présent, seuls quelques airs et l'ouverture ont connu la grâce d'une gravure laser, les premiers par Rinaldo Alessandrini avec la basse Lorenzo Regazzo et le Concerto Italiano (CD Naïve) et la deuxième par Claudio Scimone (CD Apex). Rinaldo Alessandrini s'est donc mis bille en tête de reconstituer l'opéra dans son intégralité existante, remplaçant l'acte manquant par des airs basés sur la même métrique poétique et dans une tonalité identique.
Non contente d'être une grande première, cette reconstitution conduite avec le Concerto Italiano, la cantatrice Marina Comparato et le baryton Furio Zanasi est une réussite totale. L'exécution précise et la sonorité ample du Concerto Italiano, l'interprétation passionnée de la charmante diva italienne et celle très juste de son homologue s'emploient à faire de cet enregistrement l'un des plus marquants de l'année 2010.