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Un sélection d'artistes

Albert King

Albert King
Tandis que, à partir des années 60, le blues connait une très forte éclipse auprès des communautés noires américaines au profit d'autres formes de chanson populaire, Albert King est un des rares bluesmen à s'imposer dans les hit-parades de musique noire, pénétrés de soul puis de disco ! Ce géant taciturne, tirant sur une éternelle pipe, semblant écraser entre ses mains une guitare Gibson-Flying V, est né dans le Mississippi. Il commence comme conducteur de tracteur et joue à ses heures libres de la batterie dans les tavernes rurales ; il apprend assez tard la guitare sous l'influence de Elmore James et de Robert Nighthawk, et prétend bientôt être le demi-frère de B. B. King ! Vers 1950, il est à Gary (Indiana), où il travaille dans une aciérie tout en fréquentant la copieuse scène locale du blues. En 1953, Albert King fait des débuts discographiques peu remarqués et de facture très rurale sur le label Chess. C'est en s'installant à Saint Louis qu'il prend véritablement son style propre. La vie musicale de la ville est dominée par des orchestres de jazz populaire auxquels il s'intègre remarquablement. King pratique alors un style de guitare électrique simple mais fluide, plein de vibratos et d'effets de glissandos, qui se marie parfaitement avec des sections rythmiques étoffées et des riffs de cuivres. Son chant conserve la gouaille de son Delta natal mais adopte aussi l'approche moelleuse d'un Big Joe Turner.

La vedette de Stax. Il enregistre abondamment dans cette manière, connaît un succès local avec « Don't Throw Your Love On Me So Strong », ce qui attire l'attention du label de Memphis, Stax, spécialisé dans la soul sudiste, mais à la recherche d'un bluesman ouvert aux sonorités contemporaines et qui plairait à un public noir sudiste toujours friand de blues. C'est chez Stax et à Memphis qu'Albert, accompagné par certains des meilleurs musiciens de studio de l'époque (Steve Cropper, Al Jackson, Booker T. Jones), donne la pleine mesure de son talent. Il réussit à vendre constamment des disques à la clientèle noire (« Laundromat Blues », « Crosscut Saw », « As The Years Go Passing By ») et, grâce à une prestation remarquée au Fillmore de San Francisco, devient en même temps un favori du jeune public blanc américain, mais aussi britannique, influençant John Mayall ou Eric Clapton. En 1972, I'll Play The Blues For You, un blues alangui, de facture très moderne, est un énorme succès. Après la faillite inattendue de Stax, en 1974, Albert King continue à enregistrer pour d'autres labels, mais il ne retrouve plus la réussite artistique et commerciale qu'il avait connue chez Stax. Il n'en continue pas moins à se produire jusqu'à sa mort sur les scènes du monde entier, façonnant auprès d'un public nouveau et de plus en plus jeune, sa stature de géant du blues moderne.

G. H.

©

Copyright 2013 Music Story

Albert Collins

Albert Collins
Albert Collins est né dans la campagne texane à Léona le 1er octobre 1932, avant de suivre ses parents à Houston. Baigné depuis toujours dans le blues, il maîtrise aussi bien un blues rural qu'urbain, son style va du Delta blues au Chicago blues.

Maître glacial

Il forme son premier groupe en 1952 et tourne dans les clubs locaux. Albert Collins joue sur une Fender Telecaster et est surnommé « The Master of the Telecaster », entre autres appelations. A partir de 1960, il commence à enregistrer ; « Frosty » devient son premier grand succès, vendu à plusieurs millions d'exemplaires.

Glaçon modèle

Albert Collins s'établit à San Francisco en 1967, il joue en particulier avec Canned Heat à cette époque. En 1978, Albert Collins signe pour Alligator Records à Chicago et sort Ice Pickin', un chef d'œuvre du blues moderne. Reconnu à sa juste valeur, modèle déclaré de, Rory Gallagher, Robert Cray ou Kenny Wayne Shepherd, Albert Collins multiplie enregistrements et tournées.

Telecaster pilée

Le tranchant et la clarté de ses notes, sa capacité à les « figer », à détacher chaque note, lui font mériter le surnom de « The Ice Man ». Albert Collins joue de cette thématique en intitulant son album de 1991 Iceman. Homme de scène, Albert Collins n'a jamais hésiter à descendre dans le public tout en continuant de jouer, habitude largement copiée par de nombreux guitaristes de rock.

L'autre rive

Le 24 novembre 1993, Albert Collins succombe à un cancer fulgurant des poumons. Son testament est le Live 92/93 enregistré lors des derniers mois de sa vie. Celui qui a influencé Jimi Hendrix dans les années 60, laisse un héritage considérable, un pont entre deux époques du blues.

Copyright 2010 Music Story François Alvarez

Buddy Guy

Buddy Guy
« Buddy Guy est le meilleur guitariste du monde ». Eric Clapton

C'est dans la petite ville de Lettsworth (Louisianee), que vit le jour George « Buddy » Guy, le 30juillet 1936. Il grandit dans une famille d’agriculteurs, dans le grand dénuement d’une maison privée d’électricité, et d’eau courante.

Une corde (ou deux) à sa guitare

C'est à 16 ans que son père lui offre son premier vrai instrument, une deux cordes à deux dollars. Buddy joue alors simplement pour passer le temps. La légende veut qu'un admirateur anonyme séduit par son jeu, lui offre une vraie guitare. A peine a t’il, sur le chemin de la maturité, le temps de recevoir comme une aubaine l’influence décisive de Guitar Slim (Eddie Jones), durant les années cinquante plus impérial guitariste de la Louisiane au Texas.

Toute la musique qu’on aime

Il fait ses premières armes à Baton Rouge dans l’orchestre de « Big Poppa » John Tilley, puis avec Slim Harpo, Lightnin’ Slim, ou Leslie « Lazy Lester » Johnson. Il rejoint le groupe de l’harmoniciste Rafus Neal, où il s’adonne au swamp blues (blues du marécage) : très influencé par Little Walter.

Parti à Chicago, Buddy Guy s'emploie à faire ses preuves sur scène, en se produisant aux côtés d’Otis Rush, Earl Hooker, ou Freddie King. Il séduit entre autres par une impériale interprétation de « The Things I Used To Do ». Il croise également dans les bars, clubs, et autres lieux de perdition, un certain Muddy Waters, qui lui apprend beaucoup sur le blues. Son sens du silence aura une influence décisive sur le jeu de Clapton. Mais le personnage le plus charismatique croisé à cette époque par Guy reste B.B. King, qui représente une influence durable tout au long de sa carrière.
 
Le jeune guitariste enregistre au mois d’août 1958 deux 45-tours, très influencés par Guitar Slim et B.B. King, et tous deux produits par Willie Dixon .

Buddy Guy, sur les conseils d’Otis Rush, rejoint l’écurie du label Chess. Dès son premier 45-tours, enregistré le 2 mars 1960 (« First Time I Met The Blues »), il est clair que le Louisianais ne doit plus rien à personne sinon à Harmony, sa fidèle Fender Stratocaster. Le 16 mars 1960, Buddy Guy enregistre pour la première fois avec celui qui restera longtemps un partenaire et ami, l’harmoniciste Junior Wells.

En 1961, Guy grave son quatrième single, ce « Stone Crazy » , qui restera son titre le plus emblématique. Les sept années passées chez Chess ont produit le meilleur de la carrière de Guy. Complete Chess Studio Recordings en 1992 en témoigne. D’autant que ce dernier participe à d’innombrables sessions éminemment formatrices, aux côtés de Sonny Boy Williamson, Ike Turner, Jesse Fortune, Robert Nighthawk, ou Howlin’ Wolf.

Avoir un bon copain

Au mois de février 1965, il se produit en Grande-Bretagne, partageant la scène avec Rod Stewart et les Yardbirds, puis s’envole pour des concerts en Asie et en Afrique.

En 1967, il enregistre l’album live Blues from Big Bill's, saisi au Copacabana Club de Chicago, en compagnie d’Howlin' Wolf et Muddy Waters. La même année, Guy quitte Chess pour Vanguard : jusqu’en 1970, il y gravera des albums de bonne qualité, dont Man and the Blues (1968). C’est alors qu’il retrouve Junior Wells, et que, sous le nom de Buddy and the Juniors, il fournit un album de remise en selle en 1970. Puis, Eric Clapton produit, aux côtés de Tom Dowd et Ahmet Ertegun, et en compagnie du J. Geils Band, le disque référence Buddy Guy & Junior Wells Play The Blues (avril 1972). Le 28 juillet 1974, Guy est sur la scène du festival de Montreux : c’est à l’occasion de ce concert qu’est enregistré l’album Drinkin ’TNT’ - Smokin’ Dynamite, sur lequel on retrouve Bill Wyman, alors en vacances de The Rolling Stones.

Durant les années 70, Buddy Guy tourne énormément, dont des premières parties pour The Rolling Stones. Il participe également aux documentaires The Blues is Alive and Well in Chicago, Chicago Blues et Supershow (1970), Le Blues dans la peau et En Remontant le Mississippi (1972), et Soundstage (1974).

Dix ans de solitude

En décembre 1981 sort DJ Play My Blues c'est son dernier disque avant neuf années de mutisme. Les années 80 son synonymes de disette, il devient propriétaire d'un club, le Buddy Guy’s Legend à Chicago, et végète tandis que moult musiciens ont fait fortune grâce à son style.

Une légende est née

Dans les années 90, et grâce à Eric Clapton, il se produit de nouveau sur les scènes de Grande-Bretagne, et en particulier au Royal Albert Hall de Londres. L’Américain retrouve alors un label, et enregistre trois albums majeurs du blues de cette décennie. Et Buddy Guy se paie le luxe de recueillir trois Grammy Awards à l’occasion de ces trois parutions.

Le 19 octobre 1991, Damn Right, I’ve Got the Blues (enregistré avec Mark Knopfler et Jeff Beck) rompt par conséquent un silence discographique de près de dix ans. Le disque se vend à plus de 500.000 copies. De nouveau, ses concerts affichent complet, de nouveau on peut le voir dans des émissions musicales télévisées. Le 27 mars 1993 sort Feels Like Rain, discutable tentative d’élargir son public.

En 1994, Guy opère un retour aux choses sérieuses, grâce à un Slippin’ In où l’on retrouve le guitariste prodige Jonny Lang, et la section rythmique au complet de Double Trouble, groupe de Stevie Ray Vaughan. L’album est produit par Eddie Kramer, fameux pour son travail auprès de Kiss, mais également de Led Zeppelin. Le 26 mars 1996, est édité un nouvel album live, The Real Deal, enregistré à Chicago et New York, en compagnie de Johnnie Johnson (en son temps, pianiste et humble serviteur de Chuck Berry), d’une section de cuivres, et du guitariste G.E. Smith. En 1997, il propose un trop produit Heavy Love.

En 1998, Guy retrouve son Junior Wells, pour Last Time Around : Live at Legends (donc enregistré dans le club dont il est propriétaire). En 2001, un pélerinage dans le Mississippi de ses racines permet à Buddy Guy de graver le fruste, rustre, âpre, basique, vibratile et formidable Sweet Tea.. En 2003, un autre bel effort acoustique, Blues Singer, emporte un nouveau Grammy Award. Il y reprend « I Live the Life I Love », chanson emblématique de sa carrière, signée Muddy Waters. En 2005, Bring ‘Em In accueille quelques invités prestigieux comme Tracy Chapman, Carlos Santana, ou Keith Richards.

Buddy Guy est une nouvelle fois invité par The Rolling Stones à partager leur scène le 1er novembre 2006. Il grave un splendide duo en leur compagnie, historique version de « Champagne & Refeer ». Cette participation constituera l’un des éclairs de Shine a Light, documentaire de Martin Scorsese consacré aux Stones, et sorti en 2008. Et, donc, que ce soit dans la célébration, ou l’émotion, Buddy Guy reste comme l’un des derniers géants du blues encore en activité.

Copyright 2011 Music Story Christian Larrède

Un sélection d'albums

None

Sonny Boy Williamson

His Best

His Best
Ayant enregistré environ soixante-dix titres lors de sa période Chess, Sonny Boy Williamson n'est entré que tardivement dans les studios d'enregistrement. La compilation His Best sortie par Universal regroupe vingt de ses titres essentiels.

Essentiels, car au-delà du blues, ces titres ont inspirés - et comment - les plus grands du British Blues Boom et du rock classique en général. The Rolling stones, John Mayall and The Bluesbreakers, Led Zeppelin, ont tous enregistrés l'un de ses morceaux. Sans compter The Yardbirds et The Animals qui ont directement enregistrés avec le maestro de l'harmonica. Et sans citer tous ceux qui l'ont repris par la suite de The Allman Brothers Band à Dr. Feelgood.

C'est donc une mine remplie de pépites que ce His Best, de « Don't Start Me to Talkin' » son plus grand succès, à « Nine Below Zero », en passant par les moins connus « Keep It to Youself » ou « Born Blind » tout est indispensable ici. Seul oubli de taille, « Eyesight to the Blind » repris par The Who sur Tommy et seule reprise de ce chef d'oeuvre. A noter l'interprétation extraordinaire de Eric Clapton sur la bande originale de Tommy où il a rarement mieux mérité son surnom de The God.

« Bring It On Home » immortalisé ensuite par Led Zeppelin est lui bien présent et représente parfaitement le son de Sonny Boy Williamson façonné dans le delta du Mississippi puis transposé ensuite à Chicago. Soit un mélange de country rock et de blues rock qui apporte une impeccable synthèse des deux courants majeurs du blues. Chaque titre est aussi l'occasion de découvrir la virtuosité de Sonny Boy Williamson à l'harmonica, instrument où il influença également quelques suiveurs célèbres, dont Brian Jones.

Parmi les très nombreuses compilations qui lui sont consacrées, His Best va à l'essentiel malgré un oubli de taille et peut aisément suffire à éclairer qui veut découvrir une vraie légende et comprendre comment il a influencé une partie majeure du rock des années soixante et soixante-dix.

None

Sonny Boy Williamson

His Best

His Best
Ayant enregistré environ soixante-dix titres lors de sa période Chess, Sonny Boy Williamson n'est entré que tardivement dans les studios d'enregistrement. La compilation His Best sortie par Universal regroupe vingt de ses titres essentiels.

Essentiels, car au-delà du blues, ces titres ont inspirés - et comment - les plus grands du British Blues Boom et du rock classique en général. The Rolling stones, John Mayall and The Bluesbreakers, Led Zeppelin, ont tous enregistrés l'un de ses morceaux. Sans compter The Yardbirds et The Animals qui ont directement enregistrés avec le maestro de l'harmonica. Et sans citer tous ceux qui l'ont repris par la suite de The Allman Brothers Band à Dr. Feelgood.

C'est donc une mine remplie de pépites que ce His Best, de « Don't Start Me to Talkin' » son plus grand succès, à « Nine Below Zero », en passant par les moins connus « Keep It to Youself » ou « Born Blind » tout est indispensable ici. Seul oubli de taille, « Eyesight to the Blind » repris par The Who sur Tommy et seule reprise de ce chef d'oeuvre. A noter l'interprétation extraordinaire de Eric Clapton sur la bande originale de Tommy où il a rarement mieux mérité son surnom de The God.

« Bring It On Home » immortalisé ensuite par Led Zeppelin est lui bien présent et représente parfaitement le son de Sonny Boy Williamson façonné dans le delta du Mississippi puis transposé ensuite à Chicago. Soit un mélange de country rock et de blues rock qui apporte une impeccable synthèse des deux courants majeurs du blues. Chaque titre est aussi l'occasion de découvrir la virtuosité de Sonny Boy Williamson à l'harmonica, instrument où il influença également quelques suiveurs célèbres, dont Brian Jones.

Parmi les très nombreuses compilations qui lui sont consacrées, His Best va à l'essentiel malgré un oubli de taille et peut aisément suffire à éclairer qui veut découvrir une vraie légende et comprendre comment il a influencé une partie majeure du rock des années soixante et soixante-dix.

None

Warren Haynes

Man In Motion

Man In Motion
?Qu'attendre d'un album solo de Warren Haynes ? Le meilleur du rock blues sudiste, pour sûr. Et c'est exactement ce que le guitariste et chanteur a décidé d'offrir sur Man in Motion. La présence des légendes Ivan Neville et Ian McLagan - oui, LE Ian McLagan de The Faces - apporte en plus un cachet supplémentaire au disque.

Pas le temps de s'ennuyer donc entre les solos de guitare, les glissendos à l'orgue, la succession de titres qui mêlent blues rock et soul à la sauce du sud des Etats-Unis. Rien de neuf non plus, si ce n'est que le chant de Warren Haynes prend de l'ampleur, avec un phrasé inspiré de Gregg Allman. C'est d'ailleurs l'écueil de Man in Motion, ne pas tomber dans une resucée pure et simple de The Allman Brothers Band.

L'obstacle est évité de justesse tout au long des dix titres, « River's Gonna Rise » qui roule comme une pierre sans attaches, « Sick of My Shadow » et son saxophone narquois, la construction classique de « Your Wildest Dreams » et son romantisme sudiste surrané. Warren Haynes est devenu un compositeur tout à fait acceptable et plus seulement un soliste brillant.

Man in Motion est rond en bouche et épicé comme un Southern Comfort, l'avantage c'est que le disque peut se consommer sans modération.

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