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Chimaira

Chimaira
Mark Hunter (chant) et Jason Hager (guitare) forment Chimaira en 1998 à Cleveland dans l'état d'Ohio. Le nom du groupe vient du monstre mythologique la Chimère, composé de plusieurs corps d'animaux. Ce choix est loin d'être innocent, puisque le style de Chimaira est lui-même composite. Chimaira n'hésite pas à s'abreuver à toutes les sources du metal, du heavy au metalcore, du death au trash, sans négliger l'industriel.

Rob Arnold (guitare) rejoint bien vite le groupe, qui muscle son son avec un duo de guitares. Les autres membres du groupe sont soumis à des changements qui semblent la règle dans tout bon groupe de metal qui se respecte. Chimaira fait ses armes localement, avant d'être signé par Roadrunner et de sortir en 2000 le EP This Present Darkness.

Pass out of Existence
suit rapidement en 2001, tandis que Jason Hager décide de quitter le groupe pour cause de paternité. Le nouvel arrivant Matt De Vries devient illico un nouveau pilier de Chimaira. Dès The Impossibility of Reason en 2003, Chimaira commence à accrocher une large audience, aidé par ses tournées incessantes.

La percée internationale a lieu en 2005 avec Chimaira, la France, l'Angleterre et l'Allemagne viennent grossir les rangs des fans du groupe. Resurrection en 2007 voit Chimaira passer de Roadrunner à Nuclear Blast, sans pour autant entamer la popularité des furieux de Cleveland. The Infection en 200 devient le principal succès de Chimaira aux Etats-Unis où l'album atteint la trentième place du Billboard.

Un groupe de scène comme Chimaira ne peut négliger le passage obligé de l'album live. La lacune est comblée de belle manière en juillet 2007 avec la sortie de Coming Alive. L'album se présente sous la forme de deux DVD et d'un CD, l'un des DVD est un documentaire tandis que l'autre est un concert enregistré à Noël 2010. La partie audio est elle capturée lors du concert de Chimaira à Noël 2009. La chimère se transforme en Santa Claus pour le plus grand bonheur de ses fans.

Copyright 2013 Music Story François Alvarez

Machine Head

Machine Head
Formé en 1992 sur la Côte Ouest des Etats-Unis, Machine Head se compose à l'origine de Robb Flynn (guitare et chant), Adam Duce (basse), Logan Mader (guitare) et Tony Costanza (batterie), vite remplacé par Chris Kontos. Le groupe répète sans relâche et enregistre une demo qui le conduit à la signature d'un contrat avec Roadrunner Records.

Le premier album Burn My Eyes (août 1994) se signale par un heavy metal agressif et thrash. Il est suivi d'une tournée en première partie de Slayer, puis en tête d'affiche européenne, notamment au festival Monsters of Rock de Castle-Donnington où Chris Kontos quitte la formation.

De retour en studio avec le batteur Dave McClain, Machine Head poursuit son ascension avec l'album More Thnigs Change en 1997. Le suivant, The Burning Red (août 1999) s'oriente vers un metal teinté de rap, avec un grand succès confirmé par le hit « From This Day », premier single du groupe.

Sorti en octobre 2001, l'album Supercharger marque un tournant. Après les attentats du World Trade Center, le clip de « Crashing Around You » est censuré et le label américain se sépare de Machine Head après le live Hellalive (2003).

Au printemps 2004 sort Through the Ashes of Empire avec un nouveau guitariste, Phil Demmel. C'est un retour aux sources pour Machine Head qui se voit gratifier de critiques élogieuses et joue en ouverture du Wacken Open Air Festival en Allemagne. En 2005 sort le DVD Elegies, récit d'un concert à la Brixton Academy de Londres assorti d'un documentaire.

Comme pour l'album précédent, Robb Flynn est aux commandes de la production de The Blackening, paru en mars 2007. Très bien accueilli, il donne lieu à plusieurs tournées avec Metallica, Trivium ou Slipknot. Machine Head se produit le 6 février 2010 au Zénith de Paris. Encore plus en forme en 2011, Machine Head sort l'un de ses tous meilleurs albums avec Unto the Locust.

Copyright 2014 Music Story Loïc Picaud

Dagoba

Dagoba
C’est à Marseille que se forme ce groupe de metal, autant influencé par le néo metal de Deftones et Korn, que par les pionniers du thrash metal tels Machine Head, Metallica ou Pantera. Une première version du groupe voit le jour en 1997 autour du chanteur Shawter, mais il est l’unique survivant lorsqu'en septembre 2000 il baptise Dagoba (une référence à Star Wars) le quatuor qu’il forme avec Franky (batterie), Werther (basse), and Izakar (guitare).

En 2001, Dagoba publie un Ep de six titres, Release The Fury, et enchaine les concerts dans la région. L’accueil professionnel et public est bon et le groupe se sent armé pour enregistrer son premier album homonyme dans un studio d’Oxford. Il sort en 2003 et remporte l’adhésion des critiques. « Jeunes, en colère et talentueux », voici ce qu’en dit globalement la presse spécialisée, séduite par la puissance de ce groupe de power metal dont les membres ne sont âgés que d’une vingtaine d’année. Dagoba entame alors la tournée des grands ducs, qui culmine par le Dour Festival en Belgique en été 2004, et par une première partie de Machine Head.

En juillet 2005, Dagoba signe chez Season Of Mist et se produit en première partie de Korn le mois suivant. Le second album des marseillais est enregistré au Danemark avec le producteur Tue Madsen, qui souhaite les faire évoluer en division mondiale. What Hell Is About sort en février 2006 et relève encore le niveau d’un cran. Alliant des passages plus mélodiques (avec recours à l’électro) à une puissance et une rapidité toujours accrue, l’amélioration technique de Dagoba leur fait décrocher un sésame inespéré : une première partie de Métallica en Espagne et une tournée mondiale.

Leur dernier album en date Face The Colossus, sorti en octobre 2008 ne semble pas décidé à changer la donne, si le disque comporte plus de plages atmosphériques (piano et violons), il comporte aussi les morceaux les plus violents enregistrés par Dagoba qui a, pour une seconde fois fait appel au producteur Madsen. L’ambition de ces frenchies plus thrash que néo (car ils se défendent souvent d’appartenir à la scène neo-metal française), est claire : envahir le monde !

Copyright 2013 Music Story Anne Yven

Un sélection d'albums

None

Aqme

Epithète, Dominion, épitaphe

Epithète, Dominion, épitaphe
Voilà un disque aussi tragique que réussi. Réussi car jamais AqME n'a été aussi bon que sur ses deux derniers albums. Tragique car ce nouvel effort studio vient signer la fin d'une époque. En effet, alors qu'il a participé à l'enregistrement de ce dernier, Koma, hurleur en chef a annoncé peu de temps avant la sortie d'Epithète, Dominion, Epitaphe qu'il quittait l'aventure pour se lancer dans sa passion qu'est le tatouage. Le micro ne sera pas resté vacant, AqME ayant déjà trouvé un remplaçant en la personne de Vincent (The Butcher's Rodeo). Reste donc ce dernier disque en la présence d'un chanteur qu'on a pu voir progresser avec les années.

C'est un groupe ayant amorcé un virage stylistique avec son En L'Honneur de Jupiter qui revient en force, tendu, virulent et écorché vif. Toujours amoureux des productions à la suédoise, les Français ont cette fois fait appel à Magnus Lindberg, champion du post hardcore, producteur émérite et batteur de Cult Of Luna. Un excellent choix qui permet à AqME d'élargir sa palette sonore déjà bien garnie depuis l'arrivée de Julien à la guitare. On n'avait surtout pour ainsi dire jamais entendu Thomas Thirion hurler de la sorte avec autant de virulence sur un aussi grand nombre de morceaux. Grand bien lui en a pris. Quitte à s'en aller, autant partir en fanfare. Sonnez guitares, résonnez amplis.

De l'ouverture avec « Idiologie » au « 110.587 » de fin, AqME maintient la pression, s'accordant quelques magnifiques passages atmosphériques avant d'en remettre un coup. Au final, le groupe livre son disque le plus abouti et le plus violent. Restent les paroles qui nous feront toujours penser à nos cours de philo lors que nous étions jeunes et avides de nouveaux mots à placer au détour d'une conversation. Un beau cadeau d'adieu d'un chanteur à son groupe qui de son côté, n'a toujours pas déposé les armes.

None

Mass Hysteria

Une Somme De Détails

Une Somme De Détails
Une première tentative de sortir des sentiers battus avec De Cercle en Cercle avait constitué un premier échec pour Mass Hysteria dont les fans avaient boudé le rapprochement avec un quarteron de rappeurs.

Une seconde tentative, plus pop avec Mass Hysteria avait vu le groupe cannibalisée par la déprime alcoolisée de Miossec, l’un de leurs paroliers.

Une Somme de Détails renvoie ces deux tentatives semi avortées au rang de petites anecdotes historiques tant l’album est un retour aux sources pour le groupe. Oubliés la gouaille amère bretonne et le flow rageur, retour au bon vieux metal industriel.

Lorsqu’on a commencé comme émule de Ministry, on ne fait pas du sous-Jacques Brel dépressif ou du 113 de cage d’ascenseur. Une Somme de Détails, c’est le retour d’un groupe majeur du metal industriel après quelques atermoiements de mauvais aloi et des titres comme « Killing the Hype », « Une Joie kamikaze » ou « Babylone » font un peu le même effet que le retour d’un vieux copain que l’on aurait perdu de vue parce qu’il aurait changé de fréquentations entre temps.

Joie kamikaze de retrouver Mass Hysteria, la crise d’hystérie collective n’est pas terminée.

None

System Of A Down

System Of A Down

System Of A Down
Un riff farfelu et insolent comme un diablotin surgissant de sa boîte : voilà comment débute le premier album – éponyme – de System Of A Down. Excellente introduction, dynamique et accrocheuse en diable, « Suite Pee » résume assez bien le son du groupe, mélange de ludisme, de lourdeur et d’emphase. Avec des paroles abordant le sujet des sectes, ce morceau annonce aussi d’emblée l’inclination du groupe pour les sujets politiques et sociaux, à la façon de Rage Against The Machine. La pochette, œuvre d’un artiste allemand anti-nazi (le texte dans l’affiche originelle est : « La main a cinq doigts. Avec ces cinq-là, attrapez l’ennemi ! »), donne le ton : il s’agit de rock militant, de révolte contre l’infâme. Les textes, d’ailleurs, traitent tour à tour de la guerre (« War ? »), des sectes (« Sugar », « Suite Pee ») ou encore du génocide arménien (« P.L.U.C.K. ») – sujet cher à ces Arméno-Californiens. Le reste de l’album n’a de cesse de confirmer la forte impression du premier morceau : souvent rattaché au « néo-metal », le quatuor plane à cent pieds au-dessus des autres groupes, qui pullulent alors. S’il se détache des jérémiades du « néo-metal » par des paroles « engagées », System Of A Down s’en distingue aussi par un son unique qui tient en bonne partie à une influence musicale orientale, tribut à ses origines arméniennes. L’album révèle aussi l’un des tout meilleurs chanteurs apparus dans le metal américain à cette époque, doté d’un réel sens théâtral, capable de moduler – dans la droite lignée de Mike Patton (Faith No More, Mr Bungle) – du chant mélodique solennel au grondement death, en passant par toutes sortes de voix ou de lignes de chant fantaisistes, dignes de comptines ou de personnages de cartoon. System Of A Down contient une bonne moitié de potentiels tubes metal, dont plusieurs demeurent des classiques du groupe en concert, des puissants « War ? », « Know » et« Sugar » au sautillant « Suggestions », en passant par le grandiose « Spiders », au lyrisme sombre et solennel. Dans son creusot metal, System Of A Down mélange la fantaisie de Primus (le potache en moins), la férocité du thrash metal, l’engagement et les slogans martelés à la façon de Rage Against The Machine, un son de guitare mastoc et une rythmique lourde et changeante réminiscents de Helmet, des mélodies orientalisantes, ainsi que l’influence des chanteurs de Bad Brains (« H.R. ») et de Faith No More (Mike Patton). Mais System Of A Down a d’emblée dépassé le stade de la citation et créé un son personnel, qu’il impose avec force. Voilà tout simplement du metal américain dans ce qu’il peut avoir de meilleur à la fin des années 90.

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