GoodDeal
Nile mérite assurément bien des superlatifs, le groupe de Greensboro (Caroline-du-Sud) s'avère bien l'un des plus radicaux et des plus originaux représentants du death metal.
Radical car Nile joue vite, très vite même, poussé par la batterie déchaînée de George Kollias. Original surtout, avec l'apport de mélodies et de mélopées orientales, symboles de l'attachement de Nile aux légendes de l'ancienne Egypte.
Those Whom the Gods Detest montre un groupe qui maîtrise parfaitement son sujet, capable d'accélérations fulgurantes comme de passages travaillés et mélodiques. Nile continue de bâtir, album après album, la pyramide d'un succès désormais largement international.
Comme les albums précédents de Nile, Those Whom the Gods Detest s'écoute et même se vit, d'une seule traite, sans temps mort ni baisse d'inspiration. Un vrai travail de pharaons en somme.
François Alvarez
None
Children of Bodom ne fait pas dans la nuance. Si son style embrasse le speed, le trash, le death et le neo-metal, le groupe finlandais reste un monstre de rentre dedans. Blooddrunk s'apparente bien à une cuite au sang bien frais, et pas forcément issu de vierges immaculées.
Les troupes de Alexi Laiho avancent en rangs serrés derrière leur chanteur et guitariste, Children of Bodom marche comme un seul homme. La princpale qualité du groupe reste d'ailleurs cette compacité à toute épreuve. Les égos sont bien rangés et l'ensemble dégage une impression de puissance sidérante.
Difficile du coup d'extraire un ou plusieurs titres de Blooddrunk, «Lobodomy » laisse percer un rien de lyrisme, « Tye My Rope » souligne la bonne utilisation des claviers, autre marque distinctive de Children of Bodom. Des préférences qui restent subjectives, tant Blooddrunk frise l'excellence de bout en bout.
Désormais installé parmi les ténors du metal sanguinaire, Children of Bodom voit sa future production attendue. Avec l'espoir que le niveau atteint avec Blooddrunk ne baisse pas, tant il parait difficile de le dépasser.
François Alvarez
None
Deux années après le succès déferlant d’Antichrist Superstar, les Marilyn Manson remettent le couvert pour un album en totale rupture avec le précédent. Le leader du groupe prouve qu’il possède plus d’une corde à sa guitare en glissant un zest de couleurs et de glamour dans cet univers de haine.
Produit par Marilyn Manson et Michael Beinhorn, Mechanical Animals fait un retour sur les sentiments humains ou la star se pavane en Omega, un personnage ni homme ni femme, ni même humain, androgyne peut-être, au regard calme.
Le nouveau concept proposé est que les êtres humains seraient à l’état de clones, sorte de « copier-coller », leur ôtant toute personnalité pour en faire des bien-pensants (« Rock is dead », « I don’t like the drugs (but the drugs like me) »). Le titre « User Friendly » place même Marilyn Manson dans la position d'objet sexuel utilisé par une femme, sans défense et amoureux. Quel revers de situation. Y aurait-il finalement une place pour « l’amour » dans son univers sombre et tourmenté ? Peut-être. Après tout, il a dédié « The last day on earth » et « Coma white » à sa Dulcinée de l’époque, Rose McGowan… « The Last day on earth » se situe d'ailleurs entre emphase et délicatesse, avec une douce mélodie à la guitare acoustique, qui perce derrière le mur du son.
Mechanical animals est plus léger, plus aérien et plus calme, que ce soit dans la musique ou dans le discours le moins violent jamais véhiculé par Marilyn Manson. On y retrouve les guitares torturées (« The great big white world »), les accords ciselés (« the dope show »), la rythmique et le son typiquement mansoniens (« Rock is dead », qui sera entre autre présente sur la B.O. de Matrix), les fameux riffs industriels (« New model n°15 »), des bips électriques (« User Friendly »), et des « guitares-machines » à la rythmique sombre (« Coma White »). Toutefois, quelques slows (« Fundamentaly » griffé d'un solo très mélodique et d'une montée en puissance imparable) ou passages plus calmes (« I want to disappear ») laissent entrevoir une plénitude pesante.
En rendant hommage au rock des années 70’, Marilyn Manson est considéré, avec cet album, comme le Bowie du 21ème siècle, et il nous apprend surtout que l’on peut attendre tout de lui et qu’il n’a pas qu’un seul visage. Ce groupe possède une culture beaucoup plus importante qu’ils ne le laissait croire. Les futurs albums en témoigneront.