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Jamait

Yves Jamait En Concert

Jamait
Album
Durée : 1 h 19 mn
Genre : Variété française
sur 0 votes
Wagram, 2009
Label: Wagram Music
MP3 - poids : 181 Mo
Interprète(s) : Jamait
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MP3
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Écouter un extrait 04 - L'adieu merdeux 03:46 0,99€
Écouter un extrait 05 - Qu'est-ce que tu fous 03:31 0,99€
Écouter un extrait 06 - Célibataire 04:28 0,99€
Écouter un extrait 07 - Je passais par hasard 04:30 0,99€
Écouter un extrait 08 - En deux mots 04:56 0,99€
Écouter un extrait 09 - Des mains de femme 03:52 0,99€
Écouter un extrait 10 - C'est pas la peine 03:26 0,99€
Écouter un extrait 11 - Jean-Louis 04:40 0,99€
Écouter un extrait 12 - Le bar de l'univers 05:30 0,99€
Écouter un extrait 13 - Nous nous reverrons 04:29 0,99€
Écouter un extrait 14 - Dimanche 07:03 Album uniquement
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Écouter un extrait 16 - Y en a qui 05:13 0,99€
Écouter un extrait 17 - Je suis vivant 04:51 0,99€
Écouter un extrait 18 - Si vous saviez 03:28 0,99€

La chronique

On pose souvent la question de savoir, dans le cas improbable où l’un des membres du trio magique de la chanson française (Brel, Brassens, Ferré) entamait aujourd’hui une carrière, s’il aurait latitude de, justement, se faire entendre. Yves Jamait répond brillamment à l’interrogation.

A l’écart des paillettes, et autres affèteries d’un impitoyable business, il sait construire, toute casquette dehors, son parcours, là où personne ne peut mentir : sur scène. Mais au-delà de ce presque anachronisme, la qualité du Dijonais est dans cette inventivité d’une galerie de personnages modestes, humbles, et (généralement) solitaires. Le chanteur ne renie en effet rien de son extraction populaire, et cela lui octroie quelques coudées d’avance, face à la concurrence et ses maladroites tentatives de re-création, dans le rendu de ces désespoirs du quotidien, les affres d’un prolétariat qui meurt, à force de ne plus pouvoir vivre.

Des mises en situation qu’on n’a jamais si bien chantées depuis Daniel Guichard. Enregistré dans sa chère Bourgogne (fidèle toujours à sa maîtresse burgonde), En Concert déroule exactement ce que l’on souhaitait : un talentueux pot-pourri de ses trois albums en studio, agrémenté de la magique étincelle qu’offre la rencontre avec le public. En dix-sept chansons et autant de petits bonheurs (in « En deux mots »), Jamait se dresse comme le témoin, et l’amplificateur tout à la fois, de la détresse des humbles, de la pudeur des gens de peu.

Qu’il aime le beau sexe jusqu’au soupir d’extase (« Des mains de femme »), ou élève le désespoir amoureux à hauteur de l’un des beaux-arts (« L’Adieu merdeux »), le presque quinquagénaire fait chanter son audience (« C’est pas la peine ») comme on ne le pensait plus possible, et revendique un salutaire anticléricalisme, nimbé d’humanisme navré (« Athées souhaits l’homme »). Le tout sans misérabilisme, car, sur fond de java ou de goualante brinquebalante, illuminées par un accordéon mutin ou profond, Jamait n’oublie jamais, et avec humour, la jouissance qu’il y a à botter le cul des puissants (« Y en a qui »).

La lumière viendra tout à la fin, avec un « Je suis vivant » nerveux, revendicatif, et roboratif, qui démontre que les plus beaux combats sont ceux qui restent à mener. On a bien envie de se glisser dans le rang, tiens. A noter que la fête se poursuit avec un deuxième tome de l’album, incluant trois extraits vidéos de concerts, ainsi qu’une chanson inédite (« Si vous saviez »), dans laquelle Jamait tend la main à l’univers manouche de Sanseverino, comme une internationale des voleurs de poules, et de refrains.  

Christian Larrède

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