La chronique
Il vient d'être élu pour la sixième fois consécutive, « personnalité préférée des français ». Alors forcément, un nouvel album de Yannick Noah reste un événement médiatique, que l'on adhère ou pas à son univers. Frontières n'est pas fait pour déboussoler le public, la formule « reggae-variété » initiée par Jil Kapler, un des faiseurs de tubes de Noah, en reste le fil conducteur.
Toutefois, l'artiste s'autorise ici davantage de variations que dans les précédents. « Ma pomme », le premier morceau de l'album offre une soul ronde et ferme, clin d'?il à New York, nouvelle ville d'adoption de Noah. Même ambiance old school, dans le festif et pétri de cuivres « On veut plus jouer ». « Ca me regarde », malgré un texte démago tranche musicalement avec sa dose de rock. Noah vogue doucement vers l'Afrique dans « Hello », un très joli voyage en duo avec la Nigériane Asa. C'est bien moins réussi, quand il s'essaye au latino de base dans « La Senorita ».
Après Les Rolling Stones et leur « Sweet Black Angel », John Lennon, Yoko Ono et leur « Angela », c'est Yannick Noah qui rend hommage à Angela Davis, militante noire américaine pour les Droits de l'Homme. Ce premier single rassembleur, bien placé dans les charts, a la même saveur que les hymnes gentillets du chanteur, un soupçon d'engagement et de rythmes. « Marcher sur le fil », hommage à l'Abbé Pierre, Coluche et Luther King s'inscrit dans cette veine positive, où « une personne peut tout changer ». Un des morceaux très efficaces de l'album.
Plus offensif dans certains textes, «No one's land » pointe sans détours les questions d'immigration, mais le refrain variété en fait somme toute un énième morceau « passe-partout ». Fidèle à son équipe de winners (Jacques Veneruso, Gildas Arzel, Erick Benzi), Noah livre un huitième album plus éclectique, conçu pour sa prochaine tournée, mais sans grande innovation.
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