La chronique
Trois ans après le deuxième album, le nouveau Coldplay est attendu comme le messie. Longtemps retardé (au grand dam des actionnaires de EMI), il est précédé du simple « Speed Of Sound » qui laisse présager un autre grand disque du quatuor anglais. Et enfin en cet été caniculaire, rien de meilleur que de s’enfermer avec et de déguster X&Y en boucle.
Parfait en temps de bonheur, et à déconseiller absolument en période de déprime. De là à approuver le critique du New York Times (qui fait la pluie et le beau temps dans la bourgeoisie américaine) qualifiant à cette occasion Coldplay de « groupe le plus insupportable de la décennie », il y a un immense fossé. Si l’album est irrégulier en qualité de compositions par rapport aux deux premiers de la « trilogie » (cf. Chris Martin), il reflète l’état d’âme du chanteur à cette époque, ses amours, ses espoirs et ses craintes (« White Shadows », réminiscent d’Echo & The Bunnymen, voire de The Cure, avec l’apport de synthé de Brian Eno), surtout celles-ci.
Véritable camaïeu d’émotions, riches en couleurs et harmonies diverses. Coldplay possède ce talent rare d’ennoblir les thèmes les plus tragiques, et de varier les plus monotones. Ses coloris sont brillants, doux ou rageurs. L’imagination est toujours aussi féconde mais pour la première fois, certains titres se ressemblent un peu… Commercialement, le pari est gagné dès l’écoute du premier morceau, « Square One », du Coldplay pur jus.
Le flamboyant « Fix You » égale bourdon assuré, avec ce piano lancinant sur fond de nappes d’orgue, guitares stridentes et falsetto de Chris Martin et chœurs évoquant irrésistiblement un composite Procol Harum + U2. « Talk » demeurant le morceau de choix de cet album disparate, une grande chanson pop intriguante légitimement plébiscitée. Elle est basée sur la mélodie du « Computer Love » de Kraftwerk de 1981.
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