La chronique
Une musique qui vous fait voyager... Cette phrase souvent répétée par la communication de certains artistes ne tient que rarement ses promesses. Si Sub Pop, le célèbre label indépendant de Nirvana, n'a pas eu besoin d'en dire autant, il n'empêche que ce Within and Without s'avère, à lui tout seul, un trip digne de ce nom dans les méandres de nos souvenirs, de nos ressentis et voire même de notre inconscient.
Car il s'agit avant tout de rêve, un rêve nourri de nappes synthétiques et d'échos shoegaze terriblement nostalgiques. Un rêve sur les amours passées et, peut-être, à venir. S'y illustrent neuf délicieux morceaux soigneusement composés et produits (par Ben Allen, habitué des Animal Collective ou de Gnarls Barkleys). Débutant sur « Eyes Be Closed », parfaite démonstration de ce que l'électronique lo-fi peut offrir de mieux en termes de mélodie et de rythmique, Within and Without se poursuit avec le bien-nommé « Soft », les échos orientaux de « Far Away », le duo amoureux, partagé avec Caroline Polachek, chanteuse de Chairlift, de « You and I ». Puis l'album s'achève sur le piano poignant de « A Dedication », tel un manifeste électronico-mélancolique qui pourrait être le fruit d'un mariage blanc entre Air et The Cure.
À la fois sensuel (sans suite ?) et introverti, nostalgique et optimiste, tendre et amer, Within and Without témoigne avant tout du talent, ô combien sensible, du faiseur de chansons - car c'est bien ce dont il s'agit ici, malgré l'appellation électro-pop qu'il lui incombe - hors pair qu'est l'Américain Ernest Greene.
Sophie Rosemont
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