La chronique
Il y a un moment, dans une carrière, ou quelques artistes éprouvent parfois le besoin de sortir de leur corps et de leur âmes pour endosser une autre panoplie, un masque différent. Et changer de patronyme. Ce fut le cas avec le génial Prince, ou avec le businessman de la musique noire américaine Puff Daddy… En France aussi, nous avons nos artistes à l’égo surdimensionné qui s’amusent à jouer quelqu’un qu’ils ne sont pas. Pascal Obispo s’appelle désormais Captain Samouraï Flower !
Pétage de plomb ? Album concept façon opéra rock ? Déjà, le single « Le Drapeau » annonce la couleur : Pascal Obispo (enfin… Captain Samouraï Flower, donc…) prône la sauvegarde de la planète dans son habit de justicier écolo. Eco systèmes, peuples d’Afrique et d’Amazonie, réchauffement de la planète… tout y passe. Si ces causes valent bien sûr largement le coup d’être défendues, Pascal Obispo et son nouvel album transforment ces propos écologistes en vaste blague démagogique, qui pourrait s’apparenter à un spectacle de mauvais goût.
Après une longue absence, Obispo revient avec un déguisement pour son personnage : un masque, une cape, un accoutrement de capitaine de vaisseau guerrier au grand cœur. Sa guerre : l’écologie donc. Sa devise ? « Il n’est jamais trop tard pour mieux faire. » Formidable, merci Pascal.
Côté musique, la production est bien réalisée, comme souvent, les guitares consensuelles et attendues sont bel et bien de la partie. Côté voix et texte : la première est aussi irritante que les seconds. En particulier sur le titre « Mary Jane », histoire aquatique d’une sirène souillée par l’inconscience de l’Homme, ou sur « Banquise des anges » (on note la référence au passage) morceau glacial qui s’effrite vite sous le réchauffement de nos nerfs...
Alors, Captain Samouraï, personnage « idéaliste » cherchant à « rassembler toutes les générations autour d’un sujet commun : la sauvegarde de la planète », comme l’affiche son nouveau site internet ? Tout le monde veut – secrètement ou pas - sauver la belle Bleue. Si l’on pouvait tenter de le faire en se passant de Captain Samouraï Flower, cela ne serait pas plus mal.
Arnaud de Vaubicourt
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