La chronique
Welcome to Jamrock est un album qui fait beaucoup pour son interprète principal, Damian Marley. Plus important il fait beaucoup pour la vitalité du reggae. L'importance véritable de Welcome to Jamrock est à venir, tant il relance un genre dévoyé ou endormi.
Endormi car les tenants du reggae roots ou néo-roots, se contentent de reproduire les schémas que Bob Marley et consorts ont mis en place dans les années 70. La plupart des grands du reggae encore en vie ne produisent plus d'albums dignes de ce nom, ils cachetonnent en jouant paisiblement leurs standards.
Dévoyé car le dancehall est devenu soit une forme de reggae/rap vaguement exotique, soit un dancehall certes politique mais empêtré dans une rhétorique machiste, homophobe et parfois raciste.
Alors Damian Marley après le déjà brillantissime Halfway Tree, ressort son shaker, et met à égalité des éléments du reggae traditionnel, son impeccable phrasé de toaster, quelques éléments rap et produit l'album de reggae le plus novateur depuis ceux de Bob MArley and the Wailers. Ce n'est pas pour rien que le jeune homme à la caution personnelle de Bunny Wailer, créateur et âme des Wailers originaux.
Hormis le tube « Welcome to Jamrock », le bluffant « Pimpa's Paradise » où Damian à exactement la même voix que son père sur « Pimpers Paradise », seuls les sourds peuvent résister à des titres comme « Road to Zion ».
Damian Marley s'est fait plus qu'un prénom, un surnom. Et Junior Gong ce n'est pas n'importe quel surnom, car ce Gong là vient pour secouer Babylone une nouvelle fois.
François Alvarez
Réagissez