La chronique
Premier album en studio depuis 1998 (Van Halen III), et retrouvailles avec le chanteur David Lee Roth - occupé par une carrière en solo depuis 1984, et renvoyant ici et dès le premier refrain, et ce malgré un indéniable succès commercial, Sammy Hagar dans les poubelles de l'histoire - le douzième épisode des aventures du vrai Van Halen peut se résumer aux quatre minutes et quelques du premier single (« Tattoo ») extrait du programme : éructations et voix mâle en sautoir, la chanson s'orne d'un solo de guitare vibratile qui permet d'affirmer sans ambages que, toujours aussi hénaurme, les hommes de Pasadena sont de retour en ville, et entendent que cela se sache.
Majoritairement construit sur un répertoire déjà ancien (certaines chansons affichent plus de trente années d'ancienneté, et étaient apparus ici ou là sur quelques démos plus ou moins confidentielles), le disque joue en fait sur les principes élémentaires de la nostalgie et de la régénération qui peut en découler, l'usage d'un son magistral et majestueux, le désir finalement assez juvénile de passer la plupart du temps la surmultipliée, et l'élévation des clichés à hauteur de l'un des beaux-arts. Car, reprenant les fondamentaux de l'ère Roth (faster and louder), le groupe accumule les poncifs avec une fièvre qu'on a envie de croire non feinte : non seulement on n'avait pas entendu ces passages survoltés en up-tempo de la guitare d'Eddie Van Halen - particulièrement en forme tout du long - depuis des lustres, mais on n'avait pas conscience à quel point ils nous manquaient.
Et on s'avère toujours partant à un décalque furieux tout en larsen torturé de l'introduction de « You Really Got Me » (« Honeybaysweetiedoll »). Ainsi, Van Halen (le groupe) fait du petit bois de l'esthétique punk (« As Is »), de la préciosité des Beatles (leur piquant ici ou là riffs et lignes de basse), ou des canons du heavy-metal (« China Town »), répond, dans une roborative débauche d'énergie, à l'attente que cet improbable retour a soulevée dans l'entièreté du monde libre, et s'impose comme le souverain éternel du pop-metal. Accessoirement, l'album répond plus que positivement à la légitimité de l'intégration dans le casting du bassiste Wolfgang Van Halen (fils d'Eddie), à peine âgé de vingt ans.
Voilà : de nouveau Roth bombe le torse. De nouveau Eddie Van Halen allume d'impétueux feux d'artifice avec ses phalanges. De nouveau on a la confirmation que ces deux gars-là peuvent à ce point s'égarer lorsqu'ils sont livrés à eux-mêmes, et à ce point se brancher talentueusement sur le secteur quand ils sont de nouveau réunis. Et c'est bien, ou même un peu plus que cela.
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