La chronique
Il en aura fallu du temps à Machine Head pour revenir au premier plan et se voir à nouveau apprécié autant par les critiques que par son public de manière quasi unanime. Depuis son incroyable premier album sorti en 1994, le groupe d'Oakland n'a jamais vraiment convaincu, s'enlisant parfois entre des riffs thrash et des relents de neo metal pas toujours bien digérés. Condamnée un temps à rester une formation de ligue deux, la bande emmenée par Robb Flynn réussit finalement à revenir au sommet grâce à un The Blackening épique et ambitieux ayant fait beaucoup de bruit en 2007.
Profitant de cet élan, Machine Head ne s'est pas laissé rattraper par les évènements comme il a pu le faire il y a dix-sept ans. Mieux, il a évité le potentiel écueil qu'aurait pu devenir ce nouvel album si Flynn et sa bande s'étaient contentés de réaliser un Blackening volume deux. Car rarement les deux guitares du groupe avaient réussi à faire corps de la sorte. Le côté progressif acquis avec le précédent disque semble beaucoup plus mûr alors que le propos devient violent comme jamais.
Unto the Locust est à la fois thrash, technique et virulent. Le groupe n'arrive pas vraiment à composer des morceaux courts. Mais il évite les redondances qui tendaient à rendre ses chansons les plus longues trop linéaires, preuve que les musiciens ont su tirer profit de leur précédents efforts studio en ne retenant que le meilleur.
Certes, traînent encore deux ou trois bricoles inutiles comme certains ch?urs clichés ou la quasi-intégralité du titre « Darkness Within ». Mais le reste ne peut que retenir l'attention, a commencer par l'incroyable jeu de batterie de McClain sur « Locust » ou la folle guitare de Demmel sur le très old school « This is the End ». Machine Head a beau avoir pris de la bouteille, il est au top de sa forme. Plutôt rassurant.
Réagissez