La chronique
Longtemps considérée comme une simple égérie « Lolita » de Mylène Farmer, Alizée a plusieurs fois tenté de se sortir de ce carcan. Son dernier album, Psychédélices (2007), comptait les collaborations assez élégantes de Daniel Darc et de Bertrand Burgalat... sans grand succès.
Qu'importe, Alizée est déjà forte d'une longue expérience dans l'industrie musicale. D'où cette Enfant du Siècle, qui convie des pointures de l'electro et de la pop underground (mais furieusement à la mode) : Chateau Marmont, Rob, David Rubato et Tahiti Boy, épaulés de Jérôme Echenoz. Résultat : dix chansons brillant d'une electro-pop éthérée, sensuelle à souhait et sous influence des années 1980 - bénéficiant d'une production calibrée. On pense beaucoup à Sébastien Tellier, maître du genre, sur des morceaux comme « Limelight » ou « Les Collines ».
Malgré ces réminiscences un peu trop évidentes (et sans doute volontaires), l'effort pour se caler sur la tendance et pour acquérir une nouvelle crédibilité réussit à Alizée. Car, tout en chantant d'une voix diaphane ces mélodies racontant la vie d'Edie Sedgwick, sublime icône de la Factory morte d'une overdose à 28 ans, Alizée reste elle-même. Si les réussis « Grand Central », « Mes Fantômes » ou encore « A c?ur fendre » témoignent des talents de compositeurs de ses complices, ils n'en sont pas moins très bien servis par le charme gracile, sucré et un peu décalé du chant d'Alizée.
Certains parleront de maturité, d'autres de stratégie, il n'empêche que la jeune chanteuse française s'est réellement affranchie d'un certain joug, et se révèle comme une interprète passionnée et, pourquoi pas, passionnante.
Sophie Rosemont
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