La chronique
A chaque pochette, on peine à la reconnaître. Et pour cause, Kenza Farah a bien changé depuis son premier album, où elle affichait un look streetwear. Ce troisième essai marque son retour dans un R&B français sclérosé où ses collègues féminines ont du mal à capter le public. C'est d'ailleurs avec ses amies Melissa M et Léa Castel, chanteuses à la carrière fugace, qu'elle interprète « Trop de mots ». L'alchimie des trois voix en fait un des titres marquants de l'album.
Le Trésor de Kenza Farah recèle 16 titres et un remix. La chanteuse y égrène ses joies et ses peines de jeune femme. Elle se dit « Militante » sans être révolutionnaire, motivée sans baisser les bras (« On m'a dit »). Le thème de la persévérance est cher à l'artiste, puisqu'elle y revient dans « Je n'ai pas le choix ». « Opérationnel » est le titre le plus pêchu, toujours avec une dose d'optimisme. Ce n'est donc pas un hasard s'il est l'un des singles. Kenza Farah poursuit dans la voie du social avec « Vagabonde » et « C?ur prisonnier », l'histoire d'amour avec un détenu.
Un son répétitif domine toutefois l'album. Peu de productions sont véritablement percutantes, et la voix de la chanteuse n'est pas assez impressionnante pour rehausser l'ensemble musical. Depuis ses débuts, Kenza Farah mélange naturellement R&B et hip-hop. On trouve donc une collaboration avec Alonzo de Psy 4 de la Rime, qui l'a faite débuter, à l'époque où le groupe éclatait. Leur duo 100% Marseille file la métaphore de l'addiction pour décrire leur passion commune dans « Crack musik ». Autre featuring avec la rappeuse Kayline sur « On vient de là ». Au rayon raï, la chanteuse invite Younes sur le lumineux « Ainsi va la vie ». Et ainsi va le R&B.
Paula Haddad
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