La chronique
Depuis des années, Florent Pagny fait partie de ces chanteurs que l'on « adoooore détester ». L'artiste exilé à Miami le sait bien et a choisi cette fois-ci d'en rire. Il a donc tout simplement intitulé le premier extrait de ce nouvel album « Si tu n'aimes pas Florent Pagny ». Ce titre écrit par Vincent Baguian et Calogero donne le ton. Le chantre de la variété revient gonflé à bloc.
Comme d'habitude, l'interprète Pagny met sa voix puissante au service d'une longue liste d'auteurs-compositeurs. Marc Lavoine, l'ami avec qui il a chanté en duo, lui offre « Te jeter des fleurs ». Un titre élégant et dépouillé, qui rappelle le meilleur de Pagny, dans la veine d'un « Savoir aimer ». Emmanuelle Cosso-Merad, écrivain, avec qui il a déjà collaboré, co-signe la musique de « C'est le soir que je pense ma vie », un titre plus « rock » que le reste de l'album.
Comme sur Abracadabra, l'artiste a sollicité la jeune garde de la chanson française. Grégoire dont le répertoire fait penser à Pagny en moins percutant lui a écrit deux titres. « J'ai tort » est le plus réussi, même si c'est surtout l'interprétation de Pagny qui fait exister la chanson. Le tandem John Mamann-Elodie Hesme, a, lui, conçu « 8e merveille», un écrin raté pour Azucena, la femme de Pagny. Il se rattrape avec « J'ai arrêté de rêver », une chanson qui reste longtemps en tête.
La brouille Pagny-Obispo prend fin dans cet album. Pour l'occasion, on a ressorti les flonflons de l'accordéon ! Leur duo « Je laisse le temps faire » déroule une valse étonnante. L'accélération finale sonne comme un clin d'?il à « La Valse à mille temps » de Brel, à qui Pagny avait rendu hommage. On a souvent reproché à Pagny son éclectisme, entre variété, techno et lyrique. « Tout et son contraire », la chanson-titre de l'album, écrite par Daran, affirme à nouveau son univers.
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