La chronique
Alors même que l'image du dancehall est festive, Til Shiloh est un album d'une rare spiritualité, voire d'une certaine gravité. C'est l'album d'un Buju Banton qui vient de se convertir au rastafarisme, fini le jeune prodige frimeur qui aligne les hits et les filles, place au chanteur conscient du message qu'il doit délivrer.
Quel meilleur messager peut trouver Jah Rastafari qu'un Buju Banton au sommet de son art ? Epaulé par le modèle Garnett Silk, a qui il ne reste que quelques mois à vivre, Buju Banton défonce tout sur son passage. Sa voix grave est absolument imbattable lorsqu'il hausse le rythme, et lorsqu'il hausse le ton c'est un véritable marteau qui enfonce son message dans l'enclûme des esprits.
« Murderer » condamne la violence qui gangrène la Jamaïque, « Untold Stories » est un peu le « Redemption Song » de Buju Banton, mais que les amateurs de dancehall festif ne se sauvent pas, « Hush Baby Hush » ou « Wanna Be Love » rappellent que Buju Banton est capable de faire naître un tube d'un simple claquement de doigts.
Til Shiloh est le très bel album d'un homme qui trouve sa voie, et le très bon disque d'un artiste à la voix exceptionelle.
François Alvarez
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