La chronique
The Mighty Mocambos, contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, n'est nullement une formation du Sud des Etats-Unis, pas plus que Gizelle Smith n'est une compatriote d'Aretha Franklin ou Gladys Knight. La demoiselle qui rugit comme une panthère sur ce premier album est née dans le frimas anglais, et ses acolytes qui labourent un funk diablement riche en vitamines est le groupe-maison du label Mocambo, installé à Hambourg.
Gizelle Smith n'a guère à rougir des comparaisons avec ses aînées ou de consoeurs comme Nicole Willis ou Sharon Jones. Tout au long des douze titres que contient cet album (sans les petits à-côtés), elle sait moduler sa voix de la douceur à la fièvre et dresser le poil des amateurs de soul. Pas une minute de répit ne leur est accordée, avec au passage quelques pépites dignes d'entrer au panthéon : « Working Woman », « The Time Is Right for Love » ou « Snake Charmer ».
En toute occasion, comme dans les semi instrumentaux « Hold Fast » ou le « Free Vibes », le groupe fait rugir cuivres rutilants, guitares afriolantes, percussions ensorcelantes et siffler flûtes comme aux plus beaux jours du funk des années soixante-dix. Le décalque et la passion sont proprement impeccables.
Loïc Picaud
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