La chronique
Ben Harper a chanté sur leur album Higher Ground (2002) ; il a ensuite rejoint les Blind Boys sur leur tournée. Puis l'ensemble de gospel s'est improvisé en ch?urs de luxe lors de concerts du créateur de Welcome to the Cruel World. Enfin, tous ont répété en prévision d'un nouvel enregistrement des sudistes.
There Will Be a Light est donc, bien davantage qu'une surprise, la confirmation d'une connivence et d'une complicité artistique. Ce qui fait qu'on ne s'interroge que quelques mesures pour savoir s'il s'agit d'un album où Ben Harper s'improvise prédicateur ou si les Blind Boys sautent à pied joint dans le périlleux univers de la pop music.
Constitué de chansons composées pour l'occasion par Ben Harper, de quelques reprises du répertoire traditionnel (et d'une version éblouissante du « Well Well Well » de Bob Dylan - et on en dit autant du « Satisfied Mind » d'Isaac Hayes), cet album regorge d'inventivité (un orgue charnu, des questions-réponses jusqu'à l'ivresse, d'étourdissantes harmonies vocales), de joie de chanter et de jouer, et d'inventivité de chaque instant.
Inutile de préciser que, non seulement on ne se demande à aucun instant quel âge ont ces bonshommes, mais que, de plus, on s'en moque comme de son premier missel. Un disque éblouissant et indispensable, qui ne rappelle peut-être pas forcément quel est le chemin vers l'église, mais redonne assurément, une poignée de minutes, foi en l'homme.
There Will Be a Light parvient fort logiquement au sommet du classement américain de vente d'albums de gospel.
Christian Larrède
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