La chronique
Deuxième album pour Air et deuxième Victoire de la musique, mais dans la catégorie bande originale cette fois-ci. Ce n’est pour autant pas ce qui restera de la sublime musique du film de Sofia Coppola, Virgin suicides, sur les affres de l’adolescence.
L’émotion prime avant tout dès les premières notes de «Playground love» aux cordes enchanteresses et au solo de saxophone qui vous berce dans une insouciance à la fois paisible et tourmentée. Thomas Mars du groupe Phoenix se cache ici sous le nom de Gordon Tracks au chant.
Et si les sonorités de ce disque collent aussi bien aux images, c’est que Air a composé en temps réel, alors que Godin et Dunckel visionnaient le film. Une sorte de «cinémix» à la densité étonnante. Pour gagner en émotion, le duo utilise plus de cordes avec notamment des guitares (acoustiques et électriques) et un ensemble classique. La basse vient donner une autre couleur, plus soul, à quelques morceaux au tempo accéléré. Pour contrebalancer toute cette douceur élégiaque, quelques touches électroniques brutes viennent rythmer les mélodies élancées. «Cemetary party» et ses chœurs est ainsi cadencé par une imposante grosse caisse synthétique.
Les Français dressent aussi bien de courts thèmes aux phrases accrocheuses que des plages d’ambiances mystérieuses s’éloignant de leur terrain de prédilection habituelle. Ils se font plus expérimentaux notamment sur «The word ‘hurricane’» qui prend des air de Pink Floyd dans son explosion finale. Les rares apparitions de la guitare électrique ainsi que la monté d'adrénaline de «Dead bodies» rappelle aussi quelques compositions des Anglais. Une comparaison que le groupe n’apprécie pas, tant il se sent tourné vers le futur.
Au fur et à mesure des minutes, une profonde mélancolie vous saisi illustrant les sentiments provoqués par le film. Une bande originale qui ne peut laisser indifférent, qui ne s’oublie pas et marque une belle réussite pour Air.
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